Joseph BESNAÏNOU
Directeur Général du BVP
Bureau de Vérification
de la Publicité
 
...et consommation responsable

Diabolisé par les uns (alors que beaucoup le connaissent plutôt comme le fruit du travail et de la peine des hommes), loué ou défendu par les autres, le vin a encore très récemment fait l'objet de diverses actualités.

Faut-il le considérer comme un poison par la molécule alcool qu'il contient (bien qu'il existe des vins sans alcool) ? Comme un aliment ? Un nutriment complémentaire ? Un produit culturel ? Voire comme un alicament ?
Le débat médiatique se poursuit et semble parfois être loin d'être empreint d'une nécessaire nuance, mais ce n'est pas l'objet de notre propos.
Le nôtre porte sur ce que l’expérience du BVP a pu noter, le glissement vers la disparition totale du vin dans les messages et représentations de scènes quotidiennes ( le repas) ou festives (fêtes).
Prenons un exemple : la représentation du vin dans les écrans publicitaires télévisés. Souvenez-vous !
En l'espace d'une vingtaine d'années, le vin, qui coulait des jours pacifiques à la télévision (dans les décors dressés de table voire même dans les slogans : qui ne se souvient du fameux "du vin, du pain, du Boursin" ?) a disparu, évaporé !
Cette présence accessoire dans le décor de table, qui donnait de la réalité aux fictions et aux publicités, a été peu à peu gommée ; l'alcool, le vin pourchassés des messages.
Que perçoit à l'heure présente un
téléspectateur ? Des tables où les verres présents sont vides ou dont le contenu est coloré en orange ou en vert !.. Des personnes trinquant avec des verres vides…
N’est ce pas un peu trop ? Ne faudrait-il pas mieux revenir à replacer cette boisson dans un contexte culturel classique, comme une boisson, certes alcoolisée, mais présente en décor de table.
Demain, verra-t-on à nouveau de jolies tables dressées avec des verres à eau et des verres à vin (des verres à demi plein ou à demi vide) des plats fumants, donc des situations bien plus réelles sans cet aspect "prohibition totale" et sans nécessairement d'aspect "incitatif"?
C'est sans doute une piste à explorer et un chantier à entreprendre avec tous les partenaires concernés.

 

Un pas vers une présentation de bon sens.
Par ailleurs, aujourd'hui, et en attendant des aménagements de la loi Evin (que ceux-ci nous viennent d'amendements, de codes d'usages ou de textes de co-régulation), notre "Code Alcool" (adopté par les professionnels représentés dans l'Association Entreprise et Prévention et ceux du BVP) est d'ores et déjà opérationnel.
Son contenu vient à point nommé pour éclairer ceux et celles qui ont en charge de se trouver, au quotidien, confrontés à un projet de message concernant des boissons alcoolisées ou des messages pour d'autres produits les évoquant ou les citant.
Ce texte réunit ce qui nous paraît raisonnable d'interpréter de la loi Evin (quand une interprétation s'avère nécessaire).
Cette lecture commune par des professionnels, annonceurs, publicitaires, diffuseurs (interprétation commune objective) nous paraît pouvoir soulager leur tâche et surtout devoir être prise en considération par les magistrats en charge de ces dossiers (dans le cas de différends). En effet, l'insécurité juridique pénalise ce secteur et tous les autres acteurs (agences, diffuseurs…).

Ce code alcool (consultable sur notre site www.bvp.org) a la particularité d'être aisément adaptable, suffisamment souple pour permettre des modifications simples et de bon sens afin qu'au fil de l'évolution des cultures ce texte reste opérationnel.
Craignant les abus de la publicité alcool, nous nous sommes beaucoup “autocensurés” et, malgré tout, avons souffert des "excès" de la Loi.
Il est temps que l'Autodiscipline offre une pause et soit une véritable alternative pour permettre de communiquer ensemble, vers une communication modérée et une consommation responsable.

          Joseph BESNAÏNOU

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

Guide des vins "Vins et Santé"