Les
grandes peurs alimentaires qui ont agité le
public ces dernières années (celles
de la vache folle, de la listériose et autres
salmonelloses), bien que démesurées
par rapport au risque réel pour la population,
ont eu au moins l’intérêt de réveiller
la conscience collective sur l’importance de
l’alimentation.
L’opinion avait en effet bien raison d’avoir
peur de son alimentation, mais elle se trompait complètement
de cible. Ce ne sont pas les intoxications ou les
infections alimentaires qui représentent un
danger de santé publique. Tout d’abord
parce que les producteurs dans leur ensemble désirent
fournir les produits les meilleurs et les plus sains.
Ils dépensent beaucoup d’énergie,
et de savoir pour cela. Ensuite
par ce que les contrôles sont nombreux, systématiques
et sévères, et qu’en conséquence
les toxi-infections et la mortalité d’origine
alimentaire sont rares, en comparaison d’un
risque majeur et pourtant habituellement méconnu
: le déséquilibre alimentaire.
En surchargeant notre alimentation en quantité
et en qualité, (trop de sucres, trop de graisses
saturées, pas assez de poisson, de volaille,
de légumes et de fruits frais) on a entraîné
une recrudescence considérable des maladies
cardiovasculaires, de l’obésité
et du diabète.
Enfin on a oublié un constituant essentiel
d’une alimentation équilibrée,
la boisson et parmi toutes les boissons, le vin. Le
vin, merveilleux produit de la terre et du climat,
fruit d’une sélection et d’un travail
millénaire de nos vignerons et de nos viticulteurs.
Le vin, "la plus hygiénique de nos boissons",
disait Pasteur, qui en avait étudié
et percé à jour tous les secrets de
sa réalisation. Le vin qui nous apporte en
plus de son eau et de son alcool – le plus sain
de nos euphorisants et tranquillisants – surtout
ses phénols, ces mystérieux flavonoïdes,
régulateur de nos graisses et de notre cholestérol
sanguins. Le vin aussi utile qu’agréable,
le vin que mes patrons, médecins des hôpitaux,
prescrivaient sur ordonnance, aux jeunes filles pâles
et chlorotiques d’autrefois.
“Un verre de vin à chaque repas”,
écrivaient-ils, prescription qu’il est
impératif de suivre encore aujourd’hui.
Et à votre bonne santé !
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