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6.
Engager des mesures et actions de santé publique
complémentaires destinées à
des groupes spécifiques de population.
Diverses mesures visent à mettre en œuvre
les moyens d’atteindre les objectifs spécifiques
retenus dans le PNNS.
•Pour réduire la carence en fer durant
la grossesse, deux stratégies d’intervention
seront prévues, en accord avec les recommandations
pour la pratique clinique (ANAES): la supplémentation
en fer des femmes enceintes et les conseils nutritionnels
spécifiques, intégrés dans
une information globale sur l’alimentation
durant la grossesse (Guide spécifique pour
les femmes enceintes).
• Pour améliorer le statut en folates
des femmes en âge de procréer, notamment
en cas de désir de grossesse, diverses actions
seront mises en place : la poursuite et le développement
de la sensibilisation des personnels de santé,
des enseignants, et des femmes en âge de procréer.
L’information sera transmise au travers des
centres de planning familial, des PMI, des pharmacies
et de la presse féminine, jeune et familiale.
Des conseils nutritionnels adaptés (brochure
et guide alimentaire spécifique) seront promulgués
et une supplémentation systématique
en folates sera proposée aux femmes en cas
de projet de grossesse.
• Pour promouvoir l’allaitement maternel,
il sera nécessaire de fournir aux femmes
un contexte favorable pour orienter leur choix en
faveur de l’allaitement maternel et pour la
prolongation de sa durée. Un document scientifique
validé sur l’intérêt santé
de l’allaitement maternel sera diffusé
auprès des professionnels relais (collection
des Synthèses du PNNS). L’application
des directives européennes sur la promotion
des substituts du lait maternel sera renforcée.
La formation des personnels des maternités
et l’information des femmes sur l’allaitement
et l’introduction des aliments de complément,
à l’occasion des consultations prénatales,
complèteront le dispositif.
• Pour prévenir les déficiences
en fer, calcium et vitamine D des enfants et des
adolescents, outre les actions générales
prévues en milieu scolaire, un guide alimen-taire
spécifique sera développé pour
ces populations. Une information ciblée dans
les régions de faible ensoleillement permettra
de développer une supplémentation
hivernale en vitamine D(100 000 UI) sous contrôle
médical.
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• Pour améliorer le statut en calcium
et en vitamine D des personnes âgées,
des recommandations viseront à mettre en
place une supplémentation en calcium et vitamine
D des sujets âgés vivant en institution,
et en vita-mine D (éventuellement associée
au calcium) chez les personnes âgées
vivant à domicile.
• Pour prévenir la dénutrition
des personnes âgées, sera favorisé
le dépistage en pratique médicale
de ville et en institution (à l’aide
d’un disque d’évaluation nutritionnelle).
Un guide spécifique favorisera l’implication
des familles dans la prise en charge nutritionnelle
des personnes âgées.
• Pour lutter contre les déficiences
vitaminiques et minérales chez les personnes
suivant des régimes restrictifs ou présentant
des troubles du comportement alimentaire, des recommandations
pour la pratique clinique (ANAES) seront établies
et une information sur ce point sera développée
à l’intention du milieu médical.
• Pour lutter contre les déficiences
vitaminiques et minérales et les dénutritions
chez les personnes en situation de précarité,
une sensibilisation et une formation seront mises
en place pour les acteurs de terrain en contact
avec ces populations. Les actions des professions
relais pour améliorer la qualité nutritionnelle
de l’alimentation, les initiatives novatrices
où l’alimentation est également
le support à la réinsertion sociale,
et la diffusion d’outils nutritionnels spécifiques
seront soutenus.
• Pour limiter le risque de développement
de phénomènes d’allergies alimentaires,
des recommandations sur la prévention seront
diffusées auprès des personnels de
santé ; des informations auprès des
femmes enceintes ayant des antécédents
familiaux et la promotion de l’allaitement
maternel seront assurées. La mise en place
d’un étiquetage exhaustif et précis,
un guide spécifique, les actions de formation
pour les différents professionnels concernés
et le développement d’un réseau
d’allergo-vigilance (InVS-AFSSA) complèteront
l’arsenal des mesures mises en place.
