“L’enfer c’est de ne plus
aimer”
L’amour se définit comme un sentiment
d’affection passionnée, une attirance
affective pour un être, une chose, un
objet, un pays, un lieu, un bien, un art, un
dieu.
Aimer c’est vouloir connaître,
découvrir, apprécier, posséder.
Il existe une similitude entre la passion
de certains amateurs de vin qui vivent une
relation passionnelle avec les vins qu’ils
recherchent, étudient et dégustent
et l’amoureux qui rencontre la personne
pour laquelle il ressent une attirance certaine.
Si c’est une femme, l’homme étudie
du regard les formes, les yeux, les jambes,
la taille, la poitrine, l’allure, l’élégance
suivant ses critères personnels.
Dans les deux cas il y a plusieurs phases,
plusieurs séquences. Au début
il s’agit de manifestations cérébrales
qui font appel à la vue et à
l’odorat et pour la femme qui ne saurait
être comparée à une belle
bouteille s’ajoute la voix. Ensuite
vient le temps du désir, de sensations
plus charnelles, physiques.
On souhaite consommer, c’est l’étape
physiologique : le contact entre le verre
de vin et la bouche est un baiser comme la
rencontre entre les lèvres d’amoureux.
C’est la dégustation qui est
le temps fort de la rencontre entre celui
qui désire et l’objet de son
désir.
Certains amateurs de vin qui appartiennent
à une catégorie exceptionnelle
mettent en premier de leurs préoccupations
la possession d’un vin qu’ils
veulent à tout prix découvrir.
Ils sont à l’affût de tout
ce qui est dit ou écrit sur les productions
soit d’un pays soit d’une région.
La consultation des nombreux ouvrages et guides
occupe une grande partie de leur temps. Si
un vin les intéresse, ils partent à
la chasse de celui-ci, ce qui est facile grâce
à Internet, ils étudient à
fond les caractéristiques du vin, son
millésime, son producteur.
Les sites de vente sur le net permettant d’acquérir
la bouteille convoitée, ils sont sur
le chemin du bonheur comme les bibliophiles,
les philatélistes, qui ont mis des
mois ou des années à trouver
une pièce manquante.
Connaissant un de ces grands amateurs de certains
crus exceptionnels, je sais qu’il ressent
une grande joie quand il a entre ses mains
la bouteille tant désirée.
Il s’apprête à découvrir
de nouvelles sensations aromatiques et gustatives
de ce vin inconnu et à analyser ses
caractéristiques, ses différences
par rapport à un autre millésime.
Le fait de savoir qu’il possède
une bouteille d’exception, un trésor,
ajoute à sa satisfaction. Le comble
de son bonheur arrive le jour où il
réunit quelques proches triés
sur le volet pour apprécier ce nectar.
L’amitié se nourrit volontiers
de ce cérémonial et c’est
une grande preuve de considération
que d’honorer ses amis en leur réservant
le privilège de boire un vin remarquable
acquis avec difficulté et à
grand prix, et c’est dans le plaisir
partagé et dans la convivialité
qu’il sera analysé, commenté
au cours d’une dégustation approfondie
entre connaisseurs.
Ceux qui ont un tel coefficient de sociabilité
font preuve de générosité,
d’hospitalité. Ce sont les qualités
que l’on rencontre chez les gentilshommes.
Ils sont les aristocrates du vin !
Le Vin et l’Amour
“Qui n’aime point le vin, les
femmes ni le chant restera sot toute sa vie
durant”.
Cette pensée de Martin Luther étonne
de la part d’un théologien que
l’on imaginait très austère
; elle n’en a que plus de valeur !
L’être humain est à la
fois chair et esprit, il a un corps et une
âme. Il a une vie végétative
grâce aux différents systèmes
circulatoire, respiratoire, digestif, métabolique
et neurovégétatif. Il possède
aussi un cerveau qui est le centre de son
esprit.

“L’homme n’est qu’un
roseau, mais un roseau pensant”
À cette phrase de Pascal, il faut ajouter
qu’il a des penchants : le vin et les
femmes !!
On étudie beaucoup les effets du vin
sur les grandes fonctions organiques, cœur
et vaisseaux, estomac et intestin. Il est
temps d’analyser son influence sur les
facultés intellectuelles, imaginatives,
créatives et plus particulièrement
les rapports entre le vin et l’affectif,
l’amour, le désir.
