L’homme,
acteur principal du terroir, élabore un vin
de qualité grâce au croisement de tous
ces facteurs. Le terme “terroir” est issu
du latin popu-laire terratorium, déformation
de territorium. Dans le cadre de la filière
viti-vinicole, deux notions sont mises en avant :
l’Unité de Terroir de Base qui est l’association
d’un climat et d’un sol, mais qui ne suffit
pas à expliquer le terroir, et l’Unité
de Terroir Viticole qui ajoute la vigne (cépage
et porte-greffe), les technologies (viticoles et œnologiques)
et l’homme (Morlat, 1989 ; Carbonneau, 2001
; Vaudour, 2002, Deloire et al., 2002). L’héritage
de l’histoire et la dimension socio-culturelle
du terroir sont importants et renforcent son caractère
unique (Dion, 1977).
Deux éléments du climat expliquent le
mieux l’implantation de la vigne dans le monde
: la température et l’eau. L’eau
est un facteur important des terroirs viticoles. Elle
provient de la pluie, des nappes phréatiques,
et quand elle fait défaut à la culture
de la vigne, il faut irriguer, ou accepter des contraintes
hydriques qui, suivant leur intensité et leur
période de survenue, peuvent être favorables
ou défavorables à la qualité
de la vendange et des vins.
La qualité d’un raisin est d’abord
sanitaire, il doit être indemne de maladies.
Mais la qualité d’un raisin est aussi
biochimique. En effet, la composition du vin provient
des composés contenus dans la baie de raisin
et dépend de ce qui a été “libéré”
dans le vin au cours du processus œnologique.
Influences sur la composition des baies de
raisin
Le terroir va influer sur la composition fine des
baies de raisin, à travers, d’une part,
la teneur en eau du sol qui va conditionner l’évolution
hydrique de la vigne, et, d’autre part, à
travers les températures en relation avec le
microclimat des grappes et du feuillage (exposition
des feuilles et des baies). |
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C’est
à ce titre que l’architecture de la
vigne, c’est-à-dire le système
de conduite, joue un rôle important dans ces
aspects microclimatiques de la plante.
Parmi les composés importants de la baie
de raisin (et il y en a beaucoup !), citons : les
sucres, les acides organiques, les composés
aromatiques et les composés phénoliques,
les fameux phénols. Parmi ceux-ci, il y a
notamment les anthocyanes, responsables de la couleur
rouge des baies et des vins. Ils sont localisés
dans la pellicule des cépages à baies
noires.
Il y a aussi les tanins, composés importants
pour la structure des vins, localisés essentiellement
dans la pellicule et les pépins. Il y a en
a bien d’autres comme les flavonols, etc.
Leur biosynthèse dans la baie est étroitement
liée à la physiologie de la vigne,
qui est dépendante des conditions climatiques,
du système de conduite et des itinéraires
culturaux. Un élément est déterminant
dans la régulation de leur biosynthèse
: c’est l’état hydrique de la
plante, lui-même dépendant de l’eau
du sol, donc du terroir. Et effectivement, pour
un cépage, sa teneur en phénols des
baies et leur capacité à diffuser
dans les vins sont étroitement liées
à l’évolution de l’état
hydrique de la vigne et de ses baies, qui dépend
de l’évolution de la réserve
utile en eau du sol (réserve en eau exploitable
par les racines), porte d’entrée de
l’eau dans la plante. Et à cet égard,
ce qui se passe au stade de croissance herbacée
de la baie (avant la véraison, c’est-à-dire
avant le début du mûrissement du fruit)
est aussi important que les événements
qui peuvent influer sur le comportement de la vigne
pendant la maturation. A titre d’exemple,
rappelons que les tanins sont fabriqués par
la baie majoritairement avant la véraison.
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