Pr G. LAGRUE*,
S. CORMIER,
C. MAUTRAIT, Dr P. DUPONT
Centre de Tabacologie
Hôpital Albert Chenevier
94000 Créteil
* Le Professeur Gilbert LAGRUE est l’auteur du livre Arrêter de Fumer aux Editions Odile Jacob
Les droits d’auteur sont affectés à la Recherche sur la dépendance tabagique.

Mais quand elles existent, les dépendances au tabac et à l’alcool évoluent de façon très comparable :
• les courbes d’abstinence sont quasiment superposables ;
• il y a toujours plusieurs cycles “arrêt-rechute“ avant que la maturité soit suffisante pour
une abstinence durable ;
• le sevrage aigu est finalement plus simple et plus rapide pour l’alcool, bien qu’il n’y ait pas de traitement de substitution.
Les liens entre les deux consommations ont été bien établis par les enquêtes épidémiologiques : la consommation d’alcool des “gros“ fumeurs est plus importante que celle des “petits“ fumeurs. Inversement, les “gros“ buveurs fument plus que les “petits“ buveurs.
Dans la population des sujets alcoolodépendants, le tabagisme est présent et important dans 80 à 90 % des cas.
Une relation existe entre les deux consommations dans l’utilisation quotidienne :
• boire de l’alcool, surtout épisodiquement, peut être à l’origine d’une augmentation du nombre de cigarettes ;
• l’influence de l’arrêt du tabac sur la consommation d’alcool est variable suivant les cas :
- si les quantités d’alcool absorbées sont faibles ou nulles, elles ne sont pas modifiées lors du sevrage tabagique ;
- si par contre, la consommation est excessive, il est très fréquent de la voir augmenter après l’arrêt des cigarettes et cette éventualité est très préoccupante.

 

Au plan pratique, un certain nombre de faits sont soulignés par les utilisateurs de ces deux substances, boissons alcoolisées et plus particulièrement le vin, et le tabac :
• chez les gros fumeurs à 20 cigarettes/jour et plus, au bout de quelques années apparaît une perte du goût et de l’odorat, ce qui supprime les sensations gustatives. Il en est ainsi de ce gros fumeur dépendant, amateur de vins de Bordeaux, qui n’appréciait plus les grands crus, et ne pouvait plus les différencier entre eux. Après son arrêt de tabac, il a redécouvert le plaisir des bons vins et pouvait de nouveau les reconnaître.
• très souvent, chez les fumeurs en cure de sevrage tabagique, des rechutes peuvent survenir, déclenchées par la prise même occasionnelle de boissons alcoolisées, alors même que l’arrêt du tabac paraissait bien établi.
Tabac et alcool restent cependant liés aux notions de plaisir et de convivialité, et le consommateur doit bien connaître les risques respectifs auxquels il s’expose.

Créteil – Juillet 2002

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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