Agriculture
(viticulture)
Pour parler du vin, il faut avant tout aborder cette
formidable création française que sont
les Appellations d’Origines Contrôlées
dites AOC.
Dans les années trente, on avait compris que
le goût d’un vin marié à
un certain cépage peut être dans un certain
endroit formidablement original et qu’il convenait
de protéger cette originalité pour le
consommateur. En achetant cette AOC, il avait la garantie
d’un goût unique au monde car nulle part
le mariage d’un certain sol avec un climat ou
microclimat ne se ressemble vraiment. Que
reste-t-il de ce concept repris par beaucoup de pays
étrangers ?
Hélas peu de chose, il faut avoir le courage
de le dire. Si on passe vite en revue les erreurs
qui ont abouti à ce constat sévère,
certes, mais sur le fond peu contestable, il faut
expliquer un enchaînement d’erreurs imposant
chaque fois au viticulteur de bonne foi, un mauvais
choix.
Dans le courant des années soixante, on a conseillé,
via toutes les chambres d’agriculture, l’utilisation
du désherbant sans préciser aux viticulteurs,
peut-être trop crédules, que ces produits
tuaient lentement presque tous les micro-organismes
du sol et qu’en leur absence aucune racine ne
peut se nourrir de son terroir. 5 à 10 ans
après, la vigne ne poussait plus et il a donc
fallu avoir recours à des facteurs artificiels
de croissance sous forme d’engrais chimiques
qui finalement forcent la plante à absorber
plus d’eau.
Ce nouveau déséquilibre a accentué
bien sûr l’impact des maladies et au lieu
de continuer à traiter comme dans le passé
avec des produits qui restent à l’extérieur
de la feuille, on a inventé les “systémiques”
qui vont, dans la demi-heure après leur passage,
entrer dans la sève et ainsi définitivement
empêcher une maladie. Personne ne s’est
inquiété du fait que le déséquilibre
à l’origine de ces maladies n’était
pas guéri et pouvait générer
ultérieurement de nouvelles ma-ladies ; ni
que cette sève est le lien de la vigne au soleil
et donc pour le vin, le lien au goût, à
la couleur, aux arômes, à sa capacité
de vieillir, etc.
Toutes ces qualités, avec le temps et la mort
des terroirs, devenant très amoindries, on
a alors créé cette technologie de cave
que le client non informé prend pour de la
qualité. Sans entrer dans le détail,
l’amateur de vin sait –il qu’on
peut utiliser jusqu’à 300 levures aromatiques
qui donnent 300 goûts arbitraires dans le vin
allant de la ba-nane aux fruits rouges ? ou que par
osmose on peut concentrer le vin jusqu’au stade
d’un concentré de jus d‘orange
? Bien sûr, dans un premier temps, ceci a été
très bénéfique commercialement
mais maintenant les clients découvrent que
des vins étrangers beaucoup moins onéreux,
faits avec la même technologie – disponibles
dans le monde entier – ont le même goût
!
C’est le début de la crise des vins français,
alors que paradoxalement la France est un des pays
au monde qui a la plus grande diversité et
qualité de terroir (comprendre sol/microclimat)
donc un des pays le mieux armé pour vendre
ses vins dans le monde entier si l’agriculture
avait été plus intelligemment enseignée.
Une fois encore, le long terme a été
sacrifié pour le court terme.
Tout ceci nous permet de mieux saisir les raisons
de ce retour incontournable à une meilleure
compréhension des lois qui sont derrière
les forces de la nature pour les accentuer (biodynamie).
Agriculture raisonnée :
Qu’est-elle ? Un peu moins de chimie seulement,
peut-être 20 %.
Cela permet-il à l’appellation de mieux
s’exprimer ? À mon avis, clairement non,
puisque cette lé-gère baisse de pollution
ne permet tout simplement pas un retour à la
vie naturelle. Clairement, je conseille aux viticulteurs
qui ont pris conscience des faiblesses que je viens
d’évoquer ci-dessus de ne plus perdre
de temps avec ce faux retour à la nature et
de consacrer leurs énergies sur un hectare
en biologie ou biodynamie pour voir comment peut s’opérer
un retour à la vie naturelle plutôt que
de perdre du temps et de l’argent vers un progrès
plus réel sur la forme que sur le fond.
Agriculture biologique :
En agriculture biologique il y a par contre un progrès
réel ; finalement le viticulteur se rend compte
que les lois et le système vivant qui est derrière
sa vigne, sa croissance, sa qualité, sont beaucoup
plus compliqués qu’on ne lui avait dit
et vont beaucoup plus loin. Ce sont de vastes chaînes
de vie qui passent par les animaux, les oiseaux, la
faune, le paysage, etc. et qui se prolongent dans
le sol sous forme de micro-organismes qui vont aider
la vigne par leurs infinies diversités à
mieux saisir tous les aspects subtils de l’appellation.
La photosynthèse qui est à la source
de plus de 80 % de la nouvelle matière sèche
que fait apparaître une vigne chaque année
(bois, sarment, feuille, fruit) n’est finalement
que de la non-matière, donc de l’air,
de la chaleur, de la lumière que la plante
sait densifier en cellulose, sucres, etc. C’est
dans ces actions complexes et invisibles que se font
la qualité, l’harmonie, la grandeur d’un
vin. Le viticulteur en biologie a pris conscience
de ces faits et fait tout ce qu’il peut pour
qu’aucun de ses actes agricoles n’entrave
ce mystère profond qu’est la photosynthèse.
