Dr Pascal POSSOZ
Médecin alcoologue, Montpellier
Mr André NICOUL
Animateur au Centre de Post-Cure de
Lodève et membre
des A.A.
 
Au Pr. Cabrol, aux Dr Aïder et Al Mallak, aux A.A. de Lodève

Les médecins alcoologues préconisent
des règles :

  • Ne pas boire pendant la grossesse
  • Ne pas inciter à la consommation
  • Lutter contre les brasseurs qui fabriquent des bières à très haut risque ainsi que des prémix et contre les producteurs de vin et d’autres alcools qui ne respecteraient pas les règles de la prévention.
  • Apprendre à boire
  • Craindre et repérer les alcools frelatés et de fabrication artisanale

Ne pas boire pendant la grossesse

Le placenta n’est pas une barrière pour l’éthanol. Un verre pour la femme correspond à 4 verres pour le fœtus. Les pédiatres ont enfin compris la dangerosité. Une alcoolisation pendant les trois premiers mois de grossesse entraîne une embryo-fœtopathie alcoolique avec malformations et débilité.
L’alcoolisation après cette période d’organogenèse entraîne des retards de croissance intra-utérine et une alcoolisation avant l’accouchement entraîne un syndrome de sevrage pour le nouveau-né.

De nombreuses anomalies neurologiques encore en voie d’exploration et d’observation découlent de l’alcoolisation de la parturiente. Le conseil est donc à respecter. Pas d’alcoolisation.

Ne pas inciter à la consommation

La loi Evin a produit des effets extrêmement positifs sur les conduites d’alcoolisation. Pour s’en convaincre, il suffit de franchir les frontières. En Italie, les brasseurs subventionnent les manifestations sportives et la bière encercle les stades sur des banderoles et sur les tee-shirts largement distribués. La pression est considérable et les effets dévastateurs. Le débat de la limitation de la loi pour la publicité sur le vin est une question de société autant économique qu’éthique.

Le vin est incriminé dans la genèse des maladies d’alcool. Les œnologues savent donner les mots et le sens du vin. Leur discours permet de donner les règles. Ils doivent impérativement connaître la maladie comme les alcoologues doivent apprendre à reconnaître les bienfaits.
Dans ce débat qui relève d’une décision collective, il serait bon que les producteurs engagent avec les alcoologues une discussion permettant de créer et de financer des structures de soins. Il serait également bon que les alcoologues ne s’éloignent pas de la réalité et n’en oublient pas que les médecins s’ils connaissent la maladie, n’ont pas le monopole de la santé qui se définit comme la liberté d’agir et de penser.

Empêcher les suralcoolisations

Les bières fortement titrées à 8,6° ou 10° correspondent à des alcools à 40° du fait de la disponibilité de l’éthanol. Ils sont utilisés par les héroïnomanes qui se sevrent pour des équivalents de “défonce”.
Elles créent des alcoolémies importantes et induisent des comas chez les adolescents. Les Prémix, cocktails préfabriqués, sont créés pour induire des addictions à des alcools de mauvaises qualités : bourbon, vodka… Ils devraient être retirés du commerce.

Face aux industriels, les moyens d’action sont très limités. Le problème de santé publique est cependant considérable car la population des jeunes consomme régulièrement ces alcools en bouteille et les adolescents les absorbent dans ce qu’ils appellent des “fêtes” et dans les lieux publics. Ces phénomènes font comprendre le discours des intervenants en alcoologie qui se doivent d’intervenir et de radicaliser leurs positions.

 

 

Apprendre à boire

La rencontre avec l’alcool est quasiment inéluctable. Chacun ou presque doit s’y mesurer. L’alcool crée un état second et l’initiation consiste à savoir gérer cet état second. L’alcool est un rite de passage. L’expérience apprend finalement à savoir contenir ses états seconds ou “transports” vécus également lors des grandes émotions dont l’amour. Il a été utilisé comme tel depuis le début de l’humanité et vraisemblablement le sera jusqu’à la fin des temps.
Il faut donc le domestiquer. Il est nécessaire de diffuser largement une information claire et humaniste sur l’alcool et ses effets. C’est le but des campagnes de prévention dans les écoles et les lieux d’enseignement. Il faut favoriser ces formations.

Les mauvais alcools

L’alcool s’extrait des fruits, des céréales et des plantes. Seul l’éthanol est ingérable. Les autres alcools tuent quasi irrémédiablement. La production des alcools doit se faire par des grands professionnels qui possèdent le savoir, la technique et le talent comme anciennement les bouilleurs de cru. Il est nécessaire de favoriser la qualité des alcools.

L’alcool n’est pas un apéritif (il n’ouvre pas l’appétit) mais il est un des meilleurs digestifs connus. Il faudrait reconnaître ses vertus sans être troublé par son abus et recommandé ce qui est recommandable en s’adressant à l’intelligence et la clairvoyance d’une population qui est plus intelligente et “maligne” que certains ne le pensent. Ainsi pourra-t-elle être prévenue contre les contrefaçons.

Une conclusion impossible

L’alcool est une drogue quand il est utilisé comme un moyen de fonctionnement, quand il ne se limite pas aux règles de la vie commune. Les pathologies se révèlent tardivement après avoir déjà laissé des séquelles graves aux malades, à ses proches, à ses victimes. Le traitement nécessite l’intervention de nombreux professionnels qui s’unissent pour prendre en compte la dimension bio-psychomédico-sociale de la maladie.
Ces professionnels sont las de ne pas pouvoir empêcher la survenue de nouveaux cas et de cas encore plus complexes avec l’apparition de nouvelles drogues de synthèse et la généralisation du cannabis.

La société doit se mobiliser en diffusant des bons messages respectant la réalité de l’usage et la gravité de la situation. En fait chacun doit savoir où il en est.

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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