Pr G. LAGRUE*,
S. CORMIER,
C. MAUTRAIT, Dr P. DUPONT
Centre de Tabacologie
Hôpital Albert Chenevier
94000 Créteil
* Le Professeur Gilbert LAGRUE est l’auteur du livre Arrêter de Fumer aux Editions Odile Jacob
Les droits d’auteur sont affectés à la Recherche sur la dépendance tabagique.

Alcool et tabac sont les deux principales drogues licites, en vente libre dans notre pays, responsables à eux deux, de plus de 100 000 morts par an, soit 20 % de la mortalité globale. Il y a cependant des différences importantes entre ces deux produits.
Les risques des consommations de tabac et d’alcool sont bien connus.
Le tabac est responsable des cancers du larynx, des bronches et du poumon, de la vessie…et il joue un rôle favorisant dans la plupart des autres cancers. Un tiers des cancers n’existerait pas, en l’absence de tabac. Sur les 150 000 morts annuels par cancers, 35 000 à 40 000 devraient pouvoir être évités. Le tabac joue également un rôle très important dans toutes les affections vasculaires et cardiovasculaires (infarctus du myocarde), et dans les bronchites chroniques, aboutissant à la destruction progressive du poumon, et à la mort par asphyxie (plus de 10.000 morts par an en France). Pour le tabac, 95 % sous forme de cigarettes, il n’y a pas de consommation sans risque dès que celle-ci devient régulière, au moins une cigarette par jour. Ensuite, le risque est directement proportionnel au nombre de cigarettes fumées, et à la durée de l’intoxication. Ce risque est lointain, 20-30 ans après le début de l’intoxication.
Pour l’alcool, plusieurs types de consommateurs existent.
Une consommation régulière mais faible, de l’ordre de un à deux verres par jour, est certainement sans danger et serait peut-être même bénéfique, en particulier sous forme de vin, mais à la condition impérative de ne pas dépasser cette quantité !

 

C’est là le maximum tolérable : au-delà et dès trois verres, la consommation est dite excessive et comporte de nombreux risques, directement liés à la quantité absorbée : cirrhoses, cancer de l’œsophage par l’association tabac-alcool, troubles psychiatriques, maladies neurologiques.
L’intoxication alcoolique aiguë est différente : elle résulte d’une ingestion importante mais ponctuelle : c’est l’ivresse potentiellement grave par ses conséquences, surtout si elle est renouvelée et devient habituelle. Enfin, le dernier stade conduit à l’alcoolo-dépendance.
Les conséquences sociales sont très différentes : alors qu’elles n’existent pratiquement pas encore pour le tabac, elles sont très importantes pour l’alcool, avec un retentissement sur la vie sociale, professionnelle et familiale.
Ces deux substances ont en commun d’être responsables d’une dépendance, mais il y a beaucoup de différence dans les caractéristiques de chacune d’entre elle, et en particulier, la vitesse d’apparition des dépendances alcoolique et tabagique.
La dépendance tabagique survient précocement et rapidement, et peut apparaître pour des consommations régulières apparemment très faibles, de l’ordre de deux à quatre cigarettes par jour; elle est présente chez plus de 80 % des fumeurs, avec ses deux étapes de dépendance psychologique et ensuite de dépendance mixte, à la fois physique et psychique.
La situation est tout autre pour l’alcool : la dépendance ne s’installe que très lentement et progressivement, après de longues années de consommation, et seulement en cas de forte consommation.

 

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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