Les
effets cardioprotecteurs
des constituants non alcooliques du vin
Le vin contient, on le sait, un certain nombre de
constituants non alcooliques dont l'identification
suscite d'intenses recherches. Les effets biologiques
de ces substances donnent lieu également
à de nombreux travaux et, malgré la
relative jeunesse de ce thème de recherche,
la moisson est plutôt joyeuse. On ne peut
évidemment pas dans ce court article résumer
(d'autres y seraient bien plus compétents)
l'état des recherches sur, à titre
d'exemple, les polyphénols du vin. Ces substances
sont nombreuses dans le vin (souvent à fortes
concentrations) et apparemment biologiquement très
actives, notamment comme antioxydants. Ceci dit,
les antioxydants n'ont pas à ce jour fait
définitivement la preuve de leur importance
(ou de leur utilité clinique) et nous aurons
la prudence de ne pas entamer une discussion sur
ce sujet.
Si l'on restreint volontairement cet article à
l'hypothèse d'un effet directement myocardique
(comme discuté ci-dessus à propos
de l'alcool) de la consommation de vin, la question
suivante serait de savoir si, outre l'alcool, et
parmi les nombreux constituants non alcooliques
du vin, il y en aurait un ou plusieurs susceptibles
d'avoir aussi un effet myocardique direct et protecteur
(préconditionnant). |
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Cette
possibilité a été testée
par certains laboratoires américains et les
résultats publiés à ce jour
(qui demandent confirmation) indiquent qu'effectivement
au moins deux types de substances du vin pourraient
avoir un effet cardioprotecteur via un effet myocardique
direct, les anthocyanidines et le resvératrol.
Avec ces types de substances, manipulées
jusqu'à présent de façon très
artificielle (par comparaison avec ce qu'est la
consommation d'alcool par des humains), on a pu
montrer que, comme avec l'alcool, on pouvait induire
une sorte d'immunité anti-ischémique,
un préconditionnement. L'effet est peut-être
moins net qu'avec l'alcool mais la possibilité
d'effets synergiques n'est pas exclue et on ne dispose
pas d'études comparatives.
Le resvératrol, en particulier, se révèle
être une substance très prometteuse
pour expliquer la cardioprotection par le vin puisque
l'on a retrouvé des récepteurs spécifiques
de cette substance au niveau du myocarde de plusieurs
espèces animales et chez l'homme.
Conclusion
Le mystère est-il résolu ?
Certes non. Toutefois, pour la première fois
dans la courte histoire des recherches sur les propriétés
cardioprotectrices du vin, nous avons l'impression
de tenir une explication réaliste qui, au
moins en partie, devrait permettre de mieux comprendre
la biologie du vin et de ses constituants dans l'organisme
humain, notamment au niveau du cœur.
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