Dans l'eau de boisson
les seuils réglementaires sont de 0,1 µg/l
et par substance ou 0,5 µg/l pour l'ensemble
des substances y compris les produits de dégradation.
Seulement 56 % des échantillons d'eaux
superficielles destinées à l'eau potable
présentent des teneurs compatibles avec une
distribution sans traitement (< 0,1 et 0,5 µg/l).
En n'utilisant pas d'herbicides, la viticulture biologique
contribue fortement à diminuer les risques
de pollution des nappes notamment dans les zones à
risques.
L’amélioration des itinéraires
techniques en viticulture biologique
Deux difficultés techniques spécifiques
de la viticulture biologique font l'objet de travaux
: la réduction des doses de cuivre et la lutte
contre la flavescence dorée.
La réduction des doses de cuivre
Le cuivre est très employé dans les
produits de protection fongique. C'est le principe
actif de la bouillie bordelaise très utilisée
en viticulture biologique. Cependant, ce produit est
peu mobile dans le sol, et les besoins de la plante
sont minimes. De ce fait, il s'accumule dans les horizons
superficiels du sol. Cette accumulation peut occasionner
des risques de toxicité sur le long terme.
Même si cette toxicité reste limitée
aux cas des plantiers dont l'enracinement est plus
superficiel, les professionnels souhaitent préserver
leur capital sol, base d'une agriculture durable,
en raisonnant leurs apports de cuivre. De ce fait,
différents travaux sont entrepris pour :
- comprendre les mécanismes d'accumulation
dans les sols (INRA Montpellier, Bordeaux notamment),
- améliorer le pilotage des doses de cuivre
et les règles de déclenchement des
traitements (ITV, GRAB et ITAB),
- tester en vraie grandeur des solutions techniques
et comprendre les contraintes gérées
par les viticulteurs (AIVB-LR).
La lutte contre la flavescence dorée
Cette maladie bactérienne due à un
phytoplasme est transmise par un insecte : la cicadelle
de la flavescence dorée. Le cahier des charges
de la viticulture biologique prévoit l'utilisation
possible de la roténone comme insecticide d'origine
végétale pour les traitements en zone
de lutte obligatoire.

Cependant, la roténone s'avère peu
efficace pour lutter contre cet insecte. De ce fait,
les professionnels, en collaboration avec différentes
institutions (INRA, ITV, ITAB et les organismes professionnels),
cherchent à tester différentes solutions.
L'INRA travaille sur la connaissance de la physiologie
du phytoplasme (INRA de Dijon) et a identifié
certains prédateurs de la cicadelle qui pourraient
être intéressants en lutte biologique
(INRA Antibes).
Mais la mise au point d'une solution de lutte biologique
risque d'être encore longue. L'ITV d'Orange
travaille sur l'amélioration de l'utilisation
de la roténone. Une alternative intéressante
est constituée par l'utilisation du pyrèthre
végétal, autorisé dans le cahier
des charges européen. De nombreux essais, dont
ceux de l'AIVB-LR, montrent qu'il possède une
efficacité nettement supérieure à
la roténone. Cependant, ce produit n'est pas
homologué sur vigne. Un dossier d'homologation
devrait être déposé prochainement
par un fabricant.
Les professionnels mettent en place une carte des
vins bio
Depuis 1991, la vinification est exclue du règlement
européen des produits biologiques, principalement
du fait de l'absence de cahier des charges. La certification
ne concerne pour l'instant que le raisin. Pour faire
évoluer la réglementation et garantir
aux consommateurs un vin totalement biologique de
la vigne à la bouteille, les professionnels
se sont mobilisés autour de la conception et
de la mise en place d'une charte des vins bio dont
l'application est coordonnée à l'échelle
nationale par la FNIVAB. Cette charte est de droit
privé.
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Elle prévoit
:
- l'utilisation minimale et raisonnée
de produits œnologiques de préférence
purs ;
- une liste positive de produits et de techniques
œnologiques ;
- la traçabilité
des opérations notamment dans le cas d'entreprise
mixte (bio et non bio) ;
- l'absence d'utilisation de produits OGM
ou issus d'OGM ;
- des règles concernant le transport
et le conditionnement du vin ;
- des doses maximales de SO2 minorées
par rapport à celles autorisées dans
le cadre de la réglementation européenne.
Cette charte concerne l'ensemble des opérateurs
de la filière, et fait l'objet d'un contrôle
par un organisme de contrôle qui est le même
que celui qui assure la certification du vignoble.
Deux régions ont engagé de manière
coordonnée la mise en place de cette charte
en 2003 : le Languedoc-Roussillon et l'Aquitaine.
Un comité de suivi de la mise en place a été
constitué. Les entreprises intéressées
par la charte ont été recensées,
et font l'objet d'un audit initial. Les premières
bouteilles contrôlées devraient sortir
des chais à l'issue des vinifications. En Languedoc-Roussillon,
cette opération a reçu le soutien du
Conseil Régional dans le cadre du Contrat de
Plan.
Pour obtenir plus de renseignements sur la charte
des vins bio :
AIVB - Mas de Saporta
Association Interprofessionnelle des Vins
Biologiques
34970 Lattes
Tél. 33 (0)4 99 06 08 41
Fax 33 (0)4 67 06 53 96 aivblr@wanadoo.fr
www.millesime-bio.com
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