Dr Bernard ACQUIER
Président de l’UMEBE. Union Médicale Européenne Bio Energie
Nicolas JOLY
Vigneron/ Écrivain (Val-de-Loire)
Vin et société
Le vin fait partie de la vie des hommes depuis plus de 2000 ans. Si ce breuvage porteur de joie et de spiritualité a survécu au temps, s’il nous accompagne dans beaucoup de circonstances, c’est que nous lui reconnaissons quelques vertus.
Santé et longévité, y a-t-il une formule miracle ?
Il n’y a pas de formule miracle. Le French paradox, devenu mediterranean paradox est passé de mode, nous sommes maintenant au ré-gime crétois (tous les magazines et les journaux nous l’évoquent régulièrement).
Que faut-il penser ?
Première réflexion. Devant l’augmentation en Europe de l’obésité, facteur déclenchant du diabète et du risque de maladies cardiovasculaires, il est majeur d’informer le grand public sur les moyens de s’alimenter au lieu de le laisser aux tentations multiples des grands centres de distribution. Nous devons nous dresser contre la mal-bouffe et ne pas réserver l’éducation nutritionnelle aux élites intellectuelles, il faut que l’information descende dans la rue. Si nous arrivons à faire passer le message qu’une alimentation équilibrée de qualité en quantité nécessaire, ainsi qu’un exercice physique, permettent une bonne santé, nous aurons gagné et les dépenses de santé diminueront.
Supposons que le message soit passé, que doit comporter notre alimentation pour protéger notre santé et nous assurer une longévité satisfaisante ?
  Ils constatent que les Français mangent plus et ne mangent pas mai-gres, boivent du vin et ont moins d’accidents cardiovasculaires. Ils ont appelé cela le French paradox. Depuis on s’est aperçu que ce phénomène concernait plus les régions du sud et du sud-ouest de la France et que l’on retrouvait cette situation dans le pourtour méditerranéen occidental.
Le French paradox est donc devenu mediterranean paradox après l’étude de l’OMS : étude MONICA.
En affinant la comparaison, on a remarqué que les Crétois avaient une longévité accrue, on s’aperçoit que leur alimentation comporte : huile d’olive, huile de colza, fruits et légumes, poisson, pain, vin et très peu de viande (quand il y a viande, viande blanche, volaille). Leur environnement est privilégié, il y a peu de pollution.

Conclusion :

Culture, alimentation, santé et plaisir vont de pair. En effet, si les cultures nous permettent d’obtenir des produits sains, il sera facile d’éla-borer une cuisine de qualité conservant la saveur des produits et ce accompagné de vin nous permettant de retrouver les véritables arômes de leur terroir. Il est donc important de convaincre nos agriculteurs de développer les cultures biologiques et biodynamique.


Concours de la photographie du Vigneron Indépendant - 2003



Beaucoup d’antioxydants : si nous sommes attaqués de l’intérieur comme de l’extérieur par de plus en plus de radicaux libres, il nous faut les combattre par de plus en plus d’antioxydants.
Nous vous avons démontré le rôle important du vin dans cette mission de défense. Il était déjà présent dans le régime crétois avec huile d’olive, huile de colza, fruits et légumes, poisson, pain et peu de viande.
Le régime crétois certes associait santé et longévité à cette population mais elle avait à sa disposition des aliments sains et un environnement de qualité.
Notre société industrielle a amené une alimentation abondante et insipide, les populations ont perdu le contact avec la réalité des cultures et de l’élevage.
La ration alimentaire est de plus en plus équilibrée mais la qualité n’est plus assez présente.
L’équilibre nutritionnel s’est amé-lioré mais pas la qualité alimentaire : trop de chimique dans notre alimentation .
Dans l’alimentation, en dehors des antioxydants, il nous faut trouver les oligo-éléments et les sels minéraux nécessaires à notre métabo-lisme.
Donc, une alimentation avec des légumes de saison, des fruits de saison qui ont une valeur nutritive maximale et si possible élevés sans pesticides (40 % des fruits, selon une étude de la commission européenne d’octobre 2002, présentent des résidus pesticides, la France n’est pas bien placée).
Il faut réaliser des repas équilibrés.
Les oméga 3 sont aussi indispensables à notre métabolisme.


