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En quoi consiste la viticulture biologique ? (chap. 1)

Les normes de la production en agriculture biologique sont établies par un règlement européen (CEE 2092/91) du 24 juin 1991 qui impose :

  • d'avoir notifié son activité à la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt ;
  • de cultiver les vignes sans produits chimiques de synthèse (engrais, pesticides)
  • de mettre en œuvre les règles de l'Agriculture Biologique pendant trois campagnes avant de pouvoir mentionner sur l'étiquetage la mention "vin issu de raisins de l'agriculture biologique"
  • d'être certifié par un organisme agréé.
    Le taux de contrôle des viticulteurs bio est actuellement un des plus élevés de tous les modes de production agricoles. Les organismes certificateurs réalisent chaque année un contrôle obligatoire et parfois un contrôle inopiné. En moyenne, une exploitation est contrôlée plus d'une fois
    par an.

La viticulture bio cherche à valoriser les interactions entre la vigne, le sol et le climat, avec l'utilisation de méthodes respectueuses de l'environnement. Les engrais et fertilisants variés d'origine organique – composts, fumiers – libèrent les éléments minéraux de manière plus lente, ce qui limite les risques de lessivage des nitrates. Les apports de matière organique au sol contribuent à la stabilité structurale du sol, à la lutte contre l'érosion et le ruissellement, et au meilleur enracinement de la vigne.


Le vigneron bio maîtrise la fertilisation et l'enherbement de sa vigne et cherche
à renforcer l'expression du terroir
dans ses vins.

Les vins issus de l'Agriculture Biologique portent sur leur étiquette la mention : "contrôlé par". Mais certains vignerons n'annoncent pas sur leur étiquette que le vin est issu de l'agriculture biologique, car il s'agit pour eux d'une démarche normale faisant partie intégrante de leur mode de vie et de production.

Et la biodynamie ?

Parmi les pratiques "bio", la biodynamie est aujourd'hui suivie par 10 à 15 % des viticulteurs biologiques français. Elle se singularise par une prise en considération des influences astrales et du rythme de la nature, et par l'utilisation de préparations végétales de type homéopathique visant à rééquilibrer et à revitaliser le végétal, plus qu'à le soigner en cas de maladie.

Pourquoi choisissent-ils
la viticulture biologique ?

Un développement rapide L'agriculture biologique se développe partout en Europe. Fin 2001 on comptait 4 440 000 ha répartis en 142 350 exploitations. La France accuse un certain retard qui a été partiellement comblé par le Plan National de Développement de l'Agriculture Biologique. Au cours de l'hiver 1997-1998, au démarrage du Plan National Pluriannuel de Développement de l'Agriculture Biologique, le mouvement de conversion s'est développé. L'agriculture biologique concerne maintenant 10 364 exploitations et 419 750 ha soit respectivement 1,55 % et 1,40 % du nombre et de la surface cultivée en bio (données Agence Bio, 2002). Le nombre de vignerons bio en France est passé de quelques dizaines, début des années quatre-vingts, à près de 1400 regroupant 15 000 ha fin 2002.

Et les caves coopératives ?

Dans les caves coopératives, cette évolution passe par l'accompagnement des démarches vers l'Agriculture Biologique, avec une organisation rigoureuse au niveau de la traçabilité des apports, et donne la possibilité de faire certifier des cuvées issues de vignes cultivées en A.B.

