Des
études scientifiques récentes indiquent
que le vin rouge peut être plus efficace pour
protéger des ma-ladies cardiovasculaires
et des infarctus que le vin blanc. Les composants
non alcoolisés du vin, qui s'accumulent durant
la fermentation du moût, présentent
des effets protecteurs contre l'athérosclérose
au niveau moléculaire. En voici les détails
:
L'athérosclérose et ses conséquences
telles que l'infarctus du myocarde, l'ictus et la
maladie artérielle périphérique
restent la principale cause de décès
dans les pays développés. Alors que
plusieurs facteurs de risque tels que la tension
arté-rielle élevée, les diabètes,
le cholestérol élevé, l'obésité
et les facteurs génétiques sont associés
à un risque accru d'infarctus et d'ictus,
on pense que d'autres facteurs diminuent le risque
de ma-ladies cardiovasculaires du fait qu'ils exercent
des effets protecteurs contre l'athérosclérose
sous-jacente. Depuis plus de 100ans, nous savons
que la consommation modérée d'alcool
est associée à une diminution de la
mortalité en général, et cet
effet est principalement dû à une réduction
des événements cardiovasculaires tels
que l'infarctus du myocarde et l'ictus. Bien que
ce phénomène ait été
confirmé par de nombreuses études
épidémiologiques, il existe des données
contradictoires en ce qui concerne le pouvoir protecteur
de différentes boissons alcoolisées
telles que la bière, le vin et les spiritueux.

Cependant, une méta-analyse récente
incluant plus de 200 000 individus a révélé
que le vin peut être plus protecteur que d'autres
boissons alcoolisées du fait que le risque
cardiovasculaire était réduit de 32
% chez les buveurs de vin contre 22 % chez les buveurs
de bière, comparés aux non-buveurs.
Cette étude, ainsi que d'autres, suggère
que le vin contient des composants non alcoolisés
qui protègent de l'athérosclérose
et il reste à savoir si le vin rouge possède
des avantages par rapport au vin blanc.
De nos jours, l'athérosclérose est
considérée comme un trouble inflammatoire
chronique dans lequel les lipides et différents
types de cellules s'accumulent dans la couche interne
(intima) de la paroi artérielle et contribuent
à la formation de plaques d'athéromes.
Des facteurs de croissance tels que le facteur de
croissance dérivé des plaquettes (PDGF)
influencent l'invasion de cellules de défense
immunitaire et de cellules des muscles lisses vasculaires
dans l'intima de la paroi artérielle, et,
de plus, induisent la prolifération de ces
cellules. Les plaques d'athéromes contiennent
de hauts niveaux de PDGF et ses récepteurs,
et leur inhibition par des composés pharmacologiques
spécifiques réduit de façon
significative la formation de plaques chez des animaux
témoins et chez l'homme.
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Effets
distinctifs des vins blanc et rouge sur les mécanismes
moléculaires de l'athérosclérose
L'importance du PDGF et de ses récepteurs
pour le développement de plaques d'athéromes
et le fait que la consommation modérée
de vin protège contre l'athérosclérose
et l'infarctus du myocarde nous ont conduits à
la question : le vin rouge et/ou blanc interviendrait-il
dans le signalement de PDGF dans les cellules des
muscles lisses vasculaires ? Quand les vins rouge
et blanc étaient comparés pour leur
capacité à inhiber l'activation de
ce récepteur critique, nous avons obtenu
un résultat intéressant : le vin rouge
(Châteauneuf-du-Pape) inhibait complètement
l'action du récepteur de PDGF, la migration
dépendant du PDGF et la prolifération
de cellules des muscles lisses vasculaires à
une concentration appropriée (correspondant
à un niveau d'alcool dans le sang de 0.1
pour mille), tandis que le vin blanc (Riesling)
n'avait pas d'effet. L'analyse du vin a révélé
que le vin rouge contenait sensiblement plus de
polyphénols que le vin blanc, en particulier
des flavonoïdes de la famille des catéchines
tels que catéchine, épicatéchine
et procyanidine B2. Quand ces flavonoïdes ont
été testés pour leur capacité
à supprimer l'activation du récepteur
de PDGF, la migration induite par le PDGF et la
prolifération de cellules des muscles lisses
vasculaires, il est apparu qu'ils influençaient
ces effets inhibiteurs selon leur concentration.
D'autres vins rouges comme le Bordeaux (Château
Lanessan), Barolo (Oddero), Chianti Classico (Laborel),
Merlot (Les Coteaux du Pic), Spätburgunder
(Recher Herrenberg) et Rioja (Campo Viejo), contenaient
aussi des niveaux élevés de flavonoïdes
et inhibaient fortement l'activation du récepteur
de PDGF, alors que tous les vins blancs testés,
comme le Chardonnay (Hahnmühle), Pinot Grigio
(San Simone), Müller-Thurgau (Konstanzer) et
Châteauneuf-du-Pape blanc (Domaine du Vieux
Lazaret) ou Rioja blanc (Conde de Valdemar), contenaient
des niveaux bas de flavonoïdes et n'affectaient
pas le signalement de PDGF. Nous n'avons pas ob-servé
de différences significatives entre des vins
mûris en fûts de chêne comparés
à ceux fermentés dans des réservoirs
en acier. Étant donné que les flavonoïdes
sont essentiellement présents dans les pépins
et la peau du raisin, le long contact du vin avec
les pépins et les peaux du raisin pendant
la fermentation en cuve est probablement responsable
de l'accumulation de flavonoïdes et l'induction
de propriétés anti-athérogènes
dans le vin rouge. |