Vignerons Coopérateurs de France
Confédération des coopératives vinicoles de France
Président Denis VERDIER

53, rue de Rome - 75008 Paris
Tél 01 45 22 62 11
Fax 01 45 22 86 21
Email:ccvf.paris@wanadoo.fr
Les Vignerons Coopérateurs : Des hommes, une passion, des terroirs

Les Vignerons Coopérateurs et les terroirs : un lien historique
De par ses origines, la coopération vinicole, ancrée dans le territoire, a toujours eu comme préoccupation le maintien du paysage viticole, le respect de l’environnement, de la terre qui assurent diversité et typicité des vins.
Quelques repères historiques attestant de la fidélité des Vignerons Coopérateurs aux terroirs de France.

Début du xxe siècle : naissance de la coopération vinicole.
1901 : naissance de la première cave coopérative à Maraussan, “les Vignerons Libres”, dénomination qui en dit déjà beaucoup sur les valeurs coopératives.
Le début de siècle se caractérise par : une crise de surproduction, une chute importante des prix de vente des vins, une mévente dramatique, la crise de phylloxéra, puis par la suite, par toutes les maladies (mildiou, oïdium), les gels, les méventes, les guerres provoquant un fort exode rural.
Cette situation amènera les vignerons à ressentir le besoin de se grouper face à la chute des prix du vin et face à un vignoble dévasté par la maladie. Afin d’améliorer leur situation économique, les vignerons décidèrent ainsi de se grouper et de former la première cave coopérative, leur permettant d’éliminer les intermédiaires. Ils ont ainsi commencé à vendre leurs vins par leurs propres réseaux. C’est de cette solidarité qu’est née la coopération vinicole basée sur un développement collectif des régions.

Les années 30 correspondent à
l’essor du mouvement coopératif.

Par la suite, la coopération a essentiellement joué un rôle d’appui technique en favorisant les technologies les plus avancées pour la culture de la vigne, la vinification du vin et sa conservation dans les meilleures conditions. C’est pendant la période d’entre-deux-guerres que la coopération vinicole a connu un essor important pour se stabiliser dans les années 70.
Actuellement, la coopération vinicole correspond à des structures qui assurent l’ensemble de la chaîne du vin : du travail sur le vignoble, en passant par le travail dans la cave pour finir par la commercialisation.
D’organisations collectives de survie au départ, les caves coopératives sont devenues aujour-d’hui le tremplin de l’innovation vinicole, garantissant un épanouissement à chacun de ses adhérents. Elles sont les seules à pouvoir assurer la maîtrise de la production jusqu'à la commercialisation des produits.
Le souci premier de la coopération est d’associer la qualité des vins (par une sélection des apports, une grille de rémunération différenciée...) avec les aspects économiques (la meil-leure rémunération possible des adhérents), sociaux (nombreuses actions de proximité), et environnementaux (souci d’une meil-leure gestion des effluents, une meilleure adaptation des traitements des vignobles…). Elle est passée progressivement d’un rôle essentiellement technique à un rôle économique, social, de maintien d’emploi…

Comment définir la coopération ?
“Une cave coopérative est créée par les vignerons coopérateurs pour les vignerons coopérateurs”
“S’unir pour s’aider”
“Une sorte de compagnonnage fondé sur la solidarité, la gestion commune, le développement de tous”
“Réussir une œuvre collective”
On peut dire que la coopération est une forme d’économie collective, respectant les individualités. Elle est basée sur les grands principes de l’économie sociale et véhicule ainsi de grandes valeurs qui y sont associées.
Les coopératives sont constituées de personnes physiques ou morales mettant certains biens en commun pour réaliser ensemble un projet. Elles sont des sociétés de droit privé qui ont pour principal objectif : celui de représenter au mieux leurs adhérents, de mettre en valeur leur patrimoine ainsi que leurs efforts.
La coopération vinicole a, depuis toujours, permis de préserver les petits producteurs. En effet, bon nombre de jeunes voulant s’installer en viticulture, n’ont pas les moyens financiers pour réaliser ce projet professionnel. Les caves coopératives, en leur apportant un soutien matériel, administratif, technique et financier, ont permis à une multitude de petits vignerons de s’installer. Le mouvement coopératif à ses débuts a été essentiellement un instrument créé dans le cadre d’un idéal mutualiste pour offrir aux petites et moyennes exploitations de type familial la possibilité des conditions d’exploitations qu’elles ne pouvaient s’offrir seules.
Le paysage vinicole actuel serait bien différent sans les coopératives, seuls de grands propriétaires existeraient. En effet, le regroupement a permis entre autres, de préserver les petites exploitations peu rentables isolément et souvent dispersées, et donc de conserver une activité vinicole menacée. La coopération vinicole permet donc encore aujourd’hui de vinifier ensemble et donc de bénéficier de moyens de production modernes et performants permettant ainsi une production constante et de qualité.
La cave coopérative est une société de personnes attachée et limitée à un territoire précis, qui s’engage à valoriser au mieux la production de ses seuls adhérents. Elle mobilise le capital accumulé au profit de l’emploi et de la durabilité de l’outil qu’elle représente. La cave coopérative est le prolongement des exploitations vinicoles de ses adhérents, elle leur appartient donc et peut, à ce titre, indiquer sur l’étiquette de ses vins “mis en bouteille à la propriété”.
 
