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Les Vignerons Coopérateurs
et les terroirs : un lien historique
De par ses origines, la coopération vinicole,
ancrée dans le territoire, a toujours
eu comme préoccupation le maintien du
paysage viticole, le respect de l’environnement,
de la terre qui assurent diversité et
typicité des vins.
Quelques repères historiques attestant
de la fidélité des Vignerons Coopérateurs
aux terroirs de France. Début
du xxe siècle : naissance de la coopération
vinicole.
1901 : naissance de la première cave
coopérative à Maraussan, “les
Vignerons Libres”, dénomination
qui en dit déjà beaucoup sur les
valeurs coopératives.
Le début de siècle se caractérise
par : une crise de surproduction, une chute
importante des prix de vente des vins, une mévente
dramatique, la crise de phylloxéra, puis
par la suite, par toutes les maladies (mildiou,
oïdium), les gels, les méventes,
les guerres provoquant un fort exode rural.
Cette situation amènera les vignerons
à ressentir le besoin de se grouper face
à la chute des prix du vin et face à
un vignoble dévasté par la maladie.
Afin d’améliorer leur situation
économique, les vignerons décidèrent
ainsi de se grouper et de former la première
cave coopérative, leur permettant d’éliminer
les intermédiaires. Ils ont ainsi commencé
à vendre leurs vins par leurs propres
réseaux. C’est de cette solidarité
qu’est née la coopération
vinicole basée sur un développement
collectif des régions. Les
années 30 correspondent à
l’essor du mouvement coopératif.
Par la suite, la coopération a essentiellement
joué un rôle d’appui technique
en favorisant les technologies les plus avancées
pour la culture de la vigne, la vinification
du vin et sa conservation dans les meilleures
conditions. C’est pendant la période
d’entre-deux-guerres que la coopération
vinicole a connu un essor important pour se
stabiliser dans les années 70.
Actuellement, la coopération vinicole
correspond à des structures qui assurent
l’ensemble de la chaîne du vin :
du travail sur le vignoble, en passant par le
travail dans la cave pour finir par la commercialisation.
D’organisations collectives de survie
au départ, les caves coopératives
sont devenues aujour-d’hui le tremplin
de l’innovation vinicole, garantissant
un épanouissement à chacun de
ses adhérents. Elles sont les seules
à pouvoir assurer la maîtrise de
la production jusqu'à la commercialisation
des produits.
Le souci premier de la coopération est
d’associer la qualité des vins
(par une sélection des apports, une grille
de rémunération différenciée...)
avec les aspects économiques (la meil-leure
rémunération possible des adhérents),
sociaux (nombreuses actions de proximité),
et environnementaux (souci d’une meil-leure
gestion des effluents, une meilleure adaptation
des traitements des vignobles…). Elle
est passée progressivement d’un
rôle essentiellement technique à
un rôle économique, social, de
maintien d’emploi… Comment
définir la coopération ?
“Une cave coopérative est créée
par les vignerons coopérateurs pour les
vignerons coopérateurs” “S’unir
pour s’aider” “Une sorte
de compagnonnage fondé sur la solidarité,
la gestion commune, le développement
de tous” “Réussir une
œuvre collective”
On peut dire que la coopération est une
forme d’économie collective, respectant
les individualités. Elle est basée
sur les grands principes de l’économie
sociale et véhicule ainsi de grandes
valeurs qui y sont associées.
Les coopératives sont constituées
de personnes physiques ou morales mettant certains
biens en commun pour réaliser ensemble
un projet. Elles sont des sociétés
de droit privé qui ont pour principal
objectif : celui de représenter au mieux
leurs adhérents, de mettre en valeur
leur patrimoine ainsi que leurs efforts.
La coopération vinicole a, depuis toujours,
permis de préserver les petits producteurs.
En effet, bon nombre de jeunes voulant s’installer
en viticulture, n’ont pas les moyens financiers
pour réaliser ce projet professionnel.
Les caves coopératives, en leur apportant
un soutien matériel, administratif, technique
et financier, ont permis à une multitude
de petits vignerons de s’installer. Le
mouvement coopératif à ses débuts
a été essentiellement un instrument
créé dans le cadre d’un
idéal mutualiste pour offrir aux petites
et moyennes exploitations de type familial la
possibilité des conditions d’exploitations
qu’elles ne pouvaient s’offrir seules.
Le paysage vinicole actuel serait bien différent
sans les coopératives, seuls de grands
propriétaires existeraient. En effet,
le regroupement a permis entre autres, de préserver
les petites exploitations peu rentables isolément
et souvent dispersées, et donc de conserver
une activité vinicole menacée.
La coopération vinicole permet donc encore
aujourd’hui de vinifier ensemble et donc
de bénéficier de moyens de production
modernes et performants permettant ainsi une
production constante et de qualité.
La cave coopérative est une société
de personnes attachée et limitée
à un territoire précis, qui s’engage
à valoriser au mieux la production de
ses seuls adhérents. Elle mobilise le
capital accumulé au profit de l’emploi
et de la durabilité de l’outil
qu’elle représente. La cave coopérative
est le prolongement des exploitations vinicoles
de ses adhérents, elle leur appartient
donc et peut, à ce titre, indiquer sur
l’étiquette de ses vins “mis
en bouteille à la propriété”.
