Parce
que ce récent avatar de l’information
dite scientifique cache en fait d’autres enjeux
qui doivent impérativement être mis
au jour, ne serait-ce que pour aider à comprendre
les ressorts réels et les obscures finalités
de cette controverse.
Pour comprendre le premier ressort
de la controverse (et c’est un vrai conflit
d’intérêt !), il faut se souvenir
que le concept de “French paradox“ est
étroitement lié à l’idée
que si les français sont relativement protégés
des maladies cardiovasculaires, c’est en grande
partie du fait de leurs habitudes alimentaires et
notamment leurs fortes consommations de vin. Et
les viticulteurs et producteurs de la boisson concernée
ne se sont pas privés de cet argument, partout
dans le monde, pour augmenter leurs ventes, éventuellement
leurs exportations ! Personne n’est dupe !
Sauf les tartuffes !
Le deuxième ressort à
rappeler est l’émergence en France,
surtout depuis l’épopée des
“vaches folles“, d’une forte préoccupation
des français et, en conséquence, des
autorités françaises compétentes
(Santé Publique, Agriculture, Ecologie, Education,
Recherche Scientifique), pour les problèmes
de nutrition et d’alimentation. C’est
très récemment que l’on a soudainement
découvert l’importance de la nutrition
dans toutes sortes de maladies dites chroniques,
notamment les cancers, les maladies cardiovasculaires
et certaines maladies neurologiques dégénératives.
Et c’est aussi très récemment
que ces mêmes autorités ont découvert
que les habitudes alimentaires des français
ne correspondaient pas exactement aux canons du
“bien-manger-pour-sa-santé“,
généralement inspirés des recommandations
élaborées par des experts de grandes
institutions scientifiques (American Heart Association,
British ou US National Health Institutes, European
Society of Cardiology).
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Que
ces institutions soient d’obédience
anglo-saxonne ne fait pas forcément problème,
qu’elles soient de bonne volonté ne
fait aucun doute, qu’elles soient de forte
inspiration puritaine (donc peu enclines à
considérer le vin comme une boisson favorable
à la santé) est une réalité
dont il faut tenir compte. Même si quelques
voix discordantes se font entendre à propos
de l’irréalisme de ce type de positionnement,
froide négation des réalités
sociologiques, il est encore peu concevable pour
la majorité de ces experts de parler de l’alcool
(bons et mauvais aspects) de façon objective
et équilibrée. Malgré l’idée
de plus en plus répandue que la consommation
modérée d’alcool protège
des maladies du cœur, alcool et tabac sont
généralement classés par les
experts anglophones dans la même catégorie
des substances addictives à proscrire.

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