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| Philippe-Jean
COULOMB, Professeur Honoraire des Universités
Maryline ABERT,
Docteur en chimie
Philippe-0livier COULOMB, Ingénieur
Agronome
SARL ENIGMA, Domus Claudia,
84 190, Beaumes de Venise
Séverine GALLET,
Doctorante,
Boursière de la région PACA
Faculté des Sciences d'Avignon,
84 000 Avignon |
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Rouges, Blancs, Rosés, cépages, modes de culture,
polyphénols, resvératrol : l’impact
sur la santé |
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l'on croit les adeptes de la Biogenèse, les
conditions climatiques qui ont présidé
à la naissance de la vie sur la planète
Terre, il y a environ quatre milliards d'années,
étaient nettement réductrices. L'apparition
de l'oxygène fut donc une pollution particulièrement
toxique pour les premiers êtres vivants qui
durent s'adapter ou mourir. L'évolution cellulaire
n'a donc cessé de recréer dans un
milieu aqueux endogène le milieu réducteur
des origines grâce à la photochimie
photosynthétique. Les stress oxydatifs sont
donc, dans l'atmosphère oxy-dante actuelle
(21 % d'oxygène), responsables de dysfonctionnements
qui peuvent entraîner des pathogénicités
humaines redoutables. |
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On le retrouve également dans les arachides,
les mûres et la rhubarbe. Le resvératrol
étant principalement concentré dans
la pellicule de la baie de raisin, les vins blancs,
fermentés en son absence, n'en renferment
que de faibles quantités. Par con-tre, des
vins rouges comme le Pinot noir, le Merlot ou le
Mourvèdre ont des concentrations comprises
entre 4 et 13 mg/l. En fait, outre le cépage,
la concentration en resvératrol et de ses
différents isomères dépend
de nombreux facteurs comme les techniques culturales,
la couverture phytosanitaire, le terroir, la situation
géographique…
Cette molécule star a des effets bénéfiques
sur la santé qui ne sont plus à démontrer.
Elle possède des propriétés
anti-thrombiques, une action antiagrégante
sur les plaquettes, provoque la diminution de la
viscosité san-guine et est capable de piéger
les radicaux libres qui sont impliqués dans
le processus de cancéro-genèse !
Il constitue en outre un souvenir moléculaire
dans la mémoire de la plante qui saura mettre
en place un mécanisme rapide de défense
indispensable à sa survie : tout événement
stressant déclenchant sa synthèse
(Abert et coll.).
Les différents cépages étant
génétiquement différents seront
plus ou moins capables de produire du resvératrol
vite et fort.
Il reste cependant un certain nombre d'interrogations
concernant le métabolisme du resvératrol
et de ses formes glycosylées trans et cis-picéide.
Ce qui revient à dire qu'il serait imprudent
de le consommer sous la forme de gélules.
Il est préférable d'utiliser les vertus
d'alicament du vin en les conjuguant à ses
qualités organoleptiques : deux ou trois
verres par jour ne peuvent qu'être une source
de bonheur et de santé !
Vins blancs et rosés : une affaire de Santé
!
Le médiatique "French paradox"
pourrait donc être une mauvaise publicité
pour les producteurs de vins blancs et de vins rosés.
Le fait que les parties solides n'interviennent
que dans la macération préfermentaire
semblerait priver ces vins des vertus conférées
aux alicaments rouges. Cependant, les vins blancs
possèdent d'autres atouts et le mode de vinification
peut considérablement les enrichir en polyphénols.
Ils renferment en effet naturellement un certain
nombre de composés phénoliques comme
le tyrosol, les acides caféique, gallique
et
p-coumarique, la quercétine, l'acide vanillique,
la rutine, les catéchines, des tanins…
Le tyrosol représente à lui seul jusqu'à
23 % de la composition en polyphénols, les
tanins 53 %, l'acide caféique 12 % et les
catéchines 9 %. Le tyrosol est le composé
phénolique majeur de tous les vins blancs,
il résulte de l'action des levures sur la
tyrosine. Il a cependant, comme l'acide p-coumarique
et l'acide vanillique, des propriétés
anti-oxydantes négligeables. Par contre,
la quercétine et la catéchine inhibent
l'oxydation des LDL (lipoprotéines de faible
densité) impliquées dans le développement
de l'athérosclérose. L'acide caféique
et la rutine ont des propriétés anti-inflammatoires.
D'autre part, des études récentes
(Vinson et coll.) ont démontré que
le vin blanc est un meilleur inhibiteur de l'oxydation
des LDL que le vin rouge.
Une équipe israélienne (Fuhrman et
coll.), travaillant sur du Chardonnay, a produit
un vin blanc doux enrichi en polyphénols
en augmentant le temps de contact (18 heures) avec
les pellicules en présence d'alcool (18 %
final pour 13,7 % de sucre). La qualité et
la couleur n'ont pas été affectées.