Définition des oméga 3 :
Les oméga 3 sont des acides gras polyinsaturés. Ceux que notre corps peut assimiler sont appelés EPA et DHA. La source est surtout marine : maquereau, saumon, morue. Ils sont indispensables à l’homme car ce sont des constituants naturels des membranes cellulaires, constituant l’épiderme. L’organisme humain ne peut les synthétiser.
Ils participent à la régulation du transport du cholestérol, ce sont les lipides de la bonne santé.
Parmi les poissons les moins chers et les plus qualitatifs, le maquereau et la sardine contiennent beaucoup d’oméga 3.
Les oméga 3 se retrouvent dans les huiles de tournesol, colza, noix, pépins, soja. L’huile de noix est la plus riche (69 à 78 %). Pour les graisses animales, préférer le porc (8 %), le lait (4 à 8 %), le jaune d’œuf (9 %). La graisse d’oie a 6,5 % d’acides, ce qui fait dire qu’elle n’est pas cholestérique.
Le maquereau contient 2,5 g/100 g de EPA et DHA.
Les besoins journaliers d’oméga 3 sont de 30 g/jour. En général, les besoins journaliers ne sont couverts qu’à 50 %. Il faut si nécessaire se supplémenter.

Du French paradox au régime crétois :

Les Américains qui souffrent d’obésité et de maladies cardiovasculaires reçoivent des professionnels de santé les consignes de manger peu et de manger maigre.

 

Il faut également former le consommateur pour qu’il apprenne à
retrouver et apprécier le goût des produits naturels. Il faut aussi lui expliquer les nécessités nutritionnelles pour inclure dans son alimentation quotidienne, qui ne doit pas excéder ses besoins, les éléments qu’il ne peut synthétiser lui-même : oméga 3, oligo-élément, sels minéraux et vitamine C, qu’il trouvera dans les produits de saison et les produits frais. Cette alimentation équilibrée lui permettra de faire face à ses propres besoins quotidiens et lui évitera la surcharge alimentaire et les troubles causés par les excès de sucre et de graisse. Tout ceci est source de sensibles économies de santé et permet une meilleure protection de l’environnement.




Références
• Renaud S., Guégen R., Siest G. and Salmon R. Wine, beer, and mortality in middle-aged men from eastern France. Arch. Int. Med. 1999 ; 159 : 1865.
• Epidemiology, juillet 1992, vol.3 n°4
• Pr Elias Castanas, Pr en Endocrinologie expérimentale, Université de Crète, Ecole de médecine, Heraklion, Grèce. “Le régime crétois”.
• M. Grimbaum – ITV – Orange centre technique professionnel de la vigne et du vin. “De la vigne au verre : résidus phytosanitaires, y a-t-il danger ?”
• P. Leenhardt Œnologue – LPL œnologie et V. Pechaur, consultante chargée de mission. “L’assurance qualité : un outil d’aide à la gestion d’un vignoble”.
• Dr S. Renaud rappelle que certaines des premières découvertes sur les prémices du “Paradoxe français” (l’étude de Framingham) n’ont pas été publiées tout de suite (c’était en 1970) par crainte qu’elles ne représentent une incitation à la boisson.
• Valmadrid C.T., Klein R., Moss S.E. et al. Alcohol intake and the risk of coronary heart disease mortality in persons with older-onset diabetes mellitus. Jama. 1999 ; 282 : 239-246.
• Cheynier V., Moutounet M., Sarni-Manchado P. Œnologie : fondements scientifiques et technologiques. TecDoc, Paris, Londres, New York, 1998.
• Besançon P., Debosque S., Delpeuch F., Descomps B., Gerber M., Léger C., Padilla M.,
• Puygrenier M. (2000). Alimentation Méditerrannée et santé : actualités et perspectives. Ouvrage collectif coordonné par Agropolis, Montpellier, France. John Libbey Eurotext, Paris.
• Pr S. Renaud et R. Guegen, Université de Bordeaux 2 et centre de Médecine Préventive, Nancy. “Vin et santé”.
• Pr Roger Bessis, Insitut Jules Guyot, Université de Bourgogne, Dijon. Dr Denis Blache, INSERM, Laboratoire de Nutrition Lipidique, INRA, Dijon.
Pr Philippe Jeandet, Laboratoire d’œnologie UFR Sciences exactes et naturelles, Reims. “Resvératrol, modération et santé”.
• German B, Walzem RL. The health benefits of wine. Ann Rev Nutr. 2000 : 561-593.
• Sacco RL, Elkind M, Boden – Albala B et al. The protective effect of moderate alcohol consumption on ischemic stroke. JAMA 1999 ; 281: 53-60.
• Dr Michel de Lorgeril, Patricia Salen et Pr Joel de Leiris, Université Joseph Fourrier de Grenoble.
“Le concept de French paradox : controverse scientifique ou conflit d’intérêt ?”

 

 

 

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