Prs
S. RENAUD
et
R. GUEGEN
Université Bordeaux 2
et Centre de Médecine Préventive, Nancy

Ces résultats ont été ajustés en tenant compte de facteurs tels que l’âge, l’éducation, le tabagisme, la pression artérielle et le cholestérol sérique qui pourraient expliquer ou moduler l’effet du vin relié à la mortalité.
Nombre d’études sur l’alcool en général ont bien observé une réduction du risque de décès cardiaque mais pas de la mortalité de toutes causes. Pourrait-il se faire que seul le vin réduit la mortalité des toutes causes ? Pour élucider cette question, nous avons évalué, dans l’étude de Nancy, l’effet de la bière sur la mortalité.
Comme nous l’avons déjà mentionné, il y a peu de buveurs de bière dans la région de Nancy, plus particulièrement de buveurs exclusifs de bière. Néanmoins, dès que la consommation de bière atteignait 40% de l’alcool consommé, nous observions un effet différent de celui des buveurs de vin. Dans la Figure 2 ces résultats sont exprimés sous forme de graphique.
Les abstinents servent encore de référence (1.0). Concernant la mortalité de toutes causes on observe que les buveurs de vin présentent une réduction de l’ordre de 30% pour une consommation d’environ 2 à 3 verres de vin (22-32 g d’alcool) comme dans l’étude précédente. Lorsque la consommation de vin passe à une bouteille et plus, le risque de mortalité augmente considérablement et dépasse de beaucoup le risque des abstinents. Concernant les buveurs de bière (au moins 40% de bière), quelle que soit la dose d’alcool on ne trouve pas d’effet protecteur, tout au moins concernant la mortalité de toutes causes. Pour les buveurs de bière de moins de 40% associé à une consommation de vin, la courbe des effets est intermédiaire entre celle du vin et celle de la bière. On n’observe pas de réduction significative du risque de mortalité de toutes causes pour une consommation modérée de bière + de vin. Cependant, au-delà de 5 verres le risque de mortalité de toutes causes augmente d’une façon importante.
Ces études substantielles ont été les premières dans le monde à montrer que la protection de la mortalité de toutes causes était un effet spécifique du vin. D’autres études avaient montré qu’en Angleterre (étude sur les Médecins (4)), et aux USA (études sur les Médecins (5), et de la Société du cancer (6)) que la consommation modérée d’alcool pouvait être associée à une protection de la mortalité de toutes causes, mais les auteurs n’ont pas comparé les effets spécifiques des différentes boissons alcooliques. Par contre, Gronbaeck au Danemark, a séparé les effets du vin de ceux des autres boissons alcooliques. Il a pu ainsi confirmer que seul le vin, à dose très modérée, réduisait la mortalité de toutes causes, par suite d’un effet spécifique, au niveau du risque de cancer (7).

Conclusion : les études épidémiologiques actuelles confirment que le vin, consommé à dose modérée (2-3 verres pour les hommes, 1-2 verres pour les dames) non seulement est associé avec une baisse très substantielle (30-40%) du risque d’accident coronarien, mais également de la mortalité de toutes causes (de l’ordre de 20%). A dose très modérée, le vin semble réduire le risque de cancer mais aussi de diverses autres causes. La consommation d’une dose très modérée de vin, sans être la panacée, semble justifier a posteriori, l’habitude qu’avaient nos grands-parents et arrières-grands-parents d’offrir une bonne bouteille de vin vieux à leurs parents et amis hospitalisés.

   

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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