François SERRES
Oenologue
 

En France, pour le vin, tout ce qui n’est pas autorisé et interdit, et tout ce qui est autorisé est réglementé?; alors que dans tous les autres produits de l’alimentation, boissons comprises?; tout ce qui n’est pas toxique est autorisé et tout ce qui est autorisé n’est pas ou peu réglementé.

C’est un des raisons de la crise actuelle
du vin Français

En effet, il suffit de lire les étiquettes de tous les produits alimentaires mis sur le marché pour s’apercevoir du problème?: c’est une vraie chimie?! oui mais une chimie non toxique donc autorisée.

Alors pourquoi se priver?
Je ne ferais l’inventaire à la “Prévert” des substances utilisées qui vont de tous les arômes possibles et imaginables aux substances chimiques rendues non toxiques par leur dilution comme l’acide phosphorique, le benzoate de sodium ou le nitrite de sodium. Les substances chimiques aux molécules non toxiques, comme les additifs de sapidité, par exemple, rigoureusement interdits pour les vins et utilisés dans bon nombre de produits alimentaires.

Les vins provenant de pays étrangers, surtout extra-européens, ne connaissent pas notre réglementation très restrictive sur les vins?? Ils sont considérés par la législation de ces pays comme des produits alimentaires, au même titre que les sodas.
Notre réglementation issue de la grande crise de 1907, a fait définitivement obstacle à toute fabrication et vinification de vin plus ou moins artificiel.
Bon nombre de pays ne suivent que les réglementations de l’OMS et de l’OMC qui autorisent tout, sauf à démontrer que la substance autorisée a une quelconque toxicité.

 

 

La porte est large
Si l’Europe ou la France mettait un obstacle à l’importation d’un vin étranger sous prétexte que celui-ci contient des arômes ajoutés par exemple (sauf que les arômes ajoutés sont toxiques), l’OMC pourrait être saisie en considérant que cette interdiction est contraire à ses directives et décréter que l’interdiction des vins artificiellement aromatisés est une façon détournée de faire du protectionnisme.
Nous sommes donc condamnés à vivre entre deux feux :
• soit à continuer à appliquer la législation française sur les vins et voir notre marché dévorés par des vins étrangers, ou presque tout est autorisé et très peu réglementé,
• soit renier notre doctrine sur les vins les plus naturels possibles, et donc de ce fait très réglemente, en retombant dans les affres de la crise de 1907.
Une des solutions possible serait d’obliger les vins étrangers à avoir une indication écrite sur les substances chimiques ajoutées, autorisées chez eux et interdites chez nous.
Le consommateur fera son choix, car, comme en politique, en matière de vins, et de produits alimentaires, le peuple est souverain

 

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Guide des vins "Vins et Santé"