Il
est aujourd’hui admis que le risque de maladies
et la qualité de l’état de santé
sont déterminés par de nombreux facteurs.
Si les liens entre l’alimentation et la corpulence
(notamment le surpoids et l’obésité),
ou avec la croissance des enfants, apparaissent
évidents pour tout le monde, le rôle
et l’importance des facteurs nutritionnels
dans le déterminisme de maladies chroniques
telles que les cancers, les maladies du cœur
et du système circulatoire, les troubles
osseux de l’ostéoporose,ne sont pas
toujours bien connus au niveau du public.
Et pourtant, de très nombreux travaux scientifiques
ont démontré au cours des dernières
années que les risques de maladies et d’incapacités
peuvent être prévenus, en partie, par
l’adoption d’habitudes de vie quotidienne
saines, en favorisant certains comportements considérés
comme des facteurs de protection et en évitant
certains facteurs de risque majeurs. Ainsi en choisissant
le contenu de nos assiettes et en organisant notre
mode de vie, nous sommes en mesure tout au long
de notre vie, de devenir des acteurs de notre propre
santé.
Certes ces maladies ne peuvent en aucun cas être
considérées comme sous la dépendance
exclusive de facteurs nutritionnels. Elles sont
également déterminées par des
facteurs génétiques, infectieux et
environnementaux. Mais s’il est difficile
d’agir sur les facteurs génétiques,
il est possible d’intervenir sur notre alimentation
et sur certains aspects de notre mode de vie.
Depuis le début des années 1970, de
très nombreux travaux ont cherché
à identifier et à préciser
le rôle de certains facteurs nutritionnels
susceptibles d’intervenir en tant que facteur
de risque, ou au contraire de protection, vis-à-vis
du développement de ma-ladies chroniques.
Ces recherches qui confrontent des données
issues de travaux sur modèles cellulaires,
sur organes, sur animaux, chez l’homme sain
et le malade et au niveau de populations ont mis
en évidence, avec des degrés de certitude
différents, le rôle de facteurs nutritionnels
(excès ou insuffisance) dans le déterminisme
des différentes maladies chroniques.
Dans certains cas, les arguments scientifiques sont
suffisants et convergents pour permettre
d’aboutir à des prises de positions
consensuelles en termes de recommandations de santé
publique visant à réduire les facteurs
de risque et à promouvoir ceux considérés
comme ayant un rôle de protection. Ces consensus
servent aujourd’hui de base aux recommandations
du Programme National Nutrition-Santé (PNNS)
mis en place en France en 2001 par le ministère
de la Santé, avec le soutien de tous les
ministères et institutions concernés.
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Une politique nutritionnelle
de santé publique pour la France : le PNNS
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS)
a pour objectif général d’améliorer
l’état de santé de la population
en agissant sur le déterminant majeur que
représente la Nutrition. Ce programme prévoit
des actions et des mesures concrètes permettant,
en améliorant l’état nutritionnel
de la population vivant en France, de réduire
le risque de maladies, d’optimiser l’état
de santé et la qualité de la vie,
à tous les âges de la vie. Ceci tout
en respectant la liberté et le plaisir que
représente, notamment dans notre pays, l’acte
alimentaire. Le PNNS vise à atteindre des
objectifs précis, définis de façon
consensuelle par les experts scientifiques et les
responsables de la santé publique. Ces objectifs
prioritaires (Encadré 1) sont chiffrés
et programmés dans le temps (2001-2005).
Ils visent globalement à :
•une meilleure adéquation entre les
apports et les dépenses énergétiques,
•un meilleur équilibre concernant la
contribution des différents macronutriments
aux apports énergétiques (répartition
des glucides, lipides et protéines) et les
différents sous-groupes de macronutriments
(acides gras saturés/insaturés, glucides
simples/complexes, protéines animales/végétales,
fibres…),
•une meilleure couverture des apports en vitamines
et minéraux.
Sur un plan opérationnel, le PNNS est bâti
autour de 6 axes stratégiques :
1. informer et orienter les consommateurs vers des
choix alimentaires et un état nutritionnel
satisfaisant ; éduquer les jeunes et créer
un environnement favorable à une consommation
alimentaire et un état nutritionnel satisfaisant.
• Un logo "PNNS" a été
créé. Il permettra d’authentifier
toutes les actions, mesures, messages et outils
issus du programme.
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