Edmond MERONI
Chef du Projet Nutrition
Méditerranéenne en Provence
Secrétaire Général de l’IMVANP
 

Validation scientifique du concept "Nutrition Méditerranéenne en Provence"

La mise en place du concept «Nutrition Méditerranéenne en Provence» par la Chambre d’agriculture des Bouches du Rhône a pour but de répondre aux attentes des consommateurs.

La nécessité d’optimiser les teneurs des aliments en facteurs de protection antioxydants sera un enjeu économique et de santé publique dans le cadre d’une Nutrition Préventive.
L’IMVANP a en charge la validation scientifique de cette démarche qui s’adresse à
l’ensemble des produits de l’alimentation méditerranéenne.
Des travaux, cordonnés par Edmond MERONI, secrétaire général de l’IMVANP et chef de projet “Nutrition Méditerranéenne en Provence”, ont été menés sous l’égide de la faculté des Sciences de St Jérôme à Marseille avec l’appui des professeurs Jean-Claude CHAIX et Guy LESGARDS et le concours technique de Jean-François LESGARDS et Nicolas VIDAL de la société YELEN. Des études sont en cours pour déterminer de manière précise par l’utilisation de différents tests, la teneur en composés phénoliques ainsi que le pouvoir antioxydant de divers produits : vin, huile d’olive, plantes aromatiques, salades, pommes de terre, pêches, miel…

Les cahiers des charges Nutrition Méditerranéenne en Provence
Fini les programmes de traitements pré-établis.
Aujourd’hui, les traitements se réalisent en fonction de la pression de tel champignon ou tel insecte.
Le concept “Nutrition méditerranéenne en Provence” repose sur une “agriculture optimisée“ qui donne la priorité aux méthodes prophylactiques, biologiques et à l’autodéfense de la plante.

 


La stratégie :
On privilégie les mesures
prophylactiques :
• maintien de la vie microbienne au sol
• fertilisation adaptée
• environnement favorable aux auxiliaires
• adéquation des portes greffes et des variétés
• techniques culturales, par exemple pour la vigne (brûlage des souches mortes, ébourgeonnage, épamprage, effeuillage, densité de culture…)
• palissage
• éviter les situations favorables aux pathogènes
• on identifie les risques (connaissance de la parcelle et des différents ravageurs)
• on évalue le risque : seuil de tolérance et utilisation des outils mathématiques des risques.
Les méthodes de lutte :
Biologiques : utilisation d’auxiliaires entomophages pour maîtriser les ravageurs (prédateurs ou parasites), produits d’origine minérale (soufre, cuivre), phéromones, biopesticides.
En synergie avec une liste restrictive de produits de synthèse préconisés par le cahier des charges. Ce dernier étant un “optimum” de nos connaissances actuelles afin de respecter :
• l’environnement et la faune auxiliaire

C’est aussi l’utilisation :
• de variétés et de plants non issus d’OGM
• de parcelles n’ayant pas reçu d’épandage de boues, de déchets urbains et industriels.
Les producteurs s’engagent à respecter les cahiers des charges production et produit qui outre l’aspect environnemental prennent en compte la qualité organoleptique par le choix des variétés, l’itinéraire technique .Une obligation de résultat sur le plan nutritionnel va s’appuyer sur les travaux entrepris dans le cadre de l’IMVANP, prenant en compte les dosages des composés phénoliques totaux, le pouvoir antioxydant pour différents produits, les acides gras oméga 6 et oméga 3.
Un organisme de contrôle indépendant participe au suivi et à la validation de la démarche.



Le secret de l’alimentation Méditerranéenne

1 • Abondance de végétaux, comprenant fruits et légumes frais tous les jours, pommes de terre, pains, céréales, haricots, légumes et fruits secs

2 • Grande variété d’aliments peu transformés, et, là où c’est possible, d’aliments de saison, frais et produits localement.

3 • Huile d’olive comme source principale de matières grasses

4 • Consommation quotidienne de quantités faibles à modérées de fromages et yaourts

5 • Consommation hebdomadaires de quantités faibles à modérées de poissons, de volailles et d’oeufs
6 • Viande rouge quelques fois par mois

7 • Consommation modérée de vin, en général, au cours des repas

Ainsi qu’une activité physique régulière

Source adaptée de Milo et Helsing

Le Vin

Quelques informations sur le cahier des charges :
1) constat
L’emploi inconsidéré de certains produits s’est traduit au vignoble par :
• l’apparition de souches résistantes
• la destruction des antagonistes
• l’augmentation du coût/ha
• un non-respect de l’environnement, de l’utilisateur et du consommateur

2) objectifs
Il s’agit de privilégier au niveau de chaque terroir la réflexion, les méthodes prophylactiques, les processus biologiques, l’autodéfense de la plante, la phytotechnie et le potentiel au sol : c’est le but du cahier des charges que s’engagent à respecter les producteurs.