“Sans Cérès et Bacchus,
Venus est de glace”, disait Térence.
Depuis la découverte du vin, les hommes
ont remarqué qu’il pouvait apporter
des modifications sur leur comportement. Dans
l’Antiquité on attribuait aux
divinités les vertus de ce breuvage.
Le vin était lié au culte des
Dieux, il donnait l’inspiration aux
artistes et à tous la vigueur, l’euphorie
agréable et libératrice.
Les libations qui accompagnaient les bacchanales
n’étaient pas étrangères
aux dérives sexuelles qui faisaient
partie du rituel de ces folles journées.
Pour rendre hommage à Bacchus, dieu
romain du vin, le peuple se déchaînait
; après les processions, les débauches
de la table débouchaient sur une consommation
immodérée de vin. Les bacchantes
qui animaient ces fêtes étaient
des femmes chez qui l’ivresse et la
lubricité faisaient perdre toute réserve. |
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Ce mauvais exemple comportemental fut interdit
par le pouvoir romain et réprouvé
par le christianisme ; néanmoins, il
est la démonstration des capacités
de stimulation érotique du vin. Les romains
interdisaient le vin aux femmes par crainte
de débordements sexuels.
L’histoire nous révèle qu’une
grande amoureuse, Cléopâtre, était
une grande consommatrice de vins égyptiens
et d’autres provenances. Ses banquets
étaient composés de mets aphrodisiaques,
ce qui décuplait son
pouvoir de séduction pour ses illustres
amants, César et Antoine.
L’utilisation d’un catalyseur, le
vin, pour faire naître l’amour ou
le désir est-il indispensable ?
Bien évidemment non. Les sentiments amoureux
naissent spontanément à la suite
d’un choc psychoaffectif qui déclenche
une série de réactions. Cette
alchimie complexe se traduit par une sorte de
vertige, des palpitations, une accélération
des battements du cœur, une sensation au
creux du plexus solaire. Le cerveau étant
le chef d’orchestre qui dirige ce tourbillon
viscéral.
Cette physiologie de l’amour peut paraître
peu romantique, mais elle explique que si un
seul regard peut initier ce processus, d’autres
agents peuvent intervenir au début et
au cours de la relation amoureuse comme le vin,
les aliments, la musique, les mots qui émeuvent
l’être courtisé.
Certaines circonstances favorisent le développement
d’une attirance entre deux êtres.
Un bon repas dans un lieu agréable
arrosé d’un vin judicieusement
choisi parmi ceux qui plaisent aux femmes, assez
léger comme le champagne qui est nettement
le préféré chez nos compagnes.
“Tout homme intelligent commande un vin
qui plaît aux femmes”, Miguel Torres.
Le bénéfice apporté par
une flûte de champagne ou par un à
deux verres de vin n’est pas réservé
aux nouveaux couples. Ceux qui vivent ensemble
depuis longtemps ont intérêt à
célébrer des événements
comme les anniversaires de naissance ou de mariage,
et à cette occasion l’apport d’un
léger dopage autorisé issu de
la fermentation du raisin redonnera un regain
de tendresse amoureuse.
Le vin agit sur le cerveau de façon différente
suivant la quantité absorbée.
L’éthanol qui est présent
dans une proportion de dix à quatorze
pour cent a des effets euphorisants et stimulants.
Il mobilise la zone du cerveau qui régit
les inhibitions. Quand une personne perd ses
inhibitions, elle devient plus volubile, plus
déterminée, elle ose dire ou agir.
Sa timidité disparaît et fait place
à une excitation propice aux déclarations…
d’amour entre autres !!
En cas de dépassement de la dose optimale
d’alcool, celui-ci devient un dépresseur.
Alors il en est terminé avec la phase
d’excitation et cette impression de facilité
intellectuelle et relationnelle et la libération
des tendances instinctives. C’est le stade
de
l’ébriété, la parole
est hésitante, la démarche instable,
la pensée confuse.
Bonjour les dégâts ; la séduction
tombe à l’eau !!!
Les partisans de la prohibition
risquent de crier au scandale car ils ne font
pas confiance en l’homme et qu’ils
confondent les ivrognes avec ceux qui savent
trouver dans le bon vin dégusté
aux bons moments, en bonne compagnie, sans excès,
un plaisir du palais, une joie de l’âme
et du cœur. “Ce n’est
pas le vin qui enivre l’homme, c’est
lui qui s’enivre”, Proverbe chinois |
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