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Les médecins alcoologues préconisent
des règles :
- Ne pas boire pendant la grossesse
- Ne pas inciter à la consommation
- Lutter contre les brasseurs qui fabriquent des
bières à très haut risque ainsi
que des prémix et contre les producteurs
de vin et d’autres alcools qui ne respecteraient
pas les règles de la prévention.
- Apprendre à boire
- Craindre et repérer les alcools frelatés
et de fabrication artisanale
Ne pas boire pendant la grossesse
Le placenta n’est pas une barrière pour
l’éthanol. Un verre pour la femme correspond
à 4 verres pour le fœtus. Les pédiatres
ont enfin compris la dangerosité. Une alcoolisation
pendant les trois premiers mois de grossesse entraîne
une embryo-fœtopathie alcoolique avec malformations
et débilité.
L’alcoolisation après cette période
d’organogenèse entraîne des retards
de croissance intra-utérine et une alcoolisation
avant l’accouchement entraîne un syndrome
de sevrage pour le nouveau-né.
De nombreuses anomalies neurologiques encore en voie
d’exploration et d’observation découlent
de l’alcoolisation de la parturiente. Le conseil
est donc à respecter. Pas d’alcoolisation.
Ne pas inciter à la consommation
La loi Evin a produit des effets extrêmement
positifs sur les conduites d’alcoolisation.
Pour s’en convaincre, il suffit de franchir
les frontières. En Italie, les brasseurs subventionnent
les manifestations sportives et la bière encercle
les stades sur des banderoles et sur les tee-shirts
largement distribués. La pression est considérable
et les effets dévastateurs. Le débat
de la limitation de la loi pour la publicité
sur le vin est une question de société
autant économique qu’éthique.
Le vin est incriminé dans la genèse
des maladies d’alcool. Les œnologues savent
donner les mots et le sens du vin. Leur discours permet
de donner les règles. Ils doivent impérativement
connaître la maladie comme les alcoologues doivent
apprendre à reconnaître les bienfaits.
Dans ce débat qui relève d’une
décision collective, il serait bon que les
producteurs engagent avec les alcoologues une discussion
permettant de créer et de financer des structures
de soins. Il serait également bon que les alcoologues
ne s’éloignent pas de la réalité
et n’en oublient pas que les médecins
s’ils connaissent la maladie, n’ont pas
le monopole de la santé qui se définit
comme la liberté d’agir et de penser.
Empêcher les suralcoolisations
Les bières fortement titrées à
8,6° ou 10° correspondent à des alcools
à 40° du fait de la disponibilité
de l’éthanol. Ils sont utilisés
par les héroïnomanes qui se sevrent pour
des équivalents de “défonce”.
Elles créent des alcoolémies importantes
et induisent des comas chez les adolescents. Les Prémix,
cocktails préfabriqués, sont créés
pour induire des addictions à des alcools de
mauvaises qualités : bourbon, vodka…
Ils devraient être retirés du commerce.
Face aux industriels, les moyens d’action sont
très limités. Le problème de
santé publique est cependant considérable
car la population des jeunes consomme régulièrement
ces alcools en bouteille et les adolescents les absorbent
dans ce qu’ils appellent des “fêtes”
et dans les lieux publics. Ces phénomènes
font comprendre le discours des intervenants en alcoologie
qui se doivent d’intervenir et de radicaliser
leurs positions.
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Apprendre à boire
La rencontre avec l’alcool est quasiment inéluctable.
Chacun ou presque doit s’y mesurer. L’alcool
crée un état second et l’initiation
consiste à savoir gérer cet état
second. L’alcool est un rite de passage. L’expérience
apprend finalement à savoir contenir ses états
seconds ou “transports” vécus également
lors des grandes émotions dont l’amour.
Il a été utilisé comme tel depuis
le début de l’humanité et vraisemblablement
le sera jusqu’à la fin des temps.
Il faut donc le domestiquer. Il est nécessaire
de diffuser largement une information claire et humaniste
sur l’alcool et ses effets. C’est le but
des campagnes de prévention dans les écoles
et les lieux d’enseignement. Il faut favoriser
ces formations.
Les mauvais alcools
L’alcool s’extrait des fruits, des céréales
et des plantes. Seul l’éthanol est ingérable.
Les autres alcools tuent quasi irrémédiablement.
La production des alcools doit se faire par des grands
professionnels qui possèdent le savoir, la
technique et le talent comme anciennement les bouilleurs
de cru. Il est nécessaire de favoriser la qualité
des alcools.
L’alcool n’est pas un apéritif
(il n’ouvre pas l’appétit) mais
il est un des meilleurs digestifs connus. Il faudrait
reconnaître ses vertus sans être troublé
par son abus et recommandé ce qui est recommandable
en s’adressant à l’intelligence
et la clairvoyance d’une population qui est
plus intelligente et “maligne” que certains
ne le pensent. Ainsi pourra-t-elle être prévenue
contre les contrefaçons.
Une conclusion impossible
L’alcool est une drogue quand il est utilisé
comme un moyen de fonctionnement, quand il ne se limite
pas aux règles de la vie commune. Les pathologies
se révèlent tardivement après
avoir déjà laissé des séquelles
graves aux malades, à ses proches, à
ses victimes. Le traitement nécessite l’intervention
de nombreux professionnels qui s’unissent pour
prendre en compte la dimension bio-psychomédico-sociale
de la maladie.
Ces professionnels sont las de ne pas pouvoir empêcher
la survenue de nouveaux cas et de cas encore plus
complexes avec l’apparition de nouvelles drogues
de synthèse et la généralisation
du cannabis.
La société doit se mobiliser en diffusant
des bons messages respectant la réalité
de l’usage et la gravité de la situation.
En fait chacun doit savoir où il en est.
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