Lorsque
nous entrons dans un restaurant de qualité,
nous tombons sous le charme des lieux, de l’ambiance,
du maître d’hôtel ou du patron.
Il nous propose aimablement l’une des tables
les mieux situées, il nous aide à prendre
place. On commence enfin à se sentir bien,
en se faisant chouchouter le stress s’échappe,
les souvenirs de la rude journée s’envolent
et le vrai plaisir commence.
Bien sûr, on a très soif, et l’apéritif
qu’on vient nous proposer est le bienvenu.
On annonce tout de suite la couleur : ce sera du vin,
c’est bien meilleur pour la santé et
les mélanges d’alcools sont à
éviter !
Nous choisissons très vite sur la carte un
vin recommandé par le Guide Vins et Santé
sans oublier de réclamer également une
eau plate ou pétillante, peu importe la marque
mais qu’elle soit servie tout aussi rapidement
que le vin.
C’est alors que tout le monde s’affaire
autour de nous : on nous apporte le menu, le maître
d’hôtel nous fait goûter le vin,
et nous demande s’il est à notre convenance.
Et chacun enfin est servi et heureux d’être
là.
Et pourtant, reste une ombre au tableau : l’étonnement
de voir à partir de cet instant, de la première
goutte de vin versée dans nos verres, la conduite
des sommeliers toujours à l’affût
de remplir le verre de vin dès que celui-ci
est bu, alors que l’eau arrive après
un certain temps sur la table et est trop souvent
non servie, en dépit des recommandations des
écoles hôtelières.
Alors, amis restaurateurs, je vous pose la question
:
Servir de l’eau serait-il un acte manquant de
noblesse ou pire, seriez-vous animés par un
souci mercantile? “ Je ne veux surtout pas y
penser et j’ai tout simplement envie de vous
dire ces quelques mots : quand on vient chez vous,
comme chez nous, n’oubliez jamais si vous ne
souhaitez pas que la fête devienne un drame,
qu’en sortant de votre établissement
nous prenons le volant.
C’est parce qu’on aime le bon vin et aller
chez vous qu’on avait envie de vous dire tout
ça.
Sylvain Azria, l'éditeur
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