Il
y a des centaines d'années que l'on émet
l'idée que la consommation de boissons alcoolisées,
et en particulier de vin, protège contre les
maladies cardiovasculaires et les crises cardiaques.
En 1870, le neurologue britannique Sir F.E. Anstie
a décrit les effets bénéfiques
de l'alcool/le vin sur la santé (cardiovasculaire),
mais il posa comme limite supérieure trois
verres par jour ("la règle d'Anstie").
Depuis, de nombreuses études épidémiologiques
ont invariablement démontré que la consommation
modérée d'alcool est associée
à une diminution du taux de crises cardiaques,
alors qu'une prise excessive est manifestement dangereuse.
En outre, des études ont montré que
le vin apparaît comme plus protecteur que les
autres boissons alcoolisées, ce qui expliquerait
la faible mortalité par maladie cardiovasculaire
en France (connue sous le nom de "Paradoxe Français").
Dans les années récentes, des recherches
en laboratoire ont permis d'identifier des effets
vasoprotecteurs des constituants du vin au niveau
moléculaire. Ces études ont également
révélé des différences
importantes entre le vin rouge et le vin blanc.
En voici les détails:
Le vin et le cœur au XIX°
siècle
En 1819, le médecin irlandais Samuel Black
écrivit ce qui est probablement la première
analyse du "Paradoxe Français". Il
observait de nombreuses pathologies cardiaques en
Irlande mais notait que peu de médecins français
écrivaient sur ce sujet; il en conclut alors
que cela était dû aux "habitudes
et modes de vie des Français, coïncidant
avec la douceur du climat et le caractère particulier
de leurs affections morales". |
William Heberden rejoint cette observation approfondie
dans sa description classique de la maladie du cœur
(angine de poitrine); en 1786 il affirmait déjà:
"Le vin et les spiritueux et l'opium… apportent
un soulagement considérable". Alors que
la recommandation de Sir Francis Edmund Anstie était
basée sur le sens commun, en 1915 C. Lian décrivait
un impact négatif de la consommation excessive
d'alcool sur les maladies cardiovasculaires chez les
militaires français de la Première Guerre
Mondiale. Certains de ces hommes étaient des
buveurs notoires; la consommation de plus de deux
litres de vin par jour était associée
à une tension artérielle élevée,
un facteur de risque évident de l'athérosclérose.
Etudes épidémiologiques
Depuis la première observation du début
du XIXème siècle, il a fallu plus de
160 ans avant que des études épidémiologiques
confirment clairement la recommandation de Sir Anstie.
Indépendamment du statut de fumeur ou des autres
facteurs de risques cardiovasculaires, la consommation
modérée définie comme 10 à
30 grammes d'alcool par jour (1 à 3 verres
de vin) était associée à une
diminution de la mortalité en général
(principalement due à la diminution des maladies
cardio-vasculaires), alors que des consommations plus
élevées augmentaient les taux de mortalité,
principalement par maladie du foie, cancer, accidents
et violence (Figure 1). Des données comparatives
internationales ont montré une mortalité
cardiovasculaire dans les pays consommateurs de vin
inférieure à celle des pays où
la consommation de bière et alcools forts prédomine
(Tableau).
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