Le
vin est à la fois un aliment
et un nutriment
Définitions
Un aliment est une substance apportée
toujours par voie digestive susceptible d'être
digérée au niveau de l’oropharynx
(la digestion commence dans la bouche), puis surtout
au niveau de l’estomac et du duodénopancréas.
Après sa digestion dans la partie haute du
tube digestif l’aliment devient “nutriment”.
Un nutriment est une substance susceptible
d'être directement et entièrement absorbée
par le tube digestif, au niveau de l’intestin
grêle, puis après être passé
dans le sang, le nutriment est distribué pour
servir à la nutrition de l'organisme.
Tous les aliments subissent donc digestion et absorption,
et selon leur composition primaire forment des résidus
qui sont éliminés par voie cutanée,
urinaire ou digestive. Selon la définition
des juristes, le vin est “un produit
résultant exclusivement de la fermentation
complète ou partielle du raisin ou du jus de
raisin frais”.
L'alcool contenu dans le vin n'est pas un produit
de distillation mais le résultat de transformations
diastasiques à partir des éléments
sucrés du raisin. La fermentation du suc de
la vigne est de type alcoolique, elle est sous l'influence
des levures résiduelles de la vinification,
mycodermes, saccharomyces et bactéries malolactiques
alcalinisantes : ces micro-organismes transforment
le sucre contenu dans le raisin en un alcool naturel.
Le vin contient de l'alcool et de
multiples autres substances nutritives.
L'alcool, et donc le vin, peut être considéré
comme ayant une valeur calorique nutritive, mais seulement
à des doses inférieures chez l'adulte
à 50 g par 24 heures chez l'homme et 30 g par
24 heures chez la femme.
L'alcool devient toxique à
des doses égales ou supérieures à
1,2 g d'alcool par kilogramme de poids et par jour
chez un sujet normal, ou à des doses moindres
chez l'alcoolique ou le dénutri.
Le seuil légal du taux d’alcoolémie
est de 0,5 g/l dans le sang, ce qui correspond
à 0,25 mg/l dans l’air expiré.
Les risques d’accident mortel ont pu être
évalués selon le taux d’alcool
dans le sang. Ils sont multipliés :
- par 2 à 0,5 g/l dans le sang
- par 10 à 0,8 g/l
- par 35 à 1,2 g/l
- par 80 à 2,0 g/l.
Pur ou dilué avec de l’eau, des glaçons
ou un soda, l’alcool a les mêmes effets.
Seule la quantité compte et non le volume ou
la dilution de la boisson. Le taux d’alcoolémie
varie selon que l’on est à jeun ou au
cours du repas.
Pour un homme de 70 kg,
- à jeun l’alcoolémie est à
0,25 et 0,15 pour un verre de vin au cours du repas
- 0,50 à jeun et 0,30 au cours du repas pour
2 verres de vin.
Pour une femme de 70 kg
- à jeun l’alcoolémie est à
0,30 et 0,20 pour un verre de vin au cours du repas
- 0,60 à jeun et 0,40 au cours du repas pour
2 verres de vin.
Enfin n’oublions pas les équivalences
alcool :
1 verre de 10 cl de vin
= 25 cl de bière
= 3 cl de whisky ou d’alcool à 40°.
Valeur calorique
1 g d'alcool à 96° fournit 7,1 calories.
Équivalences caloriques :
- le volume d'alcool contenu dans un litre de vin
à 10° est de 100 ml et apporte 660 calories
- un litre de vin à 12° contient 100
g d'alcool éthylique soit 700 calories
- une coupe de Champagne représente 120 calories
- un whisky (20 g) apporte 80 calories.
Composition du vin
Le vin est une boisson fermentée de composition
complexe. La composition du vin est à différencier
des alcools purs qui constituent un produit distillé
contenant presque exclusivement de l'alcool éthylique.
Assimiler vin et alcool est
une erreur scientifique, car il est démontré
que vin et alcool n'ont pas le même effet sur
l'organisme animal. |
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Le
vin a deux sortes de constituant anti-alcool : d'une
part ceux qui participent à la métabolisation
de l'alcool tels que la thiamine (vitamine B 1), et
les autres vitamines du groupe B ; d'autre
part ceux qui modulent les effets de l'alcool,
tels des produits polyphénoliques et les hydrates
de carbone.
Aussi la métabolisation de l'alcool c'est-à-dire
son utilisation par l'organisme estelle plus rapide
avec les vins qu'avec l'alcool.
