
Astilbine
|
|
Au
temps 1 h 30 (A), nous observons que la radioactivité
est localisée en grande majorité dans
l’estomac, le foie et les reins, avec une
plus forte concentration dans l’estomac. À
3h (B), la radioactivité, toujours importante
dans l’estomac, apparaît fortement au
niveau des intestins et est maximale dans le foie
et les reins. Au temps 6h (C), la radioactivité
demeure importante dans l’estomac et les intestins,
mais elle commence à disparaître dans
le foie et les reins. Nous montrons ainsi qu’après
ingestion, une quantité importante du trans-resvératrol
peut être retrouvée au niveau de différents
organes où ce composé pourrait exercer
ses activités biologiques. |
Distribution
du trans-resvératrol
dans l’organisme chez la souris
Nous avons mis au point dans notre Laboratoire la
production de polyphénols marqués au
carbone 14, c’est-à-dire des composés
dans lesquels le carbone 12 naturel est remplacé
par du carbone 14 radioactif. Ce marquage permet de
suivre facilement les polyphénols chez l’animal,
même s’ils sont présents en faible
quantité. Pour cette production, nous utilisons
des cultures cellulaires de vigne que nous alimentons
avec un précurseur radioactif que les cellules
transforment en polyphénols marqués
(4).
L’analyse de la distribution du trans-resvératrol
marqué, l’un des polyphénols les
plus actifs in vitro, dans l’organisme chez
la souris a été réalisée
au sein des Laboratoires de Biophysique Médicale
et du Groupe de Recherche et d’étude
du Foie (Université de Bordeaux 2) (5).
La méthodologie utilisée a été
la suivante : après ingestion du produit marqué,
l’animal est sacrifié selon une cinétique
déterminée, et découpé
en tranches anatomiques très fines (30 µm).
Ces coupes de corps entiers sont ensuite mises en
contact avec des films photographiques, afin d’obtenir
des images en autoradiographie. |
|
Actuellement,
nous menons une étude chez l’Homme
avec des stilbènes marqués avec du
carbone 13 (non radioactif) pour démontrer
le passage dans le sang de ces composés après
ingestion au cours d’un repas.
Remerciements
Nous remercions vivement le Conseil Interprofessionnel
des Vins de la Région de Bergerac pour le
soutien financier apporté pour ces travaux
(bourse CIFRE n° 552/98 à X. Vitrac et
contrat de recherche) et la Région Aquitaine
(subvention n° 990305014).
Bibliographie
(1) Vitrac X., Castagnino C., Waffo-Teguo P., Delaunay
J.-C., Monti J.-P., Vercauteren J., Deffieux G.,
Mérillon J. M.- 2001 – Journal of Agricultural
and Food Chemistry 49, 5934-5938.
(2) Vitrac X., Monti J.-P., Vercauteren J., Deffieux
G., Mérillon J. M.- 2002 – Analytica
Chimica Acta, 458, 103-110.
(3) Ribeiro de Lima M.T., Waffo-Teguo P., TeissèdreP.L.,
Pujolas A., Vercauteren J., Cabanis J.-C., Mérillon
J.-M., 1999, Journal of Agricultural and Food Chemistry
47, 2666-2670.
(4) Vitrac X., Krisa S., Decendit A., Vercauteren
J., Nührich A., Monti J.-P., Deffieux G., Mérillon
J. M. 2002, Journal of Biotechnology, 95, 49-56.
(5) Vitrac X., Desmoulières A., Brouillaud
B., Krisa S., Deffieux G., Barthe N., Rosenbaum
J., Mérillon J.-M., 2003, Life Sciences,
72, 2219-2233. |