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Le vin est la plus saine et la plus hygiénique
des boissons ". Ce n’est pas être
irrévérencieux pour Louis Pasteur que
de prétendre qu’à l’époque
où il écrivit ces lignes, aucune base
scientifique ne l’autorisait à le faire.
Fallait-il y voir le génie prémonitoire
du Savant qu’il manifesta en de multiples occasions
? Sans doute. Toujours est-il qu’en cette fin
du 19e siècle, la France (d’avant le
phylloxéra) était couverte de vignobles
et n’avait pas encore pris conscience de l’incidence
des méfaits de l’alcoolisme dans notre
pays.Qu’en est-il aujourd’hui ?
La surface du vignoble français a considérablement
diminué mais l’alcoolisme est malheureusement
toujours une constante de notre société,
même s’il a régressé. L’alcool
est en effet à considérer comme une
drogue dure, si l’on retient que sa consommation
excessive génère l’installation
d’une dépendance. L’alcool est
une substance psycho-active qui cause du plaisir et
qui est, de ce fait, capable d’engendrer des
conduites d’utilisation répétées
en quantités importantes et d’induire
l’addiction.
Si en France la situation s’est
améliorée, l’alcool serait encore
responsable de quelque 25 000 décès
par an, selon la toute dernière statistique
de l’INSERM, un peu plus que le tabac.Après
une décennie de loi Evin exigeant une information
saine dans la présentation des boissons alcoolisées
et réglementant leur distribution, le problème
demeure.
Cette loi, dont la justification
ne saurait être mise en cause, ne manquera pas
à court terme de se trouver confrontée
aux conclusions de travaux épidémiologiques
et expérimentaux qui montrent, à l’évidence,
l’existence d’une corrélation entre
la consommation modérée d’alcool
et la santé, l’alcool réduisant
notablement l’incidence des maladies cardio-vasculaires. |

Et pourtant, l’Organisation mondiale de la
santé (OMS) et encore tout récemment
l’Association des cardiologues américains,
se refusent toujours d’avaliser les acquis scientifiques
récents sur le sujet, hantées par les
risques d’une dérive vers l’excès.
Que faut-il croire ?
Que faut-il faire ?
Dans un contexte où l’alcoolisme ne
peut que masquer d’éventuels avantages
pour la santé d’une consommation modérée
de vin,
il n’est pas étonnant que les premières
informations sur cette éventualité soient
venues d’ailleurs, même si la France est
apparue d’emblée très concernée
par cet effet bénéfique. Mais la controverse
est habituelle lorsqu’il s’agit de définir
l’influence de facteurs nutritionnels sur la
santé ; les éléments de l’alimentation
sont en effet multiples et les interactions (compensations,
inhibitions) fréquentes.
Du fait de la difficulté de concevoir et de
mettre en œuvre une méthode expérimentale
chez l’homme, seule en mesure d’apporter
une réponse claire au problème posé,
il aura fallu pas moins de 20 années pour dégager
une relation bénéfique sûre entre
la consommation modérée d’alcool
et la santé.
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