Dr Bernard ACQUIER
Président de l’UMEBE. Union Médicale Européenne Bio Energie
Nicolas JOLY
Vigneron/ Écrivain (Val-de-Loire)
Vin et société
Le vin fait partie de la vie des hommes depuis plus de 2000 ans. Si ce breuvage porteur de joie et de spiritualité a survécu au temps, s’il nous accompagne dans beaucoup de circonstances, c’est que nous lui reconnaissons quelques vertus.
Agriculture (viticulture)
Pour parler du vin, il faut avant tout aborder cette formidable création française que sont les Appellations d’Origines Contrôlées dites AOC.
Dans les années trente, on avait compris que le goût d’un vin marié à un certain cépage peut être dans un certain endroit formidablement original et qu’il convenait de protéger cette originalité pour le consommateur. En achetant cette AOC, il avait la garantie d’un goût unique au monde car nulle part le mariage d’un certain sol avec un climat ou microclimat ne se ressemble vraiment.

Que reste-t-il de ce concept repris par beaucoup de pays étrangers ?
Hélas peu de chose, il faut avoir le courage de le dire. Si on passe vite en revue les erreurs qui ont abouti à ce constat sévère, certes, mais sur le fond peu contestable, il faut expliquer un enchaînement d’erreurs imposant chaque fois au viticulteur de bonne foi, un mauvais choix.
Dans le courant des années soixante, on a conseillé, via toutes les chambres d’agriculture, l’utilisation du désherbant sans préciser aux viticulteurs, peut-être trop crédules, que ces produits tuaient lentement presque tous les micro-organismes du sol et qu’en leur absence aucune racine ne peut se nourrir de son terroir. 5 à 10 ans après, la vigne ne poussait plus et il a donc fallu avoir recours à des facteurs artificiels de croissance sous forme d’engrais chimiques qui finalement forcent la plante à absorber plus d’eau.
Ce nouveau déséquilibre a accentué bien sûr l’impact des maladies et au lieu de continuer à traiter comme dans le passé avec des produits qui restent à l’extérieur de la feuille, on a inventé les “systémiques” qui vont, dans la demi-heure après leur passage, entrer dans la sève et ainsi définitivement empêcher une maladie. Personne ne s’est inquiété du fait que le déséquilibre à l’origine de ces maladies n’était pas guéri et pouvait générer ultérieurement de nouvelles ma-ladies ; ni que cette sève est le lien de la vigne au soleil et donc pour le vin, le lien au goût, à la couleur, aux arômes, à sa capacité de vieillir, etc.
Toutes ces qualités, avec le temps et la mort des terroirs, devenant très amoindries, on a alors créé cette technologie de cave que le client non informé prend pour de la qualité. Sans entrer dans le détail, l’amateur de vin sait –il qu’on peut utiliser jusqu’à 300 levures aromatiques qui donnent 300 goûts arbitraires dans le vin allant de la ba-nane aux fruits rouges ? ou que par osmose on peut concentrer le vin jusqu’au stade d’un concentré de jus d‘orange ? Bien sûr, dans un premier temps, ceci a été très bénéfique commercialement mais maintenant les clients découvrent que des vins étrangers beaucoup moins onéreux, faits avec la même technologie – disponibles dans le monde entier – ont le même goût !
C’est le début de la crise des vins français, alors que paradoxalement la France est un des pays au monde qui a la plus grande diversité et
qualité de terroir (comprendre sol/microclimat) donc un des pays le mieux armé pour vendre ses vins dans le monde entier si l’agriculture avait été plus intelligemment enseignée. Une fois encore, le long terme a été sacrifié pour le court terme.
Tout ceci nous permet de mieux saisir les raisons de ce retour incontournable à une meilleure compréhension des lois qui sont derrière les forces de la nature pour les accentuer (biodynamie).

Agriculture raisonnée :
Qu’est-elle ? Un peu moins de chimie seulement, peut-être 20 %.
Cela permet-il à l’appellation de mieux s’exprimer ? À mon avis, clairement non, puisque cette lé-gère baisse de pollution ne permet tout simplement pas un retour à la vie naturelle. Clairement, je conseille aux viticulteurs qui ont pris conscience des faiblesses que je viens d’évoquer ci-dessus de ne plus perdre de temps avec ce faux retour à la nature et de consacrer leurs énergies sur un hectare en biologie ou biodynamie pour voir comment peut s’opérer un retour à la vie naturelle plutôt que de perdre du temps et de l’argent vers un progrès plus réel sur la forme que sur le fond.

Agriculture biologique :
En agriculture biologique il y a par contre un progrès réel ; finalement le viticulteur se rend compte que les lois et le système vivant qui est derrière sa vigne, sa croissance, sa qualité, sont beaucoup plus compliqués qu’on ne lui avait dit et vont beaucoup plus loin. Ce sont de vastes chaînes de vie qui passent par les animaux, les oiseaux, la faune, le paysage, etc. et qui se prolongent dans le sol sous forme de micro-organismes qui vont aider la vigne par leurs infinies diversités à mieux saisir tous les aspects subtils de l’appellation.
La photosynthèse qui est à la source de plus de 80 % de la nouvelle matière sèche que fait apparaître une vigne chaque année (bois, sarment, feuille, fruit) n’est finalement que de la non-matière, donc de l’air, de la chaleur, de la lumière que la plante sait densifier en cellulose, sucres, etc. C’est dans ces actions complexes et invisibles que se font la qualité, l’harmonie, la grandeur d’un vin. Le viticulteur en biologie a pris conscience de ces faits et fait tout ce qu’il peut pour qu’aucun de ses actes agricoles n’entrave ce mystère profond qu’est la photosynthèse.
Donc, tous les produits chimiques de synthèse que la nature ne sait pas “gérer”, comme les désherbants, insecticides, etc. sont bien sûr systématiquement exclus. Et le retour des forces de vie permet bien sûr une résistance chaque année accrue aux maladies ; ce principe de la maladie qui n’est qu’une déficience des forces vitales peut bien entendu être longuement approfondi.