Le vin contient de très nombreuses substances
nutritives. En premier, l'alcool(1), des acides aminés
essentiels et non essentiels, des minéraux,
des oligoéléments et des vitamines indispensables
à la nutrition de l'organisme. Les qualités
gastronomiques du vin sont dues aux multiples constituants
secondaires : acides organiques, composés aromatiques,
tannins.
L'analyse chimique du vin a permis de reconnaître
environ 250 composants différents.
La composition d'un vin varie selon la nature de
la vinification adoptée, elle doit avoir un
certain équilibre et une certaine harmonie
entre la valeur des différents éléments.
C'est de la “dysharmonie” des éléments
que naissent les vins dits “anormaux”.
Les vins rouges diffèrent des blancs ou des
rosés, comme les blancs secs diffèrent
des vins de liqueur ou des vins doux. La composition
varie aussi en fonction de la nature du sol, du climat
et du cépage ; elle varie enfin avec l'état
de la vendange suivant que celleci sera saine ou altérée.
Les substances du vin
Le vin contient deux sortes de substances facilement
différenciées à l'analyse chimique
: des substances volatiles et des substances fixes.
Les substances volatiles
Les deux plus importantes sont l'eau et l'alcool
éthylique, puis viennent les éthers,
les acides volatiles et l'aldéhyde :
- l'eau représente 7 à
9 dixièmes du volume de vin, elle sert de
véhicule aux autres corps solubles ou dissous
;
- l'alcool est de l'alcool éthylique
pur. Le comité consultatif des Arts et Manufactures
a émis l'avis en 1908 que pour qu'un moût
devienne vin il devait renfermer au moins 5% d'alcool
provenant de la fermentation (au-dessous de 5°
d'alcool il ne s'agit pas de vin, la limite supérieure
est de 17°) ;
- les éthers : ils participent
à la formation du bouquet des vins. Ce sont
des combinaisons entre l'alcool et les acides organiques
fixes ou volatils. Les plus importants de ces éthers
sont l'acétate d'éthyle ou éther
acétique et l'éther cenantique. C'est
ce dernier, dont l'odeur est très prononcée,
qui donne à certains vins leur bouquet caractéristique
- les acides volatils : dans les
vins sains et normaux, ils sont surtout constitués
par de l'acide acétique. C'est un produit
normal de la fermentation alcoolique, ses proportions
sont sous la dépendance de la race et de
l'espèce de levure qui a transformé
le milieu. Au cours du vieillissement et notamment
quand le vin est mis en bouteille, la quantité
d'acides volatils décroît légèrement
du fait de l'étherification
- l'acide carbonique est surtout
rencontré dans les vins jeunes, il disparaît
au cours de la conservation. Les acides donnent
aux vins un pH variant de 2,7 à 3,2 assez
proche de celui de l'estomac dont le pH varie autour
de 2,5.
Les substances fixes
Ces substances constituent le corps du vin ; elles
lui donnent son caractère et assurent sa conservation.
- les acides organiques : leur
taux varie entre 1 à 5 g par litre. Ils donnent
au vin un caractère astringent. L'œnotanin
provient surtout des pellicules et des pépins.
Les procyanidines découverts par le professeur
Masquelier sont les précurseurs des tanins
;
- les cendres : les matières
minérales se présentent dans le moût
et le vin sous forme de sels d'acides organiques
ou minéraux liés à des bases,
telles que potasse, chaux, magnésie, quelquefois
avec du fer, du manganèse, de l'aluminium.
Les cendres sont normalement alcalines dans un vin
normal.
Que devient le vin dans l’organisme
?
À l'inverse des glucides, lipides et protides,
l'alcool, et donc le vin, ne peut pas être stocké
tel quel dans les tissus, il est immédiatement
métabolisé, c'est-à-dire transformé.
Les effets toxiques du vin consommé
en excès
Consommé en excès, le vin peut être
stocké comme les sucres sous forme de graisses,
dans le tissu gras qui joue un rôle hormonal
délétère. C'est donc un aliment
qui ne peut qu'épargner d'autres nutriments.
On le voit bien chez l'alcoolique qui remplace les
autres aliments nécessaires par l'alcool, vin
ou alcools forts en excès.
Comme tout aliment pris en excès,
le vin peut être toxique par ses effets
sur le cerveau et le système nerveux périphérique
(polynévrite alcoolique), par ses effets sur
le foie (cirrhose et cancers – le risque de
développer une cirrhose est important après
5 verres (50 g) par jour pendant 15 ans au moins chez
l’homme et 3 verres par jour (30 g) sur une
dizaine d’années chez la femme) - sur
l’œsophage (œsophagite jusqu’au
cancer), l’estomac (gastrite jusqu’au
cancer), le pancréas (pancréatite jusqu’au
cancer), le système cardio-vasculaire.
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