Respect :
• de l’environnement
• de la faune auxiliaire utile
• de la santé des utilisateurs et des consommateurs
3) la stratégie
• identifier le risque (connaissance de la parcelle, connaissance des différents ravageurs…)
• évaluer le risque : le seuil de tolérance

 

Moyens de lutte
La lutte prophylactique : elle aide la vigne à mieux résister aux agressions par le choix :
• de la parcelle
• du porte greffe
• du cépage
• du mode de conduite
• des techniques en vert
• de la fertilisation
• des techniques culturales
Le but étant de prendre en compte les défenses naturelles de la plante.
L’opportunité d’un traitement étant liée à un seuil de tolérance et aux indications de la modélisation pour certaines maladies, les informations étant apportées par un bulletin “Protection du vignoble”, réalisé par la Chambre d’agriculture des BdR (Didier RICHY et Emmanuèle GEIL).
Ainsi, on arrive dans de nombreuses zones à ne plus réaliser de traitements insecticides.
Un cahier des charges est actualisé chaque année. Les producteurs qui sont dans la démarche NMP doivent tenir un cahier d’exploitation qui est contrôlé par un organisme indépendant.

Les Vins
Le vin n’est pas seulement un mélange hydroalcoolique, c’est un produit complexe riche en un millier de constituants (sucres, polysaccharides, alcools, glycérol, acides organiques, matières minérales, azotées, polyphénols, vitamines, et plus de 500 composés aromatiques).
Nos travaux (Edmond MERONI : optimisation de l’extraction des composés phénoliques du raisin et les entretiens vini-viticoles Rhône Méditerranée – Valabre du 29/4/1998 ) ont porté sur l’optimisation de l’extraction des composés phénoliques du raisin et l’addition de pépins de raisin qui nous ont permis d’obtenir des vins rouges, rosés et blancs très riches en composés phénoliques.
Depuis des millénaires, dans la civilisation méditerranéenne, la consommation de vin au repas est considérée comme un élément essentiel, comparable aux autres aliments. Une récente évolution des habitudes alimentaires se traduit par une augmentation de la consommation de viandes, de produits laitiers, l’utilisation d’huiles raffinées de graines au détriment d’huile d’olive et une consommation de vin de plus en plus réservée aux occasions de festivités.
Ce serait un paradoxe de perdre nos habitudes alimentaires traditionnelles au moment où sur le plan mondial, on en reconnaît les bienfaits.
Ceux-ci interviennent dans la qualité organoleptique des vins mais ils ont également un pouvoir antioxydant très puissant qui se traduit par une activité piégeur de radicaux libres très supérieure à celle de la vitamine E.

Nutrition Méditerranéenne en Provence, une réponse aux attentes des consommateurs

De nombreuses enquêtes en France sur les comportements alimentaires montrent pour la période de 1988 à 1995 une évolution significative des attentes et des motivations des consommateurs.
Ceux-ci manifestent un intérêt croissant pour des aliments qui ont du goût et qui évoquent sur le plan culturel une région, un savoir-faire, une tradition …
Depuis 1995, face aux crises alimentaires, on assiste à un virage irréversible : “le consommateur français est à la recherche d’aliments sains et de qualité ainsi que de garanties assurant sa sécurité alimentaire”.
Toutefois, une enquête au cours de l’année 2000 montre que, amenés à choisir deux critères de qualité des aliments, parmi 6, les répondants n’hésitent pas : huit sur dix citent le goût, près de six sur dix les “apports nutritionnels” et un sur deux “l’absence de risques sanitaires”.

En cinq ans, le nombre de Français estimant que l’alimentation influence l’état de santé est passé de moins de 65 % à plus de 80 %.

L’intérêt de la démarche Nutrition Méditerranéenne en Provence
Les résultats de toutes les études épidémiologiques confirment le lien alimentation-santé.
Le modèle méditerranéen traditionnel a été strictement observé jusqu’en 1960 en Crête, Grèce et Sud de l’Italie, dans les régions ou l’espérance de vie était la plus élevée.
Les modifications alimentaires en France et dans les régions Méditerranéennes se traduisent actuellement par des déséquilibres alimentaires et le développement de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires…
La région PACA est directement concernée par le phénomène avec une évolution de la prévalence de l’obésité entre 1997 et 2000 de plus de 48,4 %.
Dans son sillage, l’obésité entraine le diabète de type 2. L’Europe et les Etats Unis ont 7.8 % de diabétiques.
La prévention peut dont permettre par l’alimentation, l’exercice physique et le style de vie de diminuer les dépenses de santé pour la collectivité.

Nutrition Méditerranéenne en Provence peut se résumer en : “Traçabilité, qualité gustative et nutritionnelle dans le respect de l’environnement”.

C’est la mise en place de cahiers des charges spécifiques qui sont un optimum de nos connaissances techniques pour divers produits : vin, huile d’olive, salades, plantes aromatiques, pois chiches, pommes de terre, de nombreux légumes : aubergines, courgettes, poivron, fenouil, tomates, blettes... et des fruits comme la pêche, et le porc.
Très prochainement, de nouveaux produits : lentilles, miel, amandes, des huiles de pression à froid (colza), l’agneau, les œufs, les olives fraîches, les abricots, …
En 2006, la marque doit se régionaliser à la région PACA et, peut être, à notre façade méditerranéenne. Il est prévu de nouveaux adhérents, une dizaine de caves particulières et autant de producteurs d’huiles d’olive.

   

 

 

 

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