Mais
quand elles existent, les dépendances au
tabac et à l’alcool évoluent
de façon très comparable :
• les courbes d’abstinence sont quasiment
superposables ;
• il y a toujours plusieurs cycles “arrêt-rechute“
avant que la maturité soit suffisante pour
une abstinence durable ;
• le sevrage aigu est finalement plus simple
et plus rapide pour l’alcool, bien qu’il
n’y ait pas de traitement de substitution.
Les liens entre les deux consommations ont été
bien établis par les enquêtes épidémiologiques
: la consommation d’alcool des “gros“
fumeurs est plus importante que celle des “petits“
fumeurs. Inversement, les “gros“ buveurs
fument plus que les “petits“ buveurs.
Dans la population des sujets alcoolodépendants,
le tabagisme est présent et important dans
80 à 90 % des cas.
Une relation existe entre les deux consommations
dans l’utilisation quotidienne :
• boire de l’alcool, surtout épisodiquement,
peut être à l’origine d’une
augmentation du nombre de cigarettes ;
• l’influence de l’arrêt
du tabac sur la consommation d’alcool est
variable suivant les cas :
- si les quantités d’alcool absorbées
sont faibles ou nulles, elles ne sont pas modifiées
lors du sevrage tabagique ;
- si par contre, la consommation est excessive,
il est très fréquent de la voir augmenter
après l’arrêt des cigarettes
et cette éventualité est très
préoccupante.
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Au
plan pratique, un certain nombre de faits sont soulignés
par les utilisateurs de ces deux substances, boissons
alcoolisées et plus particulièrement
le vin, et le tabac :
• chez les gros fumeurs à 20 cigarettes/jour
et plus, au bout de quelques années apparaît
une perte du goût et de l’odorat, ce
qui supprime les sensations gustatives. Il en est
ainsi de ce gros fumeur dépendant, amateur
de vins de Bordeaux, qui n’appréciait
plus les grands crus, et ne pouvait plus les différencier
entre eux. Après son arrêt de tabac,
il a redécouvert le plaisir des bons vins
et pouvait de nouveau les reconnaître.
• très souvent, chez les fumeurs en
cure de sevrage tabagique, des rechutes peuvent
survenir, déclenchées par la prise
même occasionnelle de boissons alcoolisées,
alors même que l’arrêt du tabac
paraissait bien établi.
Tabac et alcool restent cependant liés aux
notions de plaisir et de convivialité, et
le consommateur doit bien connaître les risques
respectifs auxquels il s’expose.
Créteil – Juillet 2002
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