Chez
les scientifiques, comme chez les sportifs, il y a
au moins 2 catégories bien différentes
: ceux qui montent sur le podium… et ceux qui
n’y montent jamais.
Pour les scientifiques, l’équivalent
du podium des sportifs, c’est la “publication”.
Ce mot ayant un “sens codé” bien
précis dans le milieu scientifique : il ne
s’agit pas de la simple impression, sur du papier,
du résultat de recherches, ni de leur parution
sous l’entête d’un organisme inspirant
a priori confiance au grand public (par exemple l’INSERM
ou le Ministère de la Santé, pour les
sujets de santé), ni encore de leur diffusion
par un éditeur ou un journal, mêmes s’ils
sont spécialisés et à nom “scientifique”.
Non, la seule vraie “publication”, la
“validation mondiale”, c’est la
parution des travaux dans un journal scientifique
répondant impérativement à 3
conditions :
1 - faire d’abord réaliser des contre-expertises,
par des experts restant anonymes.
2 - être doté d’un comité
de lecture, qui cautionne la publication,
3 - être souvent cité, au niveau mondial,
par d’autres journaux scientifiques.
Une “cote” des journaux scientifiques
résume, de fait, le respect de ces 3 conditions.
Elle est publique, comme les résultats sportifs
: c’est “l’impact-factor”.
Il permet de connaître les publications qui
peuvent être diffusées. Et celles que
le grand public n’a, au contraire, pas à
intégrer.
C’est la “dure loi des sciences”.
Mais c’est la seule façon de pouvoir
faire le tri entre d’un côté, les
rares découvertes validées par la communauté
scientifique mondiale, qui peuvent donc être
reprises, diffusées, considérées
comme fiables… et d’un autre côté,
les innombrables recherches qui, pour méritoire
qu’elles soient, ne doivent pas brouiller les
messages en donnant des informations non validées.
Cette hiérarchie est vitale, quand il s’agit
de sciences de la vie, de médecine, de biologie.
Et face à cette hiérarchie vitale, patiemment
bâtie au niveau mondial depuis 50 ans, il y
a donc quelques rares “trouveurs” et beaucoup
de simples chercheurs.
Mais, à l’intérieur de ces “simples
chercheurs”, il y a encore 2 catégories,
comme sur un terrain de sport : ceux qui respectent
la règle du jeu (dans leurs interventions devant
le grand public, ils ne parlent que des découvertes
de leurs collègues “trouveurs”)
et ceux qui, au contraire, font de l’“anti-jeu”. |
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Ces derniers font état de leurs recherches,
“validées” par leur seul entourage
professionnel ou amical (voire politique, comme dans
le cas du “rapport Roques”), ils contestent
l’intérêt des découvertes
publiées dans les journaux cotés, et
ils demandent des subventions pour la continuation
de leurs propres recherches, “les seules valables”
bien sûr, CQFD !
Le comportement de ces “mauvais perdants”
est cousu de fil blanc… Mais il est bien humain
: les scientifiques sont des hommes comme les autres.
Et seul, le système hyperhiérarchisé
des “publications” permet de faire la
différence entre leurs multiples mérites
et titres, dans d’innombrables spécialités…
Ce qui est plus étonnant, c’est l’audience
persistante de ces “mauvais perdants”
auprès de certains professionnels. Par exemple
en France, à propos des relations entre le
vin et la santé : les professionnels français
du vin auraient pourtant tout intérêt
à s’en tenir à la hiérarchie
mondiale des publications validées portant
spécialement sur le vin et le bilan général
de longévité (“décès
pour toutes causes de mortalité”) sont
unanimes, elles montrent toutes un effet positif jusqu’à
5 verres de vin par jour ! Le reste n’est que
“recherche non validée”, amalgame
avec alcools forts et bières, ou discours politico-administratif…
Il peut donc sembler curieux, qu’en France,
les professionnels du vin privilégient encore
fréquemment les simples chercheurs (et même
quelquefois les “mauvais perdants”!) par
rapport aux “trouveurs” mondialement reconnus.
L’explication de cette anomalie est triple :
• la hiérarchisation mondiale des publications
est encore peu connue, hors du milieu scientifique
(et les “mauvais perdants” ne font évidemment
rien pour la faire connaître !)
• les “trouveurs” sont rares, et
très demandés dans les autres pays.
Donc peu disponibles.
• les simples chercheurs sont au contraire plus
disponibles. Et ont un besoin bien naturel de tribunes,
pour obtenir les financements leur permettant de continuer
leurs recherches, dans l’espoir d’être
un jour vraiment “publiés”…
C’est un peu comme dans le football : nos meilleurs
joueurs sont la plupart du temps à l’étranger.
Tandis que, dans le championnat français, on
voit surtout ceux qui… attendent d’être
appelés à l’étranger !
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