En
tant que représentant des amateurs de vin,
nous acceptons de comparaître à ce procès
et d’assumer la défense du vin. L’alcoolisme
est incontestablement un fléau pour l’homme
; il est responsable de décès, de blessures
et de maladies dégénératives,
mais l’abus d’alcool doit être étudié
de façon analytique et précise en laissant
de côté les fausses statistiques qui
reposent sur des bases idéologiques.
Pour que ce procès soit équitable,
le vin, boisson alcoolique certes, mérite d’être
traité à part en le dissociant des alcools
forts. La classification des différentes catégories
d’alcool est la première recherche qui
s’impose.
Prenons l’exemple des accidents de la route
avec alcoolémie supérieure au taux légal
; le type de la ou des boissons absorbées n’est
pas connu.
Dans ce procès, plusieurs
accusés sont mis en cause, or ils n’ont
pas tous le même degré de responsabilité,
c’est pourquoi il faut enquêter pour établir
quels alcools ont été consommés
avant l’accident : whisky, bière, apéritif
ou vin ? Qui sont les vrais coupables ? Il faut faire
la guerre à l’alcoolisme. Dans toute
guerre, il y a des ennemis plus ou moins dangereux
; pour les connaître, les démasquer,
on utilise les services de renseignements. Les forces
de l’ordre devraient recevoir la mission d’identifier
le type d’alcool absorbé ! Mais ce n’est
pas à l’ordre du jour.
Alors le vin se retrouve diabolisé puisque
c’est la boisson alcoolisée la plus consommée
en France, soit 57 litres de vin par an et par habitant
; ce qui représente 60% de l’alcool consommé,
mais il n’y a pas que les Français qui
boivent du vin de France, heureusement les touristes
l’apprécient au cours des repas dans
les restaurants ou chez eux.
La consommation totale de vin doit
donc être comptabilisée avec ce correctif.
Les méfaits de l’alcoolisme
sont de deux ordres suivant qu’il s’agit
d’un alcoolisme aigu ou d’un alcoolisme
chronique ; c’est dans le premier cas que l’on
rangera les accidents de la circulation, les accidents
domestiques et les actes de violence ; dans le deuxième
cas on trouve une pathologie variée avec en
premier les lésions du foie, les cirrhoses,
stéatoses puis les varices œsophagiennes,
les pancréatites, les neuropathies, polynévrites,
les démences, l’alcoolisation fœtale
suite à l’alcoolisme de la mère,
et les cancers.
L’alcool tue environ
23000 personnes en France chaque année,
si l’on s’en réfère aux
statistiques récentes, dont 9000 par cirrhose,
pancréatite et autres causes citées
plus haut, 1643 sur les routes, 1000 par suicide (sur
10000) ; il resterait environ 12000 cas par cancer
induits par l’alcool. Ces deux derniers chiffres
sont approximatifs, l’apparition d’un
cancer étant généralement attribuée
à plusieurs causes. L’association alcool
et tabac est fréquente, alors comment dissocier
la part de chacun ? Parmi ces décès
combien sont imputables au vin ?
Mon propos n’est pas de contrecarrer
les campagnes de lutte contre l’alcoolisme.
Elles sont indispensables et utiles, et tous les amateurs
de vin doivent les soutenir, mais en demandant aux
associations de prévention de ne pas se tromper
de cible. Le vin n’est sans aucun doute pas
tout à fait innocent, mais sa consommation
baisse de plus en plus au XXI° siècle,
même les “clochards”, surtout les
jeunes, ont remplacé le vin par la bière.
Nous demandons aux procureurs instruisant ce procès
une très grande objectivité, la défense
fournira les arguments qui vont permettre de réduire
la responsabilité du vin, voire d’obtenir
un non-lieu dans certains cas ou il est abusivement
accusé !

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L’alcool dans les accidents
de la route
Dans ce domaine, les données
sont bien connues et fiables grâce aux statistiques
établies par les services de sécurité
routière des départements à partir
des procès verbaux des forces de l’ordre.
La recherche de l’alcoolémie est obligatoire
pour tous les accidents corporels, elle n’est
impraticable que dans 10% des cas environ, chez les
blessés et tués incarcérés
peu accessibles.
Le fichier national fait état
de 6549 morts en 2002, moins de 6000 morts en 2003,
(contre 16500 en 1972). Sur les 6000 tués,
1643 soit 24% et chez les blessés 10% ont une
alcoolémie supérieure aux taux légal
de 0,50 gramme par litre. Les rapports disent “accidents
avec alcoolémie positive” ; de ce fait
ils ne s’engagent pas en laissant un doute sur
la responsabilité exacte d’une alcoolisation
modérée. C’est à partir
de 0,60 g que le risque croît rapidement et
que les dégâts corporels sont les plus
graves car le conducteur ne contrôle pas sa
vitesse, qu’il évalue moins bien les
dangers, les distances et il a tendance à s’endormir.
Si l’alcoolémie est très élevée,
il devient un blessé fragile, moins résistant
aux interventions chirurgicales, ses chances de survie
sont moindres.
Paradoxalement l’étude
de Grand Rapids de 1964 (Borkenstein et coll.) montre
qu’il y a moins de risque en conduisant avec
une légère alcoolémie, entre
0,10 et 0,40 qu’en étant abstinent !!
C’est le “dip”, le creux de la courbe
de Borkenstein. Cette étude fut controversée
par la suite. Ce qui est certain, c’est que
les buveurs occasionnels sont plus dangereux que les
buveurs réguliers ayant le même degré
d’alcoolisation. C’est le cas des jeunes,
(un tiers) qui meurent au cours des week-ends, la
nuit en rentrant de soirées festives. En Grande-
Bretagne ce phénomène notoire est beaucoup
plus prononcé encore. À la sortie des
discothèques, d’après une enquête
récente du journal “Auto Plus”,
27% des conducteurs dépassaient le taux légal
d’alcoolémie.
Il est permis de penser que le vin n’est pas
en cause dans ces circonstances. Dans les accidents
avec dommages corporels et une alcoolémie élevée,
les femmes sont très minoritaires, elles ne
représentent que 6% des cas. La conduite sous
l’influence de l’alcool est un problème
essentiellement masculin.
La culpabilité de l’alcool
est certaine, mais quel type de boisson alcoolisée
retrouve-t-on dans les constatations des enquêteurs
? Cette demande de précision ne figure pas
dans les 60 questions auxquelles ils doivent répondre.
Cependant en étudiant les jours, les heures
ainsi que les classes d’âge des victimes,
par déduction, il apparaît que le
vin n’est en cause que dans un faible pourcentage
des cas.
La première cause de l’accidentologie
routière, c’est la vitesse. La diminution
constante et significative des accidents de la route
est due aux campagnes de prévention qui rendent
les conducteurs prudents et sobres car les sanctions
pénales et financières sont dissuasives.
Six points sont retirés du permis en cas de
dépassement du taux de 0,50 et au-delà
le retrait du permis est possible, avec des peines
de prison pour les récidivistes. C’est
grâce aux 10 millions de contrôles préventifs
annuels de l’alcoolémie et à la
baisse du seuil de tolérance à 0,50
g, ce qui correspond à 0,25 dans l’air
expiré (éthylomètre), que l’on
a obtenu ce succès. Ces contraintes et les
cabines radars ajoutées aux radars mobiles
ont sauvé des centaines de vies ces derniers
mois. La part des drogues licites comme les tranquillisants
ou illicites est occultée car leur dosage est
compliqué, donc exceptionnel. Comment évaluer
le nombre d’accidents à mettre sur leur
compte ?
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