Dieu
fit l’homme en premier, ensuite avec l’une
de ses cotes, il créa la femme.
Ce processus laisse à penser que la femme est
un sous-produit de l’homme d’où
la désignation du sexe faible et l’état
de subordination maritale et sociale qui fût
son lot pendant des siècles.
Les inégalités civiques et
professionnelles ont perduré
jusqu’à la moitié du
XXème siècle, le droit de vote
n’est accordé aux femmes qu’en
1945 par le Général de Gaulle.
Au cours des temps la condition de la femme a évolué
en France par paliers. L’évolution lente
se transforme en révolution sous l’influence
de femmes affranchies à forte personnalité.
Madame Necker, l’austère épouse
protestante du Ministre de Louis XVI disait à
propos de sa fille, Madame de Staël qui a marqué
son siècle?: “Il y avait les femmes d’autrefois
et il y aura les femmes d’aujourd’hui”
S’il est un domaine qui était inaccessible
aux femmes, c’était bien celui du vin.
Les femmes et
le vin dans l’histoire
La production du vin a commencé en Orient 6000
ans avant Jésus Christ. Ensuite elle se répand
au Moyen orient, Mésopotamie, Égypte,
Grèce, chez les Romains et les Gaulois.
Si l’on a trouvé des vases ayant contenu
du vin dans les plus anciennes régions viticoles,
on manque de documents pour savoir qui avait droit
à ce breuvage rare. Il n’était
à l’évidence pas à la portée
d’un grand nombre.
En Égypte les techniques de vinification sont
au point. Des peintures montrant des vendanges attestent
la présence de femmes. Elles récoltent
les grappes, mais on ne les voit pas la coupe aux
lèvres.
Cependant les médecins égyptiens bien
avant Hippocrate préconisaient le vin pour
calmer la colère des hommes et apaiser les
chagrins des femmes. |
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À
la cour des pharaons les vins étaient présents
dans des amphores Le. millésime, la provenance
et le nom du producteur étaient consignés.
Cléopâtre utilisait ses charmes et ses
vins pour séduire ses amants. À Rome
ses adversaires l’ont accusé d’avoir
perdu Antoine par le vin et l’amour.
Chez les Grecs, il était d’usage d’organiser
de grands et longs banquets divisés en deux
temps, on mangeait puis on continuait par le symposium
qui consistait à boire beaucoup en bonne compagnie
de danseuses, de chanteuses, d’hétaïres
et de jeunes garçons. Les femmes légitimes
et les concubines ne sont pas invitées à
ces agapes, puisqu’elles ne peuvent boire du
vin?!!
Chez les Romains, c’est beaucoup plus sévère,
le vin est interdit aux femmes. Elles risquent la
peine de mort si elles transgressent cette loi. Le
maître de maison, le pater familias vérifie
en embrassant la bouche des femmes qu’aucune
odeur de vin n’apparaît. C’est l’ancêtre
de l’alcootest actuel.
Au cours des orgies l’ivresse était un
élément indispensable, mais les femmes
des foyers romains n’y participaient pas. Comme
en Grèce ce sont des prostituées qui
sont de la fête.
Plus tard cette interdiction semble levée puisque
sur des peintures retrouvées sur le site de
Pompéi, il apparaît que des femmes et
des hommes mangent et boivent ensemble à demi
couchés dans le triclinium (salle à
manger).
Le vin coule d’une amphore et une femme porte
une coupe à sa bouche dans la scène
de la “Maison des amants chastes”.
Chez les Gaulois la consommation du vin est plus répandue
qu’à Rome, mais là encore il existe
un clivage social; seules les femmes de la haute
société participent aux banquets ou
le vin est bu avec les mets les plus raffinés
qui sont à base de paon ou de cygne. Ces volatiles
seront remplacés plus tard par l’oie
et la dinde. |
Le
Christianisme et le vin
Celui-ci était servi aux repas de fête.
La loi juive précise l’utilisation du vin
qui apporte la joie à chaque acte religieux.
On doit boire quatre coupes pour la Pâque, deux
pour un mariage. Aux noces de Cana, mariage judaïque,
le vin manqua à la fin du repas. Jésus,
Marie et ses disciples font partie des invités.
C’est Marie qui invite son fils à remédier
à cette pénurie de vin. Le célèbre
tableau du peintre Véronèse montre les
servantes remplissant les jarres d’eau qui vont
se transformer en vin. C’est le premier miracle.
Le Christ sacralise le vin, il ne le diabolise pas,
c’est un encouragement à perpétuer
cette tradition religieuse de la Palestine y compris
pour les femmes.
Dans l’antiquité, seul l’homme a
le privilège de boire du vin qui est destiné
à lui donner de la force, de l’ardeur et
du courage. En buvant, il affirme sa virilité.
Pour la femme c’est considéré comme
une déchéance?!
En Gaule du sud la vigne est très présente;
trop au gré de Domitien qui par un édit
exige d’arracher une partie du vignoble (fin du
1er siècle).
Probus l’annulera au 3ème siècle
à la grande joie des récoltants de cette
époque.
Les besoins de vin pour la célébration
des messes sont assurés par les moines dans les
abbayes mais le surplus est vendu aux seigneurs. Il
est servi lors des ripailles ou des fêtes galantes.
Le vin est une boisson noble par rapport à la
bière.
Charlemagne possède ses propres vignes, il ne
manque pas de boire sa récolte avec les siens
dans l’année car la conservation du vin
pose problème.
François Ier, brillant, vigoureux, libertin,
gros mangeur, grand buveur reçoit avec faste,
collectionne les favorites dont la Belle Ferronnière.
Que de repas intimes bien arrosés en bonne compagnie. |
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Sous le règne
d’Henri IV, baptisé au Jurançon,
de nouveaux traités de cuisine sont écrits
par des hommes. Déjà Taillevent avait
publié “le Viandier” vers 1385.
Nostradamus est l’auteur d’un livre de
recettes de confitures et pâtisseries?! Ce sont
plutôt les femmes qui sont en cuisine. L’art
de la table se développe et les Rois ont leurs
vins préférés, le blanc de jurançon
et le rouge de champagne pour Henri le “vert
galant” qu’il savait déguster en
compagnie de Gabrielle d’Estrées.
Au XVIIème siècle les réveillons
de Noël de Madame de Sévigné comportent
huit services et les vins sont des Bourgognes, Côtes
du Rhône et Muscat du Languedoc au dessert.
Dans la bourgeoisie aisée l’usage du
vin est acquis; il est recommandé pour éviter
les fièvres dues à la pollution de l’eau.
Au XVIIIème siècle quelques femmes se
sont intéressées à la production
puisque Madame de Pompadour fut en concurrence avec
le Prince de Conti pour acquérir le vignoble
du domaine de la Romanée. La légende
dit aussi que la forme des premières coupes
de champagne aurait été moulée
sur son sein.
Il en fut de même concernant Marie Antoinette
dont quatre coupes en porcelaine de Sèvres
ont reproduit le galbe de “son auguste et charmante
poitrine”
Les fêtes à Versailles ou chez les Princes
étaient fastueuses; le nombre de plats était
en rapport avec la fortune de l’hôte et
le rang des invités. En 1656, il fut servi
168 plats à un banquet. La diététique
restait à inventer.
Dans toutes les cours d’Europe hommes et femmes
boivent du Champagne, Marie Stuart, Frédéric
II de Prusse, Alexandre 1er; Edouard VII en
compagnie des dames de leur entourage.
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