La mortalité
toutes causes en relation avec la TAS est montrée
dans le (Tableau 3).
Après ajustement pour 6 variables : âge,
cholestérol, éducation, IMC, tabagisme
et activité physique, seuls les buveurs modérés
de vin ont un risque abaissé de mortalité
toutes causes, comparés aux abstinents, pour
le premier, troisième et quatrième quartiles
de TAS.
Les buveurs modérés de vin (60 g alcool/jour
et pas de bière), comparés avec les
abstinents, ont un risque de mortalité toutes
causes abaissé de 23% pour une TAS de 158 mmHg
[RR 0.77 (IC 0.62-0.96, p < 0.02)], 27% pour une
TAS de 139 mmHg [RR 0.73 (IC 0.58-0.91, p < 0.01)]
et 37% pour une TAS de 116 mmHg [RR 0.63 (CI 0.51-0.78,
p < 0.001)].
Même pour le quartile tensionnel le plus élevé,
considéré comme étant à
plus haut risque, les buveurs modérés
de vin et seulement eux, ont un risque de mortalité
plus bas que les abstinents. Aucune réduction
significative du risque en relation avec la TAS n’est
observée chez les autres buveurs, même
modérés.
Dans le quartile tensionnel le plus élevé,
les buveurs non modérés (= 60 g alcool/jour)
ont un risque plus élevé [RR 1.26 (CI
1.01-1.57, p < 0.04)] pour les buveurs de vin,
et [RR 1.34 (CI 1.07-1.67, p < 0.01)] pour les
autres buveurs.
Quand le modèle de Cox était ajusté
seulement pour deux variables (âge et tabagisme)
au lieu de six, les résultats étaient
seulement légèrement plus significatifs. |
|
Discussion
Chez ces hommes d’âge moyen, le risque
de décès n’était pas le
même selon qu’ils étaient abstinents,
buveurs de vin modérés, ou autres buveurs,
pour un niveau de TAS donné. Dans le quartile
tensionnel le plus élevé, considéré
comme étant à plus haut risque, seuls
les buveurs exclusifs et modérés de
vin ont un
risque de mortalité abaissé, comparés
avec les abstinents.
Aucune protection n’était observée
pour des quantités plus élevées
de vin ou mélangées
avec d’autres boissons alcoolisées (autres
buveurs). Ceci a déjà été
observé dans les études ne portant pas
sur la tension artérielle : seuls les buveurs
modérés de vin ont une mortalité
abaissée, y compris une mortalité cardiovasculaire
abaissée.
Le mécanisme de l’effet protecteur du
vin sur la mortalité cardio-vasculaire et la
mortalité toutes causes pourrait ne pas être
similaire. Pour la mortalité cardiovasculaire,
on pourrait supposer que le vin aurait un effet spécifique
encore inexpliqué qui protégerait contre
les effets nocifs associés à une tension
artérielle élevée. Les résultats
présents sont cohérents avec l’observation
rapportée au début de cet article :
pour une pression artérielle donnée,
le risque de mortalité par maladies cardio-vasculaires
est 3 fois plus élevé au nord de l’Europe
et aux Etats-Unis que dans les pays méditerranéens
buveurs de vin (4). Ainsi, la mortalité plus
basse par maladies coronariennes mais aussi de toutes
causes, observée dans les pays méditerranéens
en relation avec la tension artérielle, pourrait
être due, au moins partiellement, à la
consommation régulière de vin. |