Nombreux paramètres
fonctionnels et biochimiques sont activés à
la surface et dans le cytoplasme de la cellule en
étroite connexion pour que l’apoptose
puisse avoir lieu.
Il convient d’en mentionner quelques-uns parmi
les plus fréquents, tels que la fragmentation
“internucléosomale” de l’ADN,
l’accroissement de perméabilité
de la membrane plasmique, l’activation des enzymes
membranaires de transport et de la transmission des
signaux, des enzymes cytosoliques telles que les transglutaminases
et la série des caspases exécutrices
efficaces de l’apoptose, l’activation
du cycle de la sphingomyéline avec synthèse
accrue de céramide, son constituant principal,
la réduction de l’activité mitochondriale
avec libération dans le cytoplasme de l’enzyme
cytochrome C constituant de la chaîne de transport
électronique, la formation des radicaux libres
ou ROS (espèces oxygénées réactives)
responsables des mécanismes oxydants qui affectent
directement les acides nucléiques, les lipides
et les protéines de la cellule, ou encore le
contrôle du système d’activateurs
et d‘inhibiteurs de l’apoptose.
Or s’il est établi que les polyphénols
du vin piègent d’abord les radicaux libres,
néanmoins leur effet pléiotropique sur
les différents aspects du processus de mort
cellulaire n’est pas loin d’être
éclairci.
Protection des polyphénols
contre l’oxydation intracellulaire
Les polyphénols du raisin, présents
dans la pellicule et les pépins de la baie
ainsi que dans les rafles, se retrouvent dissous dans
le vin (teneur de 2 à 4 grammes par litre de
vin rouge) après macération et extraction
alcoolique lors de la vinification.
Les polyphénols se subdivisent grosso modo
en quatre groupes principaux constitués par
: les composés phénoliques aromatiques
et volatils, les stilbènes dont le plus célèbre
est le resvératrol, les flavanoïdes comprenant
les anthocyanidines, les protoantocyanes colorés,
les catéchines et les tannins catéchiques
qui lors de la maturation se concentrent dans la pellicule
de la baie, et finalement les flavonoles jaunes
[figure 4].
Le rôle des polyphénols est de contribuer
au pouvoir antioxydant du vin rouge, grâce aux
groupes hydroxyles branchés sur le noyau phénolique,
qui protège les lipides et les complexes structuro-fonctionnels
de la membrane cellulaire ainsi que les parois des
vaisseaux contre l’action oxydante des radicaux
libres, dont le phénomène le plus redouté
est le vieillissement des tissus et des cellules.
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À la classe des stilbènes appartient
le resvératrol [RS], une phytoalexine polyphénolique
non flavonoïde produite par la vigne en réponse
aux attaques parasitaires et au stress de l’environnement,
concentré sous la forme isomérique trans
dans la pellicule des baies lors de la maturation
(100 µg/g de pellicule) ainsi que dans le vin
rouge (1,5-12 mg par litre de vin rouge) [figure 5].
Plusieurs études expérimentales ont
montré que le resvératrol(3) possède
une large palette d’activité biologique
et pharmacologique qui inclut le contrôle du
métabolisme des lipides, l’inhibition
de l’oxydation des lipoprotéines circulantes
à faible densité [LDL] et de l’agrégation
des plaquettes sanguines, la protection cardiovasculaire(4)
en passant par l’action anti-inflammatoire et
à la capacité modulatrice du système
immunologique(5).

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