Michel HERVE

Le Cercle culturel des Communautés européennes rassemble divers clubs, proposant à leurs membres des activités le plus souvent dans le domaine des arts comme le théâtre, la peinture, le cinéma… Fort de près de 300 adhérents, le Club des amateurs du vin des Communautés européennes défend haut et fort son appartenance à ce cercle. En effet, le vin, avec sans doute faut-il aussi l’admettre, la bière, fait partie intégrante de l’histoire de l’humanité, et en particulier de celle de l’Europe. Symbole à travers les âges de l’hospitalité, de la convivialité, il y est fait référence dans les plus belles pages de notre histoire et de notre littérature.

A l’heure du prochain grand élargissement de l’Union, le vin peut constituer sans nul doute une des références communes des pays qui vont la composer.
Le Club, situé à Luxembourg, fondé en 1987, n’est pas réservé aux différentes institutions, et compte dans ses rangs nombre de non fonctionnaires représentants différentes professions. Sa vocation première est de défendre les vins européens, mais sans sectarisme ou chauvinisme. Un seul mot d’ordre pour sélectionner les vignerons qui viennent des quatre coins de l’Europe présenter leur production: authenticité et défense du terroir. Important également d’éviter les comparaisons excessives et parfois primaires entre les régions : on peut faire de magnifiques vins presque partout. Il faut toutefois ne pas tomber dans le piège de la mode et de l’uniformité que tentent d’imposer certains producteurs du nouveau monde. Les atouts des vignerons européens, et les meilleurs l’ont bien compris, se situent au niveau des terroirs et de la tradition. Il s’agit pour chacun de garder sa personnalité : quoi de plus ennuyeux que de boire des vins qui se ressembleraient tous, fussent-ils bons ?

 

Pourtant, certaines régions européennes ont déjà été tentées par la “copie”, en délaissant les cépages locaux au profit de quelques uns plus connus mondialement. L’exemple de la Toscane en Italie, qui est à ce titre assez frappant, pourrait s’appliquer avec quelques variantes à d’autres régions et pays producteurs. En privilégiant la plantation du merlot et du cabernet sauvignon, des vignerons, parmi les plus connus, ont proposé des vins au style bordelais, appelés un peu pompeusement les “super-toscans”. Loin de moi l’idée de prétendre que ces vins ne puissent retenir l’intérêt, et quelques amateurs ont certainement connu de véritables et sincères émotions en les dégustant. Pourtant, et, dirais-je, à titre personnel, heureusement, la tendance s’inverse. De jeunes vignerons de la région ont parfaitement compris l’immense potentiel du cépage local, le sangiovese, et ont décidé d’y consacrer tous leurs efforts, pour en faire des “grands vins” du niveau des grands crus bordelais, mais sans obligatoirement leur ressembler. C’est cette voie que le Club de Luxembourg souhaite défendre, et les vignerons qui y sont reçus en sont tous des partisans. Le club est très privilégié, car il a déjà eu l’honneur de recevoir les plus grands noms du monde viticole. Il est fortement aidé en cela par deux éléments. Tout d’abord, il bénéficie pour ses contacts auprès des vignerons de la collaboration de Nico Waldbillig, un luxembourgeois, responsable de l’approvisionnement en vins à la Centrale d’achat du Parlement européen, mais avant tout reconnu comme un grand professionnel et “introduit” après des producteurs les plus réputés, et souvent, il faut l’avouer, difficiles d’accès pour le commun des mortels.

 

 

 

 

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