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| Actuellement, la coopération, en pleine
phase de maturation, exerce une action de portée
croissante sur plusieurs plans : qualité
des vins (démarche qualité, recherche
œnologique avec entre autres l’Institut
Coopératif du Vin (ICV), organisation
de marché (force de proposition et de
négociation), économie (maintien
du tissu économique de l’arrière-pays
par des emplois durables), progrès social
(amélioration des conditions de travail,
mise en place des 35 heures), etc. |
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Qu’est-ce qu’un vigneron
coopérateur ? “Etre
vigneron coopérateur, c’est agir
ensemble...”
Un vigneron qui ne possède pas de propre
chai, apporte sa récolte à la
cave qui se charge de la vinification et de
la commercialisation des vins. Parmi les Vignerons
Coopérateurs, on trouve tout aussi bien
des retraités que des jeunes qui s’installent,
des vignerons de père en fils comme des
citadins qui se lancent dans une nouvelle activité,
l’un possédera quelques ares, l’autre
plusieurs dizaines d’hectares, l’un
exercera son métier de vigneron à
plein temps, l’autre à temps partiel...
Il y a autant de cas de figures que de vignerons,
la porte d’une cave coopérative
étant ouverte à toute bonne volonté.
Les valeurs de la coopération
La coopération est bien plus qu’un
simple regroupement de moyens techniques, elle
correspond à des valeurs, un état
d’esprit véhiculé depuis
ses origines :
solidarité, confiance, transpa-rence,
équité, démocratie sont
les valeurs fondamentales pour un vigneron coopérateur.
• Solidarité : “Chacun
pour tous”, c’est un des principes
fondamentaux de la coopération, le fort
acceptant d’aider le faible, l’un
et l’autre ayant décidé
de se regrouper pour s’épauler
et défendre ainsi au mieux leurs intérêts
communs. • Confiance : la coopération
permet de valoriser au mieux la production des
coopérateurs, malgré les aléas
du marché. • Transparence
: les règles de fonctionnement d’une
cave doivent être claires et connues de
tous les adhérents. Aussi petit ou isolé
soit-il, chacun des coopérateurs sera
informé de la stratégie politique
de la cave. Tout investissement est voté,
chacun a son mot à dire dans la gestion
de la cave. • Equité : qu’un
coopérateur ait plusieurs dizaines d’hectares
ou seulement quelques ares, sa voix est entendue
de la même ma-nière, même
si le système de pondération des
voix tend à
s’étendre. Le prix payé
par un coopérateur pour un produit est
le même pour tous. • Responsabilité
: la cave coopérative se doit d’informer
ses adhérents au mieux afin de leur permettre
de comprendre leur environnement concurrentiel
et de leur permettre de s’adapter au mieux
aux aléas du marché. •
Démocratie : un homme, une voix, un des
principes de base de la coopération.
Chaque adhérent possède une voix
quelle que soit l’importance de son capital
au sein de la cave ou quelle que soit sa surface
cultivée.
• Partage : du fruit de la cave coopérative
de manière identique et proportionnelle
aux apports de chacun des vignerons adhérents.
La coopération : un art de vie,
des choix dans la conception et le partage du
travail :
Le travail, le savoir-faire du vigneron sont
prolongés par les compétences
de spécialistes (cavistes, œnologues,
commerciaux) qui prennent en charge son raisin
à la cave. Ainsi chacun est responsable
de sa participation à l’élaboration
des vins. Chaque étape est l’œuvre
de spécialistes qui élaborent
des vins qui allient tradition de savoir-faire
avec progrès technologiques. Les vins
produits par les Vignerons Coopérateurs
reflètent la typicité des terroirs
d’origine, l’œuvre d’une
réalisation collective, fondée
sur la convivialité et l’optimisme.
Ainsi donc le savoir-faire des Vignerons Coopérateurs
est complété à la cave
par le travail d’un ou plusieurs cavistes,
œnologues, spécialistes, commerciaux.
Les caves coopératives sont également
actuellement les plus avancées d’un
point de vue technique : le fait de s’associer
permet aussi d’investir dans du matériel
technique très performant mais aussi
très coûteux, ce qu’un isolé
ne peut prétendre.
Les Vignerons Coopérateurs sont les garants
de la tradition viticole, ils travaillent tout
au long de l’année dans leurs vignes
pour leur apporter le meilleur soin. Les spécialistes
de la cave coopérative élaborent
les vins dans les conditions technologiques
de pointe comme l’exige l’œnologie
moderne, garante de la sécurité,
de l’hygiène et de la qualité
du vin. Cette complémentarité
entre tradition et modernité est la clef
du succès de la coopération vinicole
qui a toujours su mettre en présence
des métiers complémentaires, des
générations qui travaillent ensemble,
des confrontations de points de vue différents.
Elle fait aussi que les caves coopératives
sont les pionnières dans les mutations
qualitatives du vin, en combinant une vinification
de pointe avec la typicité et le caractère
de chaque terroir. L’animation, les débats
d’idées y sont fréquents,
la parole étant donnée à
tous. Chacun a son mot à dire au sein
d’une organisation coopérative.
De plus, la coopération favorise la formation,
ainsi que l’installation de jeunes vignerons
en continuant à défendre les intérêts
d’une viticulture vraie et fidèle
à ses engagements. |
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