Dr André LACROIX
Urologue - sexologue
(Cannes)
 
le vin sur le banc des accusés - chapitre 2

La mortalité attribuée à l’alcoolisme chronique

Le nombre des personnes qui meurent dans un lit d’hôpital par suite d’une détérioration de leur organisme est 3 à 4 fois plus importants que dans un véhicule. L’addictologie est la nouvelle spécialité médicale qui traite les problèmes des patients alcoolodépendants.
Les différentes pathologies qui sont responsables des décès imputables à l’abus d’alcool sont dans l’ordre décroissant, les cirrhoses, les hépatites, les neuropathies, les varices œsophagiennes responsables d’hémorragies digestives, les démences et une part des suicides.
On y ajoutera les accidents domestiques, du travail et la criminalité. Les cirrhoses ne sont plus aussi répandues qu’au temps de l’absinthe, cependant 15 % des alcooliques en sont encore atteints.
C’est la 3ème cause de décès des 45-65 ans ; elle survient après une dizaine d’années d’une grande consommation d’alcool, au-delà de 80 grammes, soit huit verres au moins par jour. Le vin produit par fermentation d’un fruit est moins nocif pour le foie que les alcools forts dits de distillation. Les grands buveurs de vin ont peu de risques si toutefois ils ne boivent pas d’autres alcools.

La sensibilité à l’alcool varie d’un individu à l’autre selon son type génétique : certains ont un métabolisme ralenti et supportent mieux des doses exagérées d’alcool. Il en est ainsi pour cette classe favorisée qui est plus apte à conduire que ceux qui appartiennent au second type génétique assimilant très vite l’alcool.

Les méfaits de l’alcool comparés aux bienfaits du vin

Dans les deux plateaux de la “balance” symbole de la justice, il ne faut pas hésiter à comparer les vertus bénéfiques du vin sur la santé et le nombre de vies sauvées par une consommation raisonnable et régulière. Les accidents vasculaires sont la première cause de décès en France, par infarctus ou par attaque cérébrale. Les chiffres cités sont très élevés, 180 000 morts par an, si l’on en croit les conclusions des études comparatives de ces décès.

Chez les buveurs modérés de vin le nombre des victimes diminue de 40% par rapport aux buveurs d’eau. Les bienfaits de cette consommation sont maintenant unanimement reconnus.
En Angleterre, des recherches concernant des milliers de médecins anglais suivis pendant plus de vingt ans ont révélé des effets favorables de l’alcool consommé plusieurs fois par semaine sans exagération. Le nombre des morts subites par infarctus diminue de 50% par rapport aux abstinents et quel que soit le type d’alcool.
Ainsi un peu d’alcool sauve des milliers de personnes et beaucoup d’alcool sème la mort.
Il est “politiquement incorrect” de tenir de tels propos, et pourtant c’est une vérité scientifique. Le risque dans la prise d’alcool, c’est de ne pas savoir se limiter aux doses bénéfiques.
La modération, la sobriété, le savoir boire sont plus répandus chez les amateurs de vin que chez les buveurs d’alcools forts. Les effets bénéfiques du vin sont supérieurs à ceux de ces alcools dans tous les domaines de la pathologie. Il faut cesser de voir dans le vin une drogue dure alors que c’est une œuvre d’art, indissociable de notre culture.

 

 

L’alcool et le cancer

Des articles récents attribuent à l’alcool 12000 décès par le cancer. La réalité de ce chiffre mérite réflexion. Les cancers les plus fréquents sont celui de la prostate chez l’homme et celui du sein chez la femme, 40 000 nouveaux cas par an pour chacun ! Ils sont d’origine hormonale et en forte augmentation alors que la consommation d’alcool diminue, surtout celle du vin.
Pour le sein, l’alcoolisme est réellement responsable mais en proportion minoritaire. Dans la majorité des cas, les cancérologues interrogés ne confirment pas cette accusation. Au contraire de nombreux travaux ont reconnu le rôle protecteur du vin vis-à-vis du cancer.

L’Association américaine du cancer a signalé que le resvératrol et la quercitine peuvent réduire la mortalité par cancer de 20%, ces composants phénoliques du vin freinant le processus d’oxydation, principale cause de la formation et de progression des tumeurs. La quercitine : un composé anticancer potentiel. Dans le journal “Carcinogénésis” les chercheurs de Rochester ont étudié les capacités de ce composant du vin comme chimio-protecteur et agent chimiothérapeutique dans le cancer de la prostate.
Des publications du centre de médecine préventive de Copenhague (Pr Gronbaek et son équipe) ont mis en évidence l’avantage du vin par rapport aux autres boissons alcoolisées. Pour une consommation de 8 à 21 verres de vin par semaine le risque relatif du cancer est inférieur de 22% par rapport aux non-buveurs. Ces chercheurs signalent que les effets cancérigènes de l’alcool augmentent proportionnellement à la quantité d’alcool consommée. Mais la courbe s’élève moins pour les buveurs de vin. La démonstration de la supériorité du vin sur toutes les boissons alcoolisées est confirmée au fil des années, ce qui fera plaisir à Louis Pasteur dans sa tombe.

Pour ajouter aux mérites du vin, une récente étude d’un groupe de médecins européens a révélé que sur 1054 sujets recensés âgés de 59 à 71 ans, 293 étaient des abstinents, 476 buveurs modérés (2 verres) et 285 buvant de 2 à 5 verres ; le risque de détérioration cérébrale diminuait de 50% chez les buveurs de vin par rapport aux abstinents.

Conclusions

Les accusations qui sont portées à l’adresse de l’alcoolisme sont justifiées en raison des atteintes corporelles et sociales que subissent les alcooliques et leur entourage, mais dans ce procès la responsabilité du vin est réellement minime. Le vin a un solde très nettement positif ; ses bienfaits dépassent de très loin ses méfaits. Il est plus un ami qu’un ennemi pour l’homme car il sauve beaucoup plus de vies qu’il n’en enlève ; Dans ce cas, les conclusions du tribunal ne peuvent que déboucher sur un acquittement.

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

Guide des vins "Vins et Santé"