  Agriculture biodynamique :
L’agriculture en biodynamie franchit une étape supplémentaire qui n’est pas toujours bien comprise.
Prenons un exemple pour faciliter sa compréhension. Quand un animal vient de mourir, tout son corps va très vite, en étant soumis aux lois de la terre, revenir sous forme d’éléments très simples. La question qu’il faut alors poser : où sont les forces qui avaient construit cet animal, qui lui avaient donné toute sa spécificité, ses formes, etc. ? Ces forces sont énergétiques puisqu’à la mort de l’animal cette absence de vie ne se pèse pas.
Il y a donc bien un monde créateur de vie sous forme d’un système énergétique qui commence du reste à être mieux appréhendé par nos physiciens avec la résonance magnétique, etc.
Sur terre, il y a en permanence le mariage peut-on dire de lois proprement terrestres et de lois “autres”, ou peut-être “solaires” pour simplifier quelque chose de passionnant et de complexe. Ce système peut être stimulé dans le sol ou dans la plante par des préparations naturelles qui n’ont pas besoin d’être quantitativement importantes puisqu’elles agissent comme un relais énergétique. Avec un portable, on parle à quelqu’un par un système d’ondes que l’on a du reste installé artificiellement autour de la terre. Nul ne songe à penser au poids d’ondes que l’on utilise. Ce lien ne se pèse pas car il agit autrement.
En créant la biodynamie, Rudolf Steiner finalement accroît le lien de la plante avec un système énergétique qui existe depuis la nuit des temps. C’est la première fois qu’une agriculture ouvre cette porte qui permet de lier la plante plus à un processus potasse, silice, calcium, fer, etc. On n’agit pas par un apport physique mais par un lien qui développe un processus physique.
C’est un énorme progrès car finalement on limite les effets négatifs de pollutions hertziennes créées par l’homme et qui, sans qu’il en soit pris conscience, limite ce lien énergétique entre la plante et la matrice qui lui donne vie.
Cette compréhension peut aider chacun à saisir le côté inquiétant de ces saturations d’ondes que l’on impose dans les villes avec les portables, émetteurs, GPS, micro-ondes, radars, etc. dont la densité ne cesse de s’accroître et devient finalement dangereuse pour les champs énergétiques vivants dont la vie de l’homme dépend ! ceci est un peu développé dans mon livre “Le Vin du Ciel à la Terre”.
On comprend donc que la biodynamie, quand elle est appliquée avec compréhension, permet de renforcer la descente dans le raisin de tous ces champs qualitatifs qui rendent le vin médicinal ; que l’agriculture conventionnelle en est l’inverse.
On comprend donc désormais pourquoi, avec une agriculture de ce type, le travail au cellier redevient minimal puisque ce qui a été saisi par la vigne est plein d’harmonie et de force ; de ce fait le comportement du vin au cellier redevient raisonnable presque sans l’intervention de l’homme ; l’AOC s’exprime dans toute sa force passée. Chaque viticulteur qui est sur cette route peut le confirmer.
Nul doute que l’avenir de la France et de ses vins et que le retour à la compréhension profonde des appellations, passent par cette nouvelle agriculture destinée à pro-duire le vin le plus naturel possible, donc biologique. Chacun peut en être convaincu en voyant chaque mois des noms mondialement connus faire le choix de cette agriculture après quelques années d’essai. Bien sûr, cette approche gêne une conception plus industrielle du vin. Les deux approches à mon avis ont leur place ; le seul point important est que le consommateur ait la liberté de son choix grâce à une contre-étiquette qui l’informe dans le détail de ce que le vin a subi ou non, comme ceci est du reste obligatoire dans le domaine alimentaire.
Il faut reconnaître l’effort important des viticulteurs français. En effet, on comptabilise aujourd’hui, repérables sur Internet, 430 propriétaires ou caves en culture biologique et 100 en biodynamie. Sans compter ceux qui ne veulent pas le dire craignant que l’on associe bio et mauvaise qualité gustative. Il faut aussi féliciter nos amis suisses qui, avec le label VINATURA, élèvent leur vin en bio et en biodynamie et élaborent de remarquables produits rendant hommage à leur compatriote Rudolf Steiner.
La nécessité de culture plus naturelle du vin est aussi valable pour tous les autres fruits et légumes que nous consommons ainsi que tous les modes d’élevage (n’oublions pas l’épisode de la vache folle ou l’homme ayant perdu partiellement la raison voulait transformer un herbivore en omnivore sous prétexte que cela rendait plus facile et plus rentable l’élevage).
 
 

 

 

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