Au total, le PNNS constitue un véritable
plan de santé publique visant à atteindre
des objectifs précis, chiffrés et
programmés dans le temps, reposant sur des
mesures et actions précises et ciblées
et le développement d’outils spécifiques
et adaptés, intégrant dans sa programmation
sa propre évaluation et associant acteurs
publics et privés et dont le succès
passe par la responsabilisation de tous les acteurs
concernés. La mise en place de ce PNNS amène
la France, qui souffrait d’une absence totale
de politique nutritionnelle à une situation
de pointe tout à fait inno-vante dans le
domaine de la prévention nutritionnelle des
ma-ladies chroniques et l’optimisation de
l’état de santé.
Bibliographie
HCSP. Haut Comité de Santé Publique.
Pour une politique nutritionnelle de santé
publique : enjeux et propositions. Editions ENSP,
septembre 2000
INPES. La Santé vient en mangeant, Guide
Alimentaire pour tous, PNNS, INPES, septembre 2002
Site Web du Ministère de la Santé:
sante.gouv.fr (Dossier Nutrition) |
Les
recommandations nutritionnelles du PNNS
• une augmentation de la consommation de
fruits et légumes, quelles qu’en soient
leurs formes (crus, cuits, natures, préparés,
frais, surgelés ou en conserves) pour atteindre
au moins 5 fruits et légumes par jour ;
• une consommation d’aliments sources
de calcium (produits laitiers, légumes et
éventuellement eaux minérales riches
en calcium pour les consommateurs d’eaux minérales)
en quantités suffisantes pour atteindre les
apports conseillés : 3 produits laitiers
par jour ;
• une limitation de la consommation des graisses
totales (lipides totaux) et particulièrement
des graisses appelées "saturées"
fournies par certains aliments dont il faut éviter
une consommation excessive (viennoiseries, pâtisseries,
charcuteries, beurre, crème fraîche,
fromages,...) ;
• une augmentation de la consommation des
féculents sources d’amidon, notamment
des aliments céréaliers (et particulièrement
des aliments céréaliers complets qui
ont l’intérêt d’apporter
des quantités appréciables de fibres),
des pommes de terre, des légumineuses, qui
doivent être présents à chaque
repas ;
• une consommation de viandes/poissons et
produits marins/œufs, 1 à 2 fois par
jour en alternance (en quantité inférieure
à l’accompagnement), en privilégiant
pour les viandes les morceaux les moins gras et
en favorisant la consommation de poissons, au moins
2 fois par semaine ;
• une limitation de la consommation de sucre
en nature et des aliments riches en sucre (sodas,
confiserie, chocolat, pâtisseries, desserts
sucrés,.. );
• une limitation de la consommation de boissons
alcoolisées qui ne devrait pas dépasser
quotidiennement l’équivalent de 2 verres
de vin pour les femmes et 3 pour les hommes (pas
plus de 2 demis de bière ou 60 ml d’alcool
fort), chez ceux qui en consomment ;
• une augmentation de l'activité physique
dans la vie quotidienne pour atteindre au moins
l’équivalent d’1/2h de marche
rapide par jour (monter les escaliers à pied,
faire les courses à pied) et une réduction
de la sédentarité (TV, temps passé
pour les jeux vidéo) surtout chez l’enfant.
Pour atteindre les objectifs nutritionnels du PNNS,
il faut également limiter la consommation
de sel et toujours préférer le sel
iodé (et fluoré selon les régions),
profiter sans excès des bienfaits des rayons
solaires (pour recharger ses réserves en
vitamine D), et surveiller régulièrement
son poids pour être sûr que les apports
caloriques sont en adéquation avec les dépenses
énergétiques. |
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