Serge HERCBERG
Directeur de l’U 557 Inserm
(UMR Inserm/Inra/Cnam)
Directeur de l’Unité de Surveillance
et d’Epidémiologie Nutritionnelle (USEN, InVS-Cnam)
Le Programme National Nutrition-Santé :
Une politique nutritionnelle
de santé publique pour la France
Il est aujourd’hui admis que le risque de maladies et la qualité de l’état de santé sont déterminés par de nombreux facteurs. Si les liens entre l’alimentation et la corpulence (notamment le surpoids et l’obésité), ou avec la croissance des enfants, apparaissent évidents pour tout le monde, le rôle et l’importance des facteurs nutritionnels dans le déterminisme de maladies chroniques telles que les cancers, les maladies du cœur et du système circulatoire, les troubles osseux de l’ostéoporose,ne sont pas toujours bien connus au niveau du public.
Et pourtant, de très nombreux travaux scientifiques ont démontré au cours des dernières années que les risques de maladies et d’incapacités peuvent être prévenus, en partie, par l’adoption d’habitudes de vie quotidienne saines, en favorisant certains comportements considérés comme des facteurs de protection et en évitant certains facteurs de risque majeurs. Ainsi en choisissant le contenu de nos assiettes et en organisant notre mode de vie, nous sommes en mesure tout au long de notre vie, de devenir des acteurs de notre propre santé.
Certes ces maladies ne peuvent en aucun cas être considérées comme sous la dépendance exclusive de facteurs nutritionnels. Elles sont également déterminées par des facteurs génétiques, infectieux et environnementaux. Mais s’il est difficile d’agir sur les facteurs génétiques, il est possible d’intervenir sur notre alimentation et sur certains aspects de notre mode de vie.
Depuis le début des années 1970, de très nombreux travaux ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d’intervenir en tant que facteur de risque, ou au contraire de protection, vis-à-vis du développement de ma-ladies chroniques. Ces recherches qui confrontent des données issues de travaux sur modèles cellulaires, sur organes, sur animaux, chez l’homme sain et le malade et au niveau de populations ont mis en évidence, avec des degrés de certitude différents, le rôle de facteurs nutritionnels (excès ou insuffisance) dans le déterminisme des différentes maladies chroniques.
Dans certains cas, les arguments scientifiques sont suffisants et convergents pour permettre
d’aboutir à des prises de positions consensuelles en termes de recommandations de santé publique visant à réduire les facteurs de risque et à promouvoir ceux considérés comme ayant un rôle de protection. Ces consensus servent aujourd’hui de base aux recommandations du Programme National Nutrition-Santé (PNNS) mis en place en France en 2001 par le ministère de la Santé, avec le soutien de tous les ministères et institutions concernés.
 

Une politique nutritionnelle de santé publique pour la France : le PNNS
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) a pour objectif général d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur le déterminant majeur que représente la Nutrition. Ce programme prévoit des actions et des mesures concrètes permettant, en améliorant l’état nutritionnel de la population vivant en France, de réduire le risque de maladies, d’optimiser l’état de santé et la qualité de la vie, à tous les âges de la vie. Ceci tout en respectant la liberté et le plaisir que représente, notamment dans notre pays, l’acte alimentaire. Le PNNS vise à atteindre des objectifs précis, définis de façon consensuelle par les experts scientifiques et les responsables de la santé publique. Ces objectifs prioritaires (Encadré 1) sont chiffrés et programmés dans le temps (2001-2005). Ils visent globalement à :
•une meilleure adéquation entre les apports et les dépenses énergétiques,
•un meilleur équilibre concernant la contribution des différents macronutriments aux apports énergétiques (répartition des glucides, lipides et protéines) et les différents sous-groupes de macronutriments (acides gras saturés/insaturés, glucides simples/complexes, protéines animales/végétales, fibres…),
•une meilleure couverture des apports en vitamines et minéraux.
Sur un plan opérationnel, le PNNS est bâti autour de 6 axes stratégiques :
1. informer et orienter les consommateurs vers des choix alimentaires et un état nutritionnel satisfaisant ; éduquer les jeunes et créer un environnement favorable à une consommation alimentaire et un état nutritionnel satisfaisant.
• Un logo "PNNS" a été créé. Il permettra d’authentifier toutes les actions, mesures, messages et outils issus du programme.

 
 

 

 

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