 

 

Les motivations variées de
la conversion à la bio

  • chercher à valoriser l'expression de son terroir : les viticulteurs bio s'investissent dans la recherche d'une forte typicité de leur vin et dans la valorisation du potentiel de leur terroir. Par ses pratiques respectueuses de l'environnement et de la biodiversité, la viticulture biologique s'inscrit dans la logique de leur démarche ;
  • pratiquer un mode de production plus respectueux de l'environnement : les viticulteurs sont conscients des conséquences de plus en plus visibles de leurs pratiques techniques. La viticulture biologique permet de limiter l'érosion et le ruissellement du fait de la présence d'un couvert végétal en hiver. L'absence d'utilisation d'herbicides permet de protéger la ressource en eaux de surfaces et souterraines ;
  • protéger la santé du viticulteur : ce fut la motivation initiale des viticulteurs dans les années soixante, ceci reste une motivation importante ;
  • echercher de nouveaux débouchés pour le vin : ce marché de niche se développe. Les prix permettent de valoriser les vins et de compenser l'augmentation des coûts de production ;
  • éaliser un projet d'évolution de l'exploitation : pour certains, le passage à la viticulture biologique s'accompagne d'un projet de création d'une cave particulière, du souhait de faire connaître et de valoriser directement ses propres produits, et de s'insérer dans des circuits courts qui favorisent le contact direct avec le client ;
  • accéder à des aides pour faciliter la conversion : les CTE, maintenant remplacés par les CAD, constituent un puissant moyen d'aider la conversion. Près de 4000 exploitations en ont bénéficié soit environ un tiers des agriculteurs toutes filières confondues.

À quoi sert la viticulture biologique ?

Produire des vins de qualité
Les efforts sur la qualité de ces dernières années produisent leurs fruits. Et les résultats sont là : les "vins bio" sont maintenant régulièrement primés dans les concours de vins "conventionnels" : Concours Général de Paris, Challenge International du Vin, Concours des Caves Particulières, Chardonnay du Monde, Concours National des Vignerons Indépendants... L'évaluation de la qualité des "vins bio" peut également être appréciée par les résultats des concours spécifiques à ces vins qui réunissent dans leur jury des professionnels reconnus :

  • Concours Amphore 2003
  • Concours Inter-Régional PACALanguedoc- Roussillon 2003 présidé par Paul Leaunard, Président des Sommeliers Alpes- Marseille-Provence
  • Concours Expressions Bio 2003 d'Aquitaine. De nombreux exposants à Millésime Bio ont été primés à des concours. On trouvera à la page suivante quelques exemples des médailles obtenues à différents concours.

Diversifier et segmenter l'offre de vins

La viticulture française traverse une crise due à trois facteurs qui se conjuguent : la baisse de la consommation des vins en France, l'augmentation de la concurrence des pays du
sud sur les marchés de l'exportation, et la modification du régime de distillation par la CEE qui rend difficile l'élimination des excédents.

La viticulture biologique contribue, à sa mesure,
à diversifier et à segmenter l'offre sur les marchés internationaux en créant de nouveaux débouchés et en répondant à une attente des consommateurs de produits respectueux de l'environnement.

Créer et préserver des emplois

Les pratiques culturales de la viticulture biologique rendent nécessaires un suivi régulier des vignes, des interventions raisonnées et certaines opérations manuelles qui, au total, emploient un peu plus de main-d’œuvre qu'en viticulture conventionnelle.

Protéger la ressource en eau

Pour la 4ème année consécutive, l'IFEN (Institut Français de l'Environnement) vient de rendre public le résumé du rapport annuel qui concerne les analyses d'eaux effectuées en France en 1999 et 2000. Les résultats portent sur environ 3000 stations de surveillance et 440 000 analyses (en 2000). Il ressort de ce bilan les points suivants :

  • les pesticides sont présents sur 90 % des points surveillés en rivières et 58 % en eaux souterraines. On retrouve 148 pesticides différents dans les eaux de surface (sur 320 recherchés) et 62 sur les eaux souterraines (sur 292 recherchés) ;
  • les triazines sont les molécules qui posent le plus de problème. Leur présence a conduit le Ministère de l'Agriculture à interdire leur usage à partir de 2003 ;
  • DDT, lindane et dérivés tendent à baisser dans les eaux littorales, mais leur persistance est longue.
 

 

 

 

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Guide des vins "Vins et Santé"