Alcool
et tabac sont les deux principales drogues licites,
en vente libre dans notre pays, responsables à
eux deux, de plus de 100 000 morts par an, soit
20 % de la mortalité globale. Il y a cependant
des différences importantes entre ces deux
produits.
Les risques des consommations de tabac et d’alcool
sont bien connus.
Le tabac est responsable des cancers du larynx,
des bronches et du poumon, de la vessie…et
il joue un rôle favorisant dans la plupart
des autres cancers. Un tiers des cancers n’existerait
pas, en l’absence de tabac. Sur les 150 000
morts annuels par cancers, 35 000 à 40 000
devraient pouvoir être évités.
Le tabac joue également un rôle très
important dans toutes les affections vasculaires
et cardiovasculaires (infarctus du myocarde), et
dans les bronchites chroniques, aboutissant à
la destruction progressive du poumon, et à
la mort par asphyxie (plus de 10.000 morts par an
en France). Pour le tabac, 95 % sous forme de cigarettes,
il n’y a pas de consommation sans risque dès
que celle-ci devient régulière, au
moins une cigarette par jour. Ensuite, le risque
est directement proportionnel au nombre de cigarettes
fumées, et à la durée de l’intoxication.
Ce risque est lointain, 20-30 ans après le
début de l’intoxication.
Pour l’alcool, plusieurs types de consommateurs
existent.
Une consommation régulière mais faible,
de l’ordre de un à deux verres par
jour, est certainement sans danger et serait peut-être
même bénéfique, en particulier
sous forme de vin, mais à la condition impérative
de ne pas dépasser cette quantité
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C’est là le maximum tolérable
: au-delà et dès trois verres, la
consommation est dite excessive et comporte de nombreux
risques, directement liés à la quantité
absorbée : cirrhoses, cancer de l’œsophage
par l’association tabac-alcool, troubles psychiatriques,
maladies neurologiques.
L’intoxication alcoolique aiguë est différente
: elle résulte d’une ingestion importante
mais ponctuelle : c’est l’ivresse potentiellement
grave par ses conséquences, surtout si elle
est renouvelée et devient habituelle. Enfin,
le dernier stade conduit à l’alcoolo-dépendance.
Les conséquences sociales sont très
différentes : alors qu’elles n’existent
pratiquement pas encore pour le tabac, elles sont
très importantes pour l’alcool, avec
un retentissement sur la vie sociale, professionnelle
et familiale.
Ces deux substances ont en commun d’être
responsables d’une dépendance, mais
il y a beaucoup de différence dans les caractéristiques
de chacune d’entre elle, et en particulier,
la vitesse d’apparition des dépendances
alcoolique et tabagique.
La dépendance tabagique survient précocement
et rapidement, et peut apparaître pour des
consommations régulières apparemment
très faibles, de l’ordre de deux à
quatre cigarettes par jour; elle est présente
chez plus de 80 % des fumeurs, avec ses deux étapes
de dépendance psychologique et ensuite de
dépendance mixte, à la fois physique
et psychique.
La situation est tout autre pour l’alcool
: la dépendance ne s’installe que très
lentement et progressivement, après de longues
années de consommation, et seulement en cas
de forte consommation. |