On a également
décrit des effets vasodilatateurs des vaisseaux
coronaires, qui améliorent l'apport d'oxygène
aux cellules du cœur et ainsi peuvent prévenir
leur dégénérescence dans les
vaisseaux rétrécis.
Cependant, ces derniers effets n'ont été
fournis que par les vins rouges vieillis en fûts
de chêne ("en barrique").
De plus, il a été montré que
le vin rouge module l'expression de gènes significatifs
tels que la régulation négative des
protéines chimioattractives monocytaires-1
(MCP- 1) et la régulation positive de la synthétase
d'oxyde nitrique au niveau des endothelia (eNOS) dans
la paroi du vaisseau.
Le développement et la progression des plaques
d'athéromes est un procédé complexe
qui comprend l'accumulation de lipides et l'invasion
de cellules de défense immunitaire et de cellules
des muscles lisses vasculaires dans l'intima de la
paroi artérielle. Ces cellules sont attirées
par des facteurs chimiotactiques, prolifèrent
là où se forment des lésions
et sécrètent de nombreux facteurs de
croissance et cytokines qui contribuent au processus
d'athérogenèse.
L'un de ces facteurs de croissance, que l'on a montré
comme étant particulièrement induit
dans la formation de plaques d'athéromes, est
le facteur de croissance dérivé des
plaquettes (PDGF). Les plaques d'athéromes
contiennent de hauts niveaux de PDGF et son récepteur,
et leur inhibition par des composés pharmacologiques
spécifiques réduit de façon significative
la formation de plaques chez des animaux témoins
et chez l'homme.
Nous avons pu démontrer que le vin rouge (Châteauneuf-du-Pape)
inhibait fortement la prolifération induite
par le PDGF et le procédé de chi-miotactisme
des cellules des muscles lisses vasculaires en tempérant
l'activation du récepteur induite par le ligand,
tandis que le vin blanc (Riesling) n'avait pas de
tels effets (Figure 3). |
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On a obtenu des résultats
similaires avec d'autres vins rouges tels que le Bordeaux
(Château Lanessan), Barolo (Oddero), Chianti
Classico (Laborel), Merlot (Les Coteaux du Pic), Spätburgunder
(Recher Herrenberg) et Rioja (Campo Viejo), tandis
que tous les vins blancs testés, comprenant
le Chardonnay (Hahnmühle), Pinot Grigio (San
Simone), Müller- Thurgau (Konstanzer) et le Châteauneuf-du-Pape
blanc (Domaine du Vieux Lazaret) ou Rioja (Conde de
Valdemar) n'ont pas eu d'incidence sur les réponses
dépendant du PDGF, que les vins aient été
vieillis en fûts de chêne ou en réservoirs
d'acier.
Ces résultats amènent à une
question intéressante: quelles sont les différences
entre le vin rouge et le vin blanc, et quels constituants
du vin rouge entraînent les effets inhibiteurs
observés ?
Vin rouge contre vin blanc
Impact de la fermentation
du moût
Pour répondre à cette question, tous
les vins ont été analysés selon
leurs constituants spécifiques. Comme on pouvait
s'y attendre, l'analyse de différents vins
par CLHP (Prof. Dietrich, Geisenheim) a révélé
des différences spectaculaires de teneurs en
polyphénols entre les vins rouges et blancs.
En particulier, les vins rouges contenaient des niveaux
beaucoup plus élevés d'acide gallique
et de flavonoïdes de la famille des catéchines. |
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Quand on a testé
ces flavonoïdes pour leur capacité à
inhiber les réponses induites par le PDGF des
cellules des muscles lisses vasculaires, il est apparu
qu'ils favorisaient les effets inhibiteurs en fonction
de leur concentration. Il est important de constater
que ces flavonoïdes apparaissent à des
concentrations importantes dans le sang après
consommation de vin, indiquant qu'ils peuvent effectivement
être responsables des effets vasoprotecteurs
du vin rouge.
Invariablement, on a montré récemment
que le taux de catéchine absorbée est
inversement corrélé à la mortalité
par pathologies cardiaques ischémiques chez
l'homme, l'inhibition de récepteur PDGF supprime
le développement des plaques d'athéromes.
Donc, il est probable que les effets observés
soient applicables à l'homme et contribuent
à des effets bénéfiques du vin
rouge sur la mortalité par maladie coronarienne.
On peut expliquer le fait que les niveaux de flavonoïdes
soient beaucoup plus élevés dans les
vins rouges comparés aux vins blancs par les
différences de production de ces vins. Le vin
rouge est pressé et fermenté avec les
rafles et les peaux ("fermentation du moût")
alors que ce n'est pas le cas pour le vin blanc. Dans
la mesure où les flavonoïdes sont essentiellement
présents dans les pépins et les peaux
de raisin, le long contact du vin rouge avec les pépins
et les peaux de raisin pendant la fermentation du
moût semble justifier l'accumulation des flavonoïdes.
Nous avons mesuré les teneurs en flavonoïdes
à différents moments de la fermentation
du moût d'un Châteauneuf-du-Pape rouge
(Domaine Duclaux) et nous avons trouvé que
le niveau de flavonoïdes était fortement
corrélé à la durée de
fermentation du moût. En outre, cette accumulation
des flavonoïdes était corrélée
aux effets inhibiteurs sur le PDGF dans les cellules
des muscles lisses vasculaires.
En résumé, les observations initiales
du XIXème siècle rapportant que la consommation
d'alcool, en particulier de vin, diminuait les maladies
cardio-vasculaires ont été confirmées
dans de nombreuses études épidémiologiques.
Certaines de ces études indiquent également
que le vin peut être plus efficace dans la protection
contre les maladies vasculaires que d'autres boissons
alcoolisées. Aucune investigation n'a été
faite sur les effets différentiels entre vin
rouge et vin blanc sur la mortalité par maladie
cardiovasculaire. Cependant, des recherches récentes
au niveau des cellules ont identifié plusieurs
mécanismes protecteurs véhiculés
par des constituants du vin rouge au niveau moléculaire.
Ce n'est certainement pas l'alcool seul qui est bénéfique
au cœur, mais des constituants non alcoolisés
du vin rouge, en particulier les flavonoïdes,
semblent avoir également un impact important.
De mon point de vue de cardiologue, la consommation
régulière, modérée de
vin rouge semble ralentir la progression d'une maladie
cardiovasculaire vers un infarctus du myocarde. Santé
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