De surcroît, le vin ob-tenu présentait
des capacités anti-oxydantes identiques à
celles des vins rouges. En France, Landrault et
ses collaborateurs ont également, sur Chardonnay,
obtenu un vin blanc très enrichi en composés
phénoliques (1 425 mg/l) en réalisant
une macération de 6 jours avec des capacités
anti-oxydantes très significatives. En Afrique
du Sud, De Beer estime d'autre part que l'acide
ascorbique ajouté aux vins blancs pour prévenir
le brunissement oxydatif contribue à augmenter
les activités anti-oxydantes. En outre, la
plus forte concentration en phénols, flavanol,
flavonol et esters d'acide tartrique du Chardonnay
explique son pouvoir anti-oxydant beaucoup plus
important que celui du Chenin blanc. En Espagne,
Pozo-Bayon a démontré que le rosé
obtenu à partir du Grenache contient une
forte concentration d'acide hydroxycinnamique et
d'acide trans-caféique.
Ces résultats récents démontrent
que les vins blancs possèdent des qualités
intrinsèques qui peuvent être considérablement
amplifiées par une légère modification
des conditions de vinification. |
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Certains végétaux, lorsqu'ils subissent
des agressions physiques, chimiques ou biologiques
(pathogènes), sont susceptibles de synthétiser
rapidement et à forte concentration des molécules
appelées phytoalexines qui contribuent à
mettre en place une résistance efficace.
Dans le cas de la vigne il s'agit du |
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| resvératrol
(3,5,4'-trihydroxystilbène) dont on a démontré
les effets non intentionnels positifs sur la santé
: action anti-cholestérol, diminution des
risques cardiaques et pouvoir anti-cancéreux.
Cette constatation a entraîné l'émergence
du fameux concept de "French paradox"
né, il y a près de vingt ans lorsque
statisticiens et cardiologues se sont intéressés
aux données concernant des maladies des artères
coronaires. En effet, les Français, qui ont
une ration calorique plus riche que les autres peuples
en graisses saturées, sont, paradoxalement,
relativement épargnés par les infarctus.
Or, ce qui distingue les Français c'est une
forte consommation en vin avec 100 bouteilles par
personne et par an.
Les recherches ont démontré que les
composés phénoliques du vin ont de
nombreuses propriétés anti-oxydantes,
anti-inflammatoires, bactéricides et vitaminiques.
Ces paramètres jouent un rôle essentiel
dans la prévention des maladies cardiovasculaires
(l'oxydation des lipides du sang provoque leur dépôt
sur la paroi des artères) et d'autres pathologies
telles que le vieillissement cérébral
et les pathologies tumorales.
L'alcool et les polyphénols du vin piègent
les formes actives de l'oxygène : ce sont
des antioxydants. Ces composés phénoliques,
présents dans la pellicule et les pépins,
se retrouvent dans le vin après macération
lors de la vinification.
Vins rouges, vins blancs…
Toxique pour les êtres vivants, l'oxygène
l'est aussi pour les produits finis de consommation.
Son action sur le jus de raisin conduit inévitablement
au vinaigre. Il convient donc de procéder
à des vinifications différentes selon
que l'on voudra obtenir des vins rouges, blancs
ou rosés. Dans le cas des rouges, le raisin
entier ou éraflé est foulé.
On laisse ensuite incuber le jus avec les pellicules
(et leurs levures) et les pépins. Le sucre
sera alors transformé en alcool et en gaz
carbonique, les polyphénols seront extraits.
Un vin rouge est donc par définition coloré
et riche en phénols. Le vin tiré est
le vin de goutte, le marc pressé don-nera
le vin de presse, ces deux vins subiront alors une
deuxième fermentation dite malolactique.
Dans le cas du vin blanc, le raisin est foulé
et pressé, le moût est éliminé
avant la fermentation alcoolique. Il est donc possible
de faire du vin blanc avec des raisins qui possèdent
une pellicule rouge mais une pulpe blanche. Avec
une macération de courte durée (1
à 2 jours) nous aurons du vin rosé.
Lors de ce procédé les vins ne fermentent
pas avec les pellicules, il en résulte une
faible teneur en polyphénols et en resvératrol.
On constate en effet une différence très
significative en flavonoïdes polyphénoliques
: de 1800 à 3000 mg/l pour les vins rouges
contre 90 à 150 mg/l pour les vins blancs
!
Le resvératrol : une star
Parmi les quelque deux cents polyphénols
contenus dans les vins rouges, le resvératrol
est la molécule la plus intéressante
pour la santé. Il s'agit d'une phytoalexine
(substance induite par un stress) produite par la
vigne pour se défendre contre l'attaque de
ses pathogènes (mildiou, oïdium, botrytis…)
ou certains produits phytopharmaceutiques agressifs. |
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