Diabolisé
par les uns (alors que beaucoup le connaissent plutôt
comme le fruit du travail et de la peine des hommes),
loué ou défendu par les autres, le vin
a encore très récemment fait l'objet
de diverses actualités.
Faut-il le considérer comme
un poison par la molécule alcool qu'il contient
(bien qu'il existe des vins sans alcool) ? Comme un
aliment ? Un nutriment complémentaire ? Un
produit culturel ? Voire comme un alicament ?
Le débat médiatique se poursuit et semble
parfois être loin d'être empreint d'une
nécessaire nuance, mais ce n'est pas l'objet
de notre propos.
Le nôtre porte sur ce que l’expérience
du BVP a pu noter, le glissement vers la disparition
totale du vin dans les messages et représentations
de scènes quotidiennes ( le repas) ou festives
(fêtes).
Prenons un exemple : la représentation du vin
dans les écrans publicitaires télévisés.
Souvenez-vous !
En l'espace d'une vingtaine d'années, le vin,
qui coulait des jours pacifiques à la télévision
(dans les décors dressés de table voire
même dans les slogans : qui ne se souvient du
fameux "du vin, du pain, du Boursin" ?)
a disparu, évaporé !
Cette présence accessoire dans le décor
de table, qui donnait de la réalité
aux fictions et aux publicités, a été
peu à peu gommée ; l'alcool, le vin
pourchassés des messages.
Que perçoit à l'heure présente
un
téléspectateur ? Des tables où
les verres présents sont vides ou dont le contenu
est coloré en orange ou en vert !.. Des personnes
trinquant avec des verres vides…
N’est ce pas un peu trop ? Ne faudrait-il pas
mieux revenir à replacer cette boisson dans
un contexte culturel classique, comme une boisson,
certes alcoolisée, mais présente en
décor de table.
Demain, verra-t-on à nouveau de jolies tables
dressées avec des verres à eau et des
verres à vin (des verres à demi plein
ou à demi vide) des plats fumants, donc des
situations bien plus réelles sans cet aspect
"prohibition totale" et sans nécessairement
d'aspect "incitatif"?
C'est sans doute une piste à explorer et un
chantier à entreprendre avec tous les partenaires
concernés.
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Un
pas vers une présentation de bon sens.
Par ailleurs, aujourd'hui, et en attendant des aménagements
de la loi Evin (que ceux-ci nous viennent d'amendements,
de codes d'usages ou de textes de co-régulation),
notre "Code Alcool" (adopté par les
professionnels représentés dans l'Association
Entreprise et Prévention et ceux du BVP) est
d'ores et déjà opérationnel.
Son contenu vient à point nommé pour
éclairer ceux et celles qui ont en charge de
se trouver, au quotidien, confrontés à
un projet de message concernant des boissons alcoolisées
ou des messages pour d'autres produits les évoquant
ou les citant.
Ce texte réunit ce qui nous paraît raisonnable
d'interpréter de la loi Evin (quand une interprétation
s'avère nécessaire).
Cette lecture commune par des professionnels, annonceurs,
publicitaires, diffuseurs (interprétation commune
objective) nous paraît pouvoir soulager leur
tâche et surtout devoir être prise en
considération par les magistrats en charge
de ces dossiers (dans le cas de différends).
En effet, l'insécurité juridique pénalise
ce secteur et tous les autres acteurs (agences, diffuseurs…).
Ce code alcool (consultable sur notre
site www.bvp.org) a la particularité d'être
aisément adaptable, suffisamment souple pour
permettre des modifications simples et de bon sens
afin qu'au fil de l'évolution des cultures
ce texte reste opérationnel.
Craignant les abus de la publicité alcool,
nous nous sommes beaucoup “autocensurés”
et, malgré tout, avons souffert des "excès"
de la Loi.
Il est temps que l'Autodiscipline offre une pause
et soit une véritable alternative pour permettre
de communiquer ensemble, vers une communication modérée
et une consommation responsable.
Joseph
BESNAÏNOU
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