Pr Serge Charles RENAUD
René GUÉGUEN
et Pascale CONARD
Dominique LANZMANN PETITHORY
et Olivier HENRY
Jean-Marc ORGOGOZO
... et consommation de vin :
étude prospective chez 37 000 sujets lorrains (chap. 3)

La mortalité toutes causes en relation avec la TAS est montrée dans le (Tableau 3).
Après ajustement pour 6 variables : âge, cholestérol, éducation, IMC, tabagisme et activité physique, seuls les buveurs modérés de vin ont un risque abaissé de mortalité toutes causes, comparés aux abstinents, pour le premier, troisième et quatrième quartiles de TAS.

Les buveurs modérés de vin (60 g alcool/jour et pas de bière), comparés avec les abstinents, ont un risque de mortalité toutes causes abaissé de 23% pour une TAS de 158 mmHg [RR 0.77 (IC 0.62-0.96, p < 0.02)], 27% pour une TAS de 139 mmHg [RR 0.73 (IC 0.58-0.91, p < 0.01)] et 37% pour une TAS de 116 mmHg [RR 0.63 (CI 0.51-0.78, p < 0.001)].
Même pour le quartile tensionnel le plus élevé, considéré comme étant à plus haut risque, les buveurs modérés de vin et seulement eux, ont un risque de mortalité plus bas que les abstinents. Aucune réduction significative du risque en relation avec la TAS n’est observée chez les autres buveurs, même modérés.
Dans le quartile tensionnel le plus élevé, les buveurs non modérés (= 60 g alcool/jour) ont un risque plus élevé [RR 1.26 (CI 1.01-1.57, p < 0.04)] pour les buveurs de vin, et [RR 1.34 (CI 1.07-1.67, p < 0.01)] pour les autres buveurs.

Quand le modèle de Cox était ajusté seulement pour deux variables (âge et tabagisme) au lieu de six, les résultats étaient seulement légèrement plus significatifs.

 

Discussion

Chez ces hommes d’âge moyen, le risque de décès n’était pas le même selon qu’ils étaient abstinents, buveurs de vin modérés, ou autres buveurs, pour un niveau de TAS donné. Dans le quartile tensionnel le plus élevé, considéré comme étant à plus haut risque, seuls les buveurs exclusifs et modérés de vin ont un
risque de mortalité abaissé, comparés avec les abstinents.
Aucune protection n’était observée pour des quantités plus élevées de vin ou mélangées
avec d’autres boissons alcoolisées (autres buveurs). Ceci a déjà été observé dans les études ne portant pas sur la tension artérielle : seuls les buveurs modérés de vin ont une mortalité abaissée, y compris une mortalité cardiovasculaire abaissée.

Le mécanisme de l’effet protecteur du vin sur la mortalité cardio-vasculaire et la mortalité toutes causes pourrait ne pas être similaire. Pour la mortalité cardiovasculaire, on pourrait supposer que le vin aurait un effet spécifique encore inexpliqué qui protégerait contre les effets nocifs associés à une tension artérielle élevée. Les résultats présents sont cohérents avec l’observation rapportée au début de cet article : pour une pression artérielle donnée, le risque de mortalité par maladies cardio-vasculaires est 3 fois plus élevé au nord de l’Europe et aux Etats-Unis que dans les pays méditerranéens buveurs de vin (4). Ainsi, la mortalité plus basse par maladies coronariennes mais aussi de toutes causes, observée dans les pays méditerranéens en relation avec la tension artérielle, pourrait être due, au moins partiellement, à la consommation régulière de vin.

Tableau 3. Risque relatif* de décès toutes causes, ajusté par quartiles de TA systolique en relation avec la consommation d’alcool.
TA : tension artérielle. j = jour. 95 % IC entre parenthèse. ** Modèles de Cox ajustés seulement pour âge et tabagisme. *** Modèles de Cox ajustés pour 6 covariables : âge, cholestérol, éducation, IMC, tabagisme et activité physique.
p : score test de chaque coefficient de régression.
   
 

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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