Pour
la plupart des consommateurs, "manger est d'abord
un acte de santé" comme le soulignait
une étude menée par l'institut Louis
Harris en juillet 1997.
En Europe le consommateur vieillit et se préoccupe
de plus en plus de sa santé et de sa forme.
Il dispose de relais d'opinion actifs sur les questions
de santé, les nombreuses publications consacrées
à ce sujet en témoignent.
Étant de plus en plus informé, il devient
de plus en plus exigeant et observe avec beaucoup
d'attention les messages publicitaires incluant des
promesses en termes de santé, d'autant que
ces derniers sont en forte progression.
En été 2002, dans les magazines santé
grand public, près d'une publicité sur
trois recelait des allégations santé.
Par exemple le riz était présenté
comme "le partenaire d'un équilibre nutritionnel
quotidien" mais on pouvait également découvrir
que le train express régional constituait "l'arme
antistress de tous les jours". |
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Les travaux se déroulèrent
sur 18 mois, outre celui des annonceurs l'engagement
de l'ensemble des partenaires de la publicité
fut sollicité : agences de publicité
et supports de diffusion des messages, télévision,
presse, radio et affichage.
La Recommandation du BVP, intitulée Allégations
Santé (consultable sur www.bvp.org), est
le produit de cette collaboration et reflète
un engagement déontologique important de
la part des professionnels ; il n'existait en effet
aucun texte de cette nature et transversal en France
jusqu'alors.
L'Allégation Santé visée ici
est avant tout une allégation publicitaire
qui établit un lien entre un produit et la
santé. Il faut la distinguer des allégations
thérapeutiques qui, elles, attribuent à
un produit des propriétés de prévention,
de traitement ou de guérison d'une maladie.
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Certaines associations
de consommateurs, conscientes de cet engouement,
ont mené aux niveaux national et européen
des études d'opinion afin de mieux cerner
la perception de ce type de publicité par
les consommateurs. Certes, la majorité d'entre
eux a le sentiment d'avoir des connaissances via
les médias, les écoles ou encore grâce
aux associations de consommateurs, pourtant, ils
se sentent assez désemparés en termes
de connaissances nutritionnelles : qu'est-ce que
les oméga 3 ? à quoi servent les isoflavones
de soja ?
Les conclusions ont mis en évidence une mauvaise
perception de ces allégations par le consommateur
soulignant qu'il estimait souvent subir un surplus
d'information entraînant une confusion quant
au sens réel du message publicitaire. Il
est à la fois très crédule
et peu assuré sur le sens du message allant
parfois jusqu'à se demander s'il ne pourrait
pas substituer à son traitement médical,
la consommation d'un produit alimentaire du fait
des promesses publicitaires. Il est indispensable
que le consommateur puisse faire clairement la distinction
entre un produit porteur d'une allégation
santé et un médicament, le message
publicitaire doit être explicite.
Conscients de ce problème et désireux
que les messages publicitaires soient les plus responsables
possible, les professionnels de la publicité,
réunis au sein du BVP, ont lancé en
2001 une réflexion sur cette communication,
associant à leurs travaux tant les représentants
des produits alimentaires que ceux des produits
cosmétiques et, de manière plus large,
toute entreprise souhaitant communiquer autour de
la santé.
L'objectif était de fixer les règles
qui garantiraient la clarté, la véracité,
l'objectivité et la loyauté des allégations
santé contenues dans les messages publicitaires.
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Cette Recommandation
rappelle la nécessité de bien identifier
la publicité en tant que telle ainsi que
la nature du produit, ce dernier ne devant pas être
présenté comme relevant du domaine
médical. Elle souligne aussi que le message
doit être élaboré en tenant
compte de la capacité de compréhension
du public auquel il s'adresse. Rappelons-nous que
les associations ont souligné la difficulté
de perception de ce type d'allégations. Certains
mots, employés dans le cadre d'une information
scientifique, seront peu compréhensibles
par le consommateur s'ils sont repris tels que dans
un message publicitaire, nécessairement bref.
Plusieurs dispositions visent l'objectivité
de la communication: pas de présentation
excessive ou trompeuse de l'action du produit, pas
de termes alarmistes susceptibles de générer
des craintes infondées, mais encore ne pas
suggérer qu'un état de bonne santé
puisse être affecté en cas de non-utilisation
du produit.
Enfin cette Recommandation se termine sur l'interdiction
pour la publicité d'encourager à la
consommation excessive d'un produit. Soulignons,
en conclusion, que le BVP, dont c'est la première
mission, poursuit son œuvre d'autodiscipline
en travaillant actuellement sur une nouvelle Recommandation
qui, dans la continuité de la précédente,
traitera des comportements alimentaires des enfants.
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