Pr. Jacques Pillot
Professeur honoraire à l'institut Pasteur et à la faculté de médecine de l'université de Paris-Sud
Après Noé et le texte de la Genèse (9:20), l’histoire du vin commencerait à l’Inde védique
où ce breuvage sacrificiel était également une boisson magique et un dieu puissant (J.F. Gautier). Le terme “Vêna” viendrait du sanskrit ; il est retrouvé ensuite dans toutes les langues européennes. Pasteur, en 1866, en avait vanté les mérites. Cependant, plus tard,
il fonde en 1873 la Société Française de Tempérance pour en limiter les risques dus aux excès. Jacques Pillot, rappelant cette évocation pasteurienne, démontre, à l’appui de publications internationales, les effets bénéfiques de ce breuvage pris à doses modérées.
 Introduction
 Les études épidémiologiques
et leurs résultats
 Les risques de
confusion dans l'interprétation épidémiologique
des résultats
 Les récentes études encore discordantes...
 Autres effets
bénéfiques possibles
 Conclusions
 Bibliographie

" Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ". Ce n’est pas être irrévérencieux pour Louis Pasteur que de prétendre qu’à l’époque où il écrivit ces lignes, aucune base scientifique ne l’autorisait à le faire. Fallait-il y voir le génie prémonitoire du Savant qu’il manifesta en de multiples occasions ? Sans doute. Toujours est-il qu’en cette fin du 19e siècle, la France (d’avant le phylloxéra) était couverte de vignobles et n’avait pas encore pris conscience de l’incidence des méfaits de l’alcoolisme dans notre pays.Qu’en est-il aujourd’hui ?

La surface du vignoble français a considérablement diminué mais l’alcoolisme est malheureusement toujours une constante de notre société, même s’il a régressé. L’alcool est en effet à considérer comme une drogue dure, si l’on retient que sa consommation excessive génère l’installation d’une dépendance. L’alcool est une substance psycho-active qui cause du plaisir et qui est, de ce fait, capable d’engendrer des conduites d’utilisation répétées en quantités importantes et d’induire l’addiction.

Si en France la situation s’est améliorée, l’alcool serait encore responsable de quelque 25 000 décès par an, selon la toute dernière statistique de l’INSERM, un peu plus que le tabac.Après une décennie de loi Evin exigeant une information saine dans la présentation des boissons alcoolisées et réglementant leur distribution, le problème demeure.

Cette loi, dont la justification ne saurait être mise en cause, ne manquera pas à court terme de se trouver confrontée aux conclusions de travaux épidémiologiques
et expérimentaux qui montrent, à l’évidence, l’existence d’une corrélation entre la consommation modérée d’alcool et la santé, l’alcool réduisant notablement l’incidence des maladies cardio-vasculaires.

 

Et pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et encore tout récemment l’Association des cardiologues américains, se refusent toujours d’avaliser les acquis scientifiques récents sur le sujet, hantées par les risques d’une dérive vers l’excès.

Que faut-il croire ?
Que faut-il faire ?

Dans un contexte où l’alcoolisme ne peut que masquer d’éventuels avantages pour la santé d’une consommation modérée de vin,
il n’est pas étonnant que les premières informations sur cette éventualité soient venues d’ailleurs, même si la France est apparue d’emblée très concernée par cet effet bénéfique. Mais la controverse est habituelle lorsqu’il s’agit de définir l’influence de facteurs nutritionnels sur la santé ; les éléments de l’alimentation sont en effet multiples et les interactions (compensations, inhibitions) fréquentes.

Du fait de la difficulté de concevoir et de mettre en œuvre une méthode expérimentale chez l’homme, seule en mesure d’apporter une réponse claire au problème posé, il aura fallu pas moins de 20 années pour dégager une relation bénéfique sûre entre la consommation modérée d’alcool et la santé.

   

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

Guide des vins "Vins et Santé"