Donc, tous les produits chimiques de synthèse
que la nature ne sait pas “gérer”,
comme les désherbants, insecticides, etc. sont
bien sûr systématiquement exclus. Et
le retour des forces de vie permet bien sûr
une résistance chaque année accrue aux
maladies ; ce principe de la maladie qui n’est
qu’une déficience des forces vitales
peut bien entendu être longuement approfondi.
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Agriculture
biodynamique :
L’agriculture en biodynamie franchit une étape
supplémentaire qui n’est pas toujours
bien comprise.
Prenons un exemple pour faciliter sa compréhension.
Quand un animal vient de mourir, tout son corps va
très vite, en étant soumis aux lois
de la terre, revenir sous forme d’éléments
très simples. La question qu’il faut
alors poser : où sont les forces qui avaient
construit cet animal, qui lui avaient donné
toute sa spécificité, ses formes, etc.
? Ces forces sont énergétiques puisqu’à
la mort de l’animal cette absence de vie ne
se pèse pas.
Il y a donc bien un monde créateur de vie sous
forme d’un système énergétique
qui commence du reste à être mieux appréhendé
par nos physiciens avec la résonance magnétique,
etc.
Sur terre, il y a en permanence le mariage peut-on
dire de lois proprement terrestres et de lois “autres”,
ou peut-être “solaires” pour simplifier
quelque chose de passionnant et de complexe. Ce système
peut être stimulé dans le sol ou dans
la plante par des préparations naturelles qui
n’ont pas besoin d’être quantitativement
importantes puisqu’elles agissent comme un relais
énergétique. Avec un portable, on parle
à quelqu’un par un système d’ondes
que l’on a du reste installé artificiellement
autour de la terre. Nul ne songe à penser au
poids d’ondes que l’on utilise. Ce lien
ne se pèse pas car il agit autrement.
En créant la biodynamie, Rudolf Steiner finalement
accroît le lien de la plante avec un système
énergétique qui existe depuis la nuit
des temps. C’est la première fois qu’une
agriculture ouvre cette porte qui permet de lier la
plante plus à un processus potasse, silice,
calcium, fer, etc. On n’agit pas par un apport
physique mais par un lien qui développe un
processus physique.
C’est un énorme progrès car finalement
on limite les effets négatifs de pollutions
hertziennes créées par l’homme
et qui, sans qu’il en soit pris conscience,
limite ce lien énergétique entre la
plante et la matrice qui lui donne vie.
Cette compréhension peut aider chacun à
saisir le côté inquiétant de ces
saturations d’ondes que l’on impose dans
les villes avec les portables, émetteurs, GPS,
micro-ondes, radars, etc. dont la densité ne
cesse de s’accroître et devient finalement
dangereuse pour les champs énergétiques
vivants dont la vie de l’homme dépend
! ceci est un peu développé dans mon
livre “Le Vin du Ciel à la Terre”.
On comprend donc que la biodynamie, quand elle est
appliquée avec compréhension, permet
de renforcer la descente dans le raisin de tous ces
champs qualitatifs qui rendent le vin médicinal
; que l’agriculture conventionnelle en est l’inverse.
On comprend donc désormais pourquoi, avec une
agriculture de ce type, le travail au cellier redevient
minimal puisque ce qui a été saisi par
la vigne est plein d’harmonie et de force ;
de ce fait le comportement du vin au cellier redevient
raisonnable presque sans l’intervention de l’homme
; l’AOC s’exprime dans toute sa force
passée. Chaque viticulteur qui est sur cette
route peut le confirmer.
Nul doute que l’avenir de la France et de ses
vins et que le retour à la compréhension
profonde des appellations, passent par cette nouvelle
agriculture destinée à pro-duire le
vin le plus naturel possible, donc biologique. Chacun
peut en être convaincu en voyant chaque mois
des noms mondialement connus faire le choix de cette
agriculture après quelques années d’essai.
Bien sûr, cette approche gêne une conception
plus industrielle du vin. Les deux approches à
mon avis ont leur place ; le seul point important
est que le consommateur ait la liberté de son
choix grâce à une contre-étiquette
qui l’informe dans le détail de ce que
le vin a subi ou non, comme ceci est du reste obligatoire
dans le domaine alimentaire.
Il faut reconnaître l’effort important
des viticulteurs français. En effet, on comptabilise
aujourd’hui, repérables sur Internet,
430 propriétaires ou caves en culture biologique
et 100 en biodynamie. Sans compter ceux qui ne veulent
pas le dire craignant que l’on associe bio et
mauvaise qualité gustative. Il faut aussi féliciter
nos amis suisses qui, avec le label VINATURA, élèvent
leur vin en bio et en biodynamie et élaborent
de remarquables produits rendant hommage à
leur compatriote Rudolf Steiner.
La nécessité de culture plus naturelle
du vin est aussi valable pour tous les autres fruits
et légumes que nous consommons ainsi que tous
les modes d’élevage (n’oublions
pas l’épisode de la vache folle ou l’homme
ayant perdu partiellement la raison voulait transformer
un herbivore en omnivore sous prétexte que
cela rendait plus facile et plus rentable l’élevage). |