
Depuis plus de 15 ans, alors que
de nombreuses études scientifiques ont apporté
la preuve qu'une consommation modérée
de vin induisait des effets bénéfiques
pour la santé, nous n'avons observé
que de médiocres progrès en matière
d'évolution de l'information, d'objectivité
des messages de prévention, et de démembrement
des regrettables amalgames qui associent l'image du
vin à celle de tous les autres alcools.
Il est plus que jamais nécessaire, qu'au-delà
de notre monde de la viticulture, de ses représentants
et de ses élus, tous informés, mobilisés
et convaincus, les scientifiques et les médecins
acceptent de faire progresser dans leur environnement
une Vérité, dont les éléments
sont encore aujourd'hui loin d'apparaître comme
consensuels.
Les effets bénéfiques d'une consommation
modérée sont avant tout liés
à l'action des polyphénols et de leurs
propriétés antioxydantes qui réduisent
les risques de thrombose et d'évolution athéromateuse.
Nous trouvons dans la population française,
malgré son exposition à des facteurs
de risque reconnus et répandus (hypertension
artérielle, hypercholestérolémie,
tabagisme) un taux de mortalité d'origine coronarienne
et cardiovasculaire qui est le plus bas de ceux qu'on
observe dans les pays industrialisés. La consommation
modérée de vin semble, dans le cadre
d'une alimentation équilibrée un facteur
déterminant de cette situation privilégiée,
qu'il est convenu d'appeler "French paradox".
Ce message de vérité nécessite
également de démembrer les amalgames
qui pénalisent le vin et qui sont, pour des
raisons parfois ingénues, ou plus volontiers
machiavéliques, entretenues avec une troublante
répétitivité : |
|
- Dans le cadre général de la santé
publique, l'image du vin est trop souvent associée
à celle de tous les autres alcools, alors
que les effets bénéfiques de sa consommation
modérée en font un cas tout à
fait particulier.
- En matière de prévention, il faut
clairement séparer le partenariat constructif
et la concertation naturelle que nous avons avec
ceux qui militent pour une consommation modérée,
et dont les positions, les arguments et les objectifs
sont les nôtres et l'impossible dialogue avec
les défenseurs dogmatiques d'une "alcoolémie
zéro". Cette doctrine sans nuance de
ceux qui prônent l'interdit reste vraisemblablement
minoritaire dans le monde scientifique et dans l'opinion
publique, mais elle entretient une regrettable opacité
et un troublant amalgame entre la modération
et l'interdit qui représentent en fait deux
approches antinomiques.
- En matière de sécurité routière,
il n'est pas tolérable de laisser penser
que le vin est la cause emblématique de toutes
les alcoolémies élevées à
I’origine des accidents graves. Pour une meilleure
efficacité de toutes les politiques à
mettre en place, il est nécessaire de connaître
la responsabilité de chaque type d'alcool
dans le cadre des infractions comportant des taux
d'alcoolémie très élevés.
Ce troisième amalgame, qui ne permet pas
aujourd'hui d'individualiser les boissons alcoolisées
responsables, nuit gravement à toute stratégie
de transparence et d'efficacité, et pénalise
injustement le vin.
Rétablir la Vérité dans l’approche
scientifique de ce dossier Vins et Santé, et
dans la suppression des amalgames habituels, injustes,
et insupportables, devient aujourd'hui le premier
objectif de tous ceux qui sont convaincus que la défense
du vin modérément et intelligemment
consommé, et de l’inestimable patrimoine
que représente notre viticulture, est parfaitement
compatible avec une politique efficace et objective
de santé publique.
|