Talleyrand,
homme d'esprit et de grande culture, explique à
Fouché comment déguster un grand vin.
"D'abord, dit-il, on le regarde... puis, on le
respire..." Fouché, pressé de boire,
l'interrompt : - "et on le boit".
- " Non, répond Talleyrand, on le pose...
et on en parle..."
Les mots pour le dire sont ceux qu'on
prononce pour faire durer le plaisir, ceux qui nous
aident à en fixer le souvenir, ceux qui nous
permettent d'affiner notre sensibilité.
Le vin est infiniment respectable.
Il est l'incarnation même de notre civilisation.
Il est communication, échanges.
Partout où recule la consommation du vin, avance
la barbarie. Il suffit de regarder la carte du monde
: les hommes s'entredéchirent dans des pays
sans vin. Ne pouvons-nous pas, un jour, proposer un
grand sujet de réflexion : le Vin et la Paix
?
Le vin est un symbole : Sang du
Christ pour les Chrétiens, le Coran ne l'interdit
aux hommes que pour le réserver à Dieu,
estimant que les hommes sont indignes d'une telle
merveille.
Le vin n'est pas un "produit" comme un autre.
Il est chargé de sens.
Comment nous, Vignerons, pouvons-nous accepter plus
longtemps la phrase infamante :
"À consommer avec modération, l'abus
d'alcool est dangereux pour la Santé "?
Car enfin, "Tout est poison, rien n'est poison,
tout est dans la dose (Paracelse).
Y a t-il moins de danger dans un
pot de confiture pour un diabétique ? dans
une huître pour un allergique ? dans le beurre
pour un malade du cholestérol ? et la viande
? responsable de tant de cancers ? Écrit-on
pour autant la phrase de mise en garde sur les confiseries,
les fruits de mer, les paquets de beurre, les produits
de boucherie ?
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Comment
nous, Vignerons, pouvons nous supporter plus longtemps
le poids de ces "maux" -là ? Battons-nous
pour les vrais mots du vin.
Commençons à inculquer les mots du vin
aux enfants en leur apprenant la dégustation,
donc, la prévention, afin qu'en devenant des
adultes responsables, ils soient des consommateurs
avertis et de fins connaisseurs.
Toute Révolution commence
par les mots.
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