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La
comparaison entre les 21 pays les plus industrialisés
du monde avait conduit St Léger AS, Cochrane
AL, et Moore F à formuler l’hypothèse
que la protection de la mortalité cardiaque
par la consommation d’alcool, pouvait être
liée essentiellement à la consommation
de vin.
La France étant le pays le plus grand consommateur
de vin au monde, avait aussi la plus basse mortalité
coronarienne, en dépit du fait que le niveau
des facteurs de risque était semblable à
celui des USA ou de Grande-Bretagne. Ceci a été
confirmé dans une étude relativement
récente du projet Monica tel que montré
dans le Tableau 1.
Dans ce Tableau 1 on voit que le nombre de décès
cardiaques ou d’infarctus non mortels en France
est incroyablement plus bas que ceux des USA ou de
Grande-Bretagne. À noter que les infarctus
non mortels en France, pour plus de 99% sont hospitalisés
et leur chiffre ne peut être mis en doute. Quant
aux facteurs de risque, ils sont plus élevés
en France qu’aux USA et sont intermédiaires
entre ceux de Grande-Bretagne et des USA. On peut
donc dire que la mortalité cardiaque en France
n’est pas associée à des facteurs
de risque plus bas. Il faut donc invoquer quelque
autre explication. D’où le “Paradoxe
Français“ et les études sur le
vin car la consommation de vin pourrait être
une explication de la protection des Français
contre la maladie cardiaque. Les Américains
ont été les premiers à observer
qu’une dose modérée d’alcool
réduisait le risque d’accident coronarien.
D’où nos études entreprises avec
le Centre de Médecine Préventive de
Nancy pour élucider le rôle du vin sur
la mortalité cardiaque, cardiovasculaire, par
cancer et par d’autres causes.
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Tableau 1
: Facteurs de risque, décès cardiaques
et infarctus non mortels
dans le Projet Monica de l'Office Mondial de la Santé.s
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Mortalité
cardiaque /10000 |
Infarctus
non mortel |
Cholestérol |
Pression
artérielle systalique |
Tabac |
France |
74 |
140 |
5,9 |
132 |
27 |
USA |
163 |
230 |
5,4 |
124 |
23 |
Gde
Bretagne |
306 |
414 |
6,0 |
139 |
35 |
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Le Centre de Médecine
Préventive de Nancy offre gratuitement, tous
les cinq ans, une évaluation exhaustive de la
santé à 95% de la population de l’Est
de la France. Chacun de ces sujets accepte que les données
recueillies puissent être utilisées pour
la recherche. Dans nos études, nous avons utilisé
les sujets recrutés entre 1978 et 1983, et qui
sont décédés, jusqu’en 1993.
Le Tableau 2, montre selon la classe sociale, le type
et la quantité d’alcool consommée
par les sujets de la région de Nancy. La majorité
des hommes (90%) consomment une ou plusieurs boissons
alcoolisées, 82% de l’alcool est sous forme
de vin.
Toutes les classes sociales consomment du vin mais contrairement
à ce qui est observé dans d’autres
pays comme la Grande-Bretagne, ce ne sont pas les classes
les plus aisées qui consomment le plus de vin,
mais plutôt les ouvriers. Ainsi, pour l’effet
du vin, on ne peut évoquer un facteur social
comme on peut le faire dans plusieurs pays nordiques
pour expliquer l’effet éventuellement protecteur
du vin en dehors du vin lui-même.
La cause de la mortalité chez les 34000 hommes
étudiés jusqu’en 1993 est illustrée
dans la Figure 1.
La référence, le risque 1,0, est la mortalité
chez les abstinents. Concernant la mortalité
cardiovasculaire, on constate que dès la consommation
de 1 à 2 verres de vin par jour le risque de
mortalité est réduit de 20% (0,8 à
1,00) atteignant une diminution de 40% pour 2 - 3 verres
de vin, par jour. Quelle que soit la dose de vin consommée,
le risque est toujours inférieur à 1,0.
En d’autres termes, les buveurs de vin ont toujours
une mortalité cardiovasculaire inférieure
à celle des non-buveurs ce qui peut expliquer,
au moins partiellement, la faible mortalité cardiovasculaire
en France à comparer à d’autres
pays non- consommateurs réguliers.
Concernant la mortalité de toutes causes, le
graphique de la Figure 1 suggère un effet protecteur
maximum pour une consommation de 2 - 3 verres de vin
par jour. Au-delà, le risque augmente, il est
semblable à celui des abstinents, pour la consommation
d’une bouteille de vin par jour. Au-delà,
c’est une augmentation d’environ 50% du
risque que l’on observe. Nos résultats
suggèrent que cette augmentation du risque de
décès de toutes causes est due à
une augmentation de celui de cancer (Figure 1). L’effet
éventuellement protecteur du vin sur le cancer
est observé seulement pour 1 à 2 verres
de vin par jour suivi rapidement par une augmentation
du risque de 40 à 80 %. |
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