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Pr Jack MASQUELIER |
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décrivant la façon dont le vin influe
sur le cholestérol que charrie notre sang,
je ne m'adresse pas aux lecteurs qui n'ont plus rien
à apprendre sur ce thème, mais à
ceux qui, aimant le vin, sont rebutés par les
discours chimiques. Ces gens-là existent, j'en
rencontre chaque jour. C'est sans doute à eux
que pense la direction de Vins et Santé en
me priant d'écrire un article "dans la
mesure du possible, de lecture aisée". |
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La clé
rouillée
Tout le monde a subi l'ennui de perdre une clé.
Parfois, on la retrouve. Mais si elle a séjourné
longtemps dehors, la rouille a pu l'attaquer et la
ronger si profondément qu'elle ne peut plus
ouvrir la serrure. L'oxygène a fait disparaître
les fines ciselures qui constituaient son stock d'information
ayant valeur de sésame.
Il en va de même lors du transfert du cholestérol
entre LDL et HDL. Un mot de passe est exigé
pour monter dans le taxi HDL, et c'est bien normal,
puisque malgré sa bonté affichée,
il amène son passager chez le démolisseur.
À cet instant se paye l'astuce sur quoi repose
toute la notoriété de ces taxis : pour
rendre le stérol transportable dans le sérum
sanguin, on l'entoure d'une gangue de lipoprotéines.
Grâce à la partie protéine de
cet enrobage, l'ensemble devient soluble dans l'eau,
ce qui est recherché. Mais le préfixe
"lipo" signe la pré-sence de graisses,
particuliè-rement sensibles à l'oxygène
dans le cas présent. Alors que la clé
rouille, la graisse rancit.
Les dictionnaires nous disent qu'au figuré,
rancir signifie : vieillir en perdant ses qualités.
Quand LDL apporte un produit rance, sa piètre
qualité ne permet plus à HDL de le prendre
en charge. On voit alors ces lipoprotéines
oxydées devenir la proie d'une cohorte d'éboueurs
cellulaires, les macrophages. Ainsi va s'édifier
la plaque d'athérome.
La situation est grave, il faut d'urgence trouver
une parade à cette déchéance.
Pour le métal, on dispose d'enduits anti-rouille
tout à fait performants. Ne pourrait-on protéger
LDL en dotant le sérum sanguin d'un antioxydant
biologiquement compatible ? Ce protecteur tant souhaité,
n'existe-t-il pas déjà, fonctionnant
à notre insu ? |
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Et le vin,
dans tout cela ?
Au congrès de 1961 déjà cité,
j'avais signalé que le cholestérol sanguin
des animaux de laboratoire s'abaissait après
absorption d'un extrait flavanique de vin rouge. En
1978, issu de mes brevets, paraît Endotélon,
un médicament protecteur vasculaire toujours
en service de nos jours, dont le principe actif tiré
des pépins de raisin est voisin du produit
expérimenté sur l’animai. De nombreux
médecins m'ont signalé que l'Endotélon
provoque une diminution du taux de cholestérol
chez leurs patients, résultat qui n'est pas
revendiqué par le laboratoire producteur.
Il semble donc établi que la vigne produit
dans les raisins une substance également présente
dans le vin et facilitant l'élimination d'une
partie du cholestérol circulant. À la
lumière des connaissances actuelles, on peut
estimer que cette substance agit en tant qu'anti-oxygène,
évite la détérioration de LDL
et rétablit le circuit normal par lequel HDL
évacue l'excès de stérol.
On peut généraliser cette notion et
l’appliquer à travers le monde. Sachant
le rôle décisif de l'oxy-gène
dans la formation de l'athérome, on comprend
que la protection indéniable de certaines populations
envers cette pathologie soit liée à
leur mode d'alimentation, sans doute riche en antioxydants.
En France, le vin remplit cette condition, comme le
thé vert au Japon et l'abondance des légumes
et des fruits dans le pourtour méditerranéen.
Inclus dans le régime de façon coutumière,
ces agents protecteurs présentent deux avantages
essentiels : la non-toxicité au cours des siècles,
et l'effet préventif, qualités rarement
réunies chez les molécules médicamenteuses. |
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