Actuellement, la coopération, en pleine phase de maturation, exerce une action de portée croissante sur plusieurs plans : qualité des vins (démarche qualité, recherche œnologique avec entre autres l’Institut Coopératif du Vin (ICV), organisation de marché (force de proposition et de négociation), économie (maintien du tissu économique de l’arrière-pays par des emplois durables), progrès social (amélioration des conditions de travail, mise en place des 35 heures), etc.
Qu’est-ce qu’un vigneron coopérateur ?
“Etre vigneron coopérateur, c’est agir ensemble...”
Un vigneron qui ne possède pas de propre chai, apporte sa récolte à la cave qui se charge de la vinification et de la commercialisation des vins. Parmi les Vignerons Coopérateurs, on trouve tout aussi bien des retraités que des jeunes qui s’installent, des vignerons de père en fils comme des citadins qui se lancent dans une nouvelle activité, l’un possédera quelques ares, l’autre plusieurs dizaines d’hectares, l’un exercera son métier de vigneron à plein temps, l’autre à temps partiel...
Il y a autant de cas de figures que de vignerons, la porte d’une cave coopérative étant ouverte à toute bonne volonté.

Les valeurs de la coopération
La coopération est bien plus qu’un simple regroupement de moyens techniques, elle correspond à des valeurs, un état d’esprit véhiculé depuis ses origines :
solidarité, confiance, transpa-rence, équité, démocratie sont les valeurs fondamentales pour un vigneron coopérateur.
• Solidarité : “Chacun pour tous”, c’est un des principes fondamentaux de la coopération, le fort acceptant d’aider le faible, l’un et l’autre ayant décidé de se regrouper pour s’épauler et défendre ainsi au mieux leurs intérêts communs.
• Confiance : la coopération permet de valoriser au mieux la production des coopérateurs, malgré les aléas du marché.
• Transparence : les règles de fonctionnement d’une cave doivent être claires et connues de tous les adhérents. Aussi petit ou isolé soit-il, chacun des coopérateurs sera informé de la stratégie politique de la cave. Tout investissement est voté, chacun a son mot à dire dans la gestion de la cave.
• Equité : qu’un coopérateur ait plusieurs dizaines d’hectares ou seulement quelques ares, sa voix est entendue de la même ma-nière, même si le système de pondération des voix tend à
s’étendre. Le prix payé par un coopérateur pour un produit est le même pour tous.
• Responsabilité : la cave coopérative se doit d’informer ses adhérents au mieux afin de leur permettre de comprendre leur environnement concurrentiel et de leur permettre de s’adapter au mieux aux aléas du marché.
• Démocratie : un homme, une voix, un des principes de base de la coopération. Chaque adhérent possède une voix quelle que soit l’importance de son capital au sein de la cave ou quelle que soit sa surface cultivée.
• Partage : du fruit de la cave coopérative de manière identique et proportionnelle aux apports de chacun des vignerons adhérents.

La coopération : un art de vie, des choix dans la conception et le partage du travail :
Le travail, le savoir-faire du vigneron sont prolongés par les compétences de spécialistes (cavistes, œnologues, commerciaux) qui prennent en charge son raisin à la cave. Ainsi chacun est responsable de sa participation à l’élaboration des vins. Chaque étape est l’œuvre de spécialistes qui élaborent des vins qui allient tradition de savoir-faire avec progrès technologiques. Les vins produits par les Vignerons Coopérateurs reflètent la typicité des terroirs d’origine, l’œuvre d’une réalisation collective, fondée sur la convivialité et l’optimisme. Ainsi donc le savoir-faire des Vignerons Coopérateurs est complété à la cave par le travail d’un ou plusieurs cavistes, œnologues, spécialistes, commerciaux.
Les caves coopératives sont également actuellement les plus avancées d’un point de vue technique : le fait de s’associer permet aussi d’investir dans du matériel technique très performant mais aussi très coûteux, ce qu’un isolé ne peut prétendre.
Les Vignerons Coopérateurs sont les garants de la tradition viticole, ils travaillent tout au long de l’année dans leurs vignes pour leur apporter le meilleur soin. Les spécialistes de la cave coopérative élaborent les vins dans les conditions technologiques de pointe comme l’exige l’œnologie moderne, garante de la sécurité, de l’hygiène et de la qualité du vin. Cette complémentarité entre tradition et modernité est la clef du succès de la coopération vinicole qui a toujours su mettre en présence des métiers complémentaires, des générations qui travaillent ensemble, des confrontations de points de vue différents. Elle fait aussi que les caves coopératives sont les pionnières dans les mutations qualitatives du vin, en combinant une vinification de pointe avec la typicité et le caractère de chaque terroir. L’animation, les débats d’idées y sont fréquents, la parole étant donnée à tous. Chacun a son mot à dire au sein d’une organisation coopérative. De plus, la coopération favorise la formation, ainsi que l’installation de jeunes vignerons en continuant à défendre les intérêts d’une viticulture vraie et fidèle à ses engagements.
 
 

 

 

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