La
vigne, de par sa sensibilité à un large
spectre d’agents potentiellement pathogènes
(virus, phytoplasmes, bactéries, champignons,
insectes), est l’une des plantes cultivées
les plus exigeantes en produits phytosanitaires. Sa
culture et l’obtention d’une vendange
saine dans l’optique d’une production
de qualité imposent une protection quasi constante
pendant tout le cycle végétatif, voire
même pendant sa phase de repos (maladies du
bois).
Ainsi, environ 320 000 tonnes de
substances actives sont consommées annuellement
par le secteur viticole, soit, en tonnage, 50% des
produits phytosanitaires consommés en France
et 1/4 du marché mondial.
La France, 1er pays producteur de
vin de l’Union Européenne à 15
(2001, Agreste), occupe la 2e position mondiale en
tant que pays utilisateur de produits phytosanitaires.
L’utilisation répétée de
produits phytosanitaires n’étant pas
sans conséquences (pollution du sol, des eaux,
de l’atmosphère, résidus dans
les raisins et les vins, résistance des pathogènes),
on assiste depuis quelques années à
une évolution des stratégies vers une
protection raisonnée voire intégrée,
impliquant moins de produits chimiques, dans un souci
de respect de l’environnement, de la santé
du producteur et du consommateur, ainsi que des potentialités
du terroir.
Parmi les recherches engagées
aujourd’hui, on peut citer l’introduction
de plants plus tolérants, sinon résistants
(hybrides, OGM), la lutte biologique et la stimulation
des défenses naturelles de la vigne. C’est
cette dernière voie que nous avons choisi de
développer depuis plusieurs années en
nous attachant en premier lieu à comprendre
les mécanismes de défense de la vigne.
À l’occasion du 10e
anniversaire du guide “Vins et Santé”,
nous proposons un bref résumé de nos
connaissances sur les mécanismes de défense
mis en jeu par la plante lors de l’attaque par
un pathogène, et en particulier sur le rôle
du resvératrol.
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Nous discuterons
ensuite des possibilités de stimulation des
défenses naturelles de la vigne par des éliciteurs.
Chez les plantes, on distingue deux types de mécanismes
de défense : la défense passive ou constitutive,
et la défense active ou inductible, dont la
mise en place requiert la perception d’un signal
d’alerte.
Les défenses passives sont des barrières
de nature physicochimique (pilosité, épaisseur
de la pellicule des baies ou de la cuticule des différents
organes, cires, polyphénols, tannins, lignine,
protéines pariétales) qui constituent
un environnement naturellement défavorable
au développement des pathogènes.
Par exemple, l’épaisseur de la cuticule
varie de 1,5 à 3,8 µm chez les cultivars
de V. vinifera réputés sensibles aux
maladies alors qu’elle peut atteindre respectivement
4 à 10 µm chez les espèces américaines
V. rupestris et V. coriacea, réputées
résistantes (Galet, 1977). Les cires cuticulaires
recouvrant les parois des cellules de l’épiderme,
créent une surface épaisse et très
hydrophobe.
Figure
1 : Nombreux poils recouvrant la face inférieure
d’une feuille de Vitis labrusca après
coloration au rouge de Ruthénium. Grossissement
x100

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