Docteur
André Lacroix

Urologue - sexologue
(Cannes)
 

Dieu fit l’homme en premier, ensuite avec l’une de ses cotes, il créa la femme.
Ce processus laisse à penser que la femme est un sous-produit de l’homme d’où la désignation du sexe faible et l’état de subordination maritale et sociale qui fût son lot pendant des siècles.
Les inégalités civiques et
professionnelles ont perduré
jusqu’à la moitié du
XXème siècle, le droit de vote
n’est accordé aux femmes qu’en 1945 par le Général de Gaulle.
Au cours des temps la condition de la femme a évolué en France par paliers. L’évolution lente se transforme en révolution sous l’influence de femmes affranchies à forte personnalité.
Madame Necker, l’austère épouse protestante du Ministre de Louis XVI disait à propos de sa fille, Madame de Staël qui a marqué son siècle?: “Il y avait les femmes d’autrefois et il y aura les femmes d’aujourd’hui” S’il est un domaine qui était inaccessible aux femmes, c’était bien celui du vin.

Les femmes et le vin dans l’histoire
La production du vin a commencé en Orient 6000 ans avant Jésus Christ. Ensuite elle se répand au Moyen orient, Mésopotamie, Égypte, Grèce, chez les Romains et les Gaulois.
Si l’on a trouvé des vases ayant contenu du vin dans les plus anciennes régions viticoles, on manque de documents pour savoir qui avait droit à ce breuvage rare. Il n’était à l’évidence pas à la portée d’un grand nombre.
En Égypte les techniques de vinification sont au point. Des peintures montrant des vendanges attestent la présence de femmes. Elles récoltent les grappes, mais on ne les voit pas la coupe aux lèvres.
Cependant les médecins égyptiens bien avant Hippocrate préconisaient le vin pour calmer la colère des hommes et apaiser les chagrins des femmes.

 

À la cour des pharaons les vins étaient présents dans des amphores Le. millésime, la provenance et le nom du producteur étaient consignés.
Cléopâtre utilisait ses charmes et ses vins pour séduire ses amants. À Rome ses adversaires l’ont accusé d’avoir perdu Antoine par le vin et l’amour.

Chez les Grecs, il était d’usage d’organiser de grands et longs banquets divisés en deux temps, on mangeait puis on continuait par le symposium qui consistait à boire beaucoup en bonne compagnie de danseuses, de chanteuses, d’hétaïres et de jeunes garçons. Les femmes légitimes et les concubines ne sont pas invitées à ces agapes, puisqu’elles ne peuvent boire du vin?!!
Chez les Romains, c’est beaucoup plus sévère, le vin est interdit aux femmes. Elles risquent la peine de mort si elles transgressent cette loi. Le maître de maison, le pater familias vérifie en embrassant la bouche des femmes qu’aucune odeur de vin n’apparaît. C’est l’ancêtre de l’alcootest actuel.
Au cours des orgies l’ivresse était un élément indispensable, mais les femmes des foyers romains n’y participaient pas. Comme en Grèce ce sont des prostituées qui sont de la fête.
Plus tard cette interdiction semble levée puisque sur des peintures retrouvées sur le site de Pompéi, il apparaît que des femmes et des hommes mangent et boivent ensemble à demi couchés dans le triclinium (salle à manger).
Le vin coule d’une amphore et une femme porte une coupe à sa bouche dans la scène de la “Maison des amants chastes”.
Chez les Gaulois la consommation du vin est plus répandue qu’à Rome, mais là encore il existe un clivage social; seules les femmes de la haute société participent aux banquets ou le vin est bu avec les mets les plus raffinés qui sont à base de paon ou de cygne. Ces volatiles seront remplacés plus tard par l’oie et la dinde.



« L’alliance de l’amour et du vin » - Jean Marc Nattier (1744)

Le Christianisme et le vin
Celui-ci était servi aux repas de fête. La loi juive précise l’utilisation du vin qui apporte la joie à chaque acte religieux. On doit boire quatre coupes pour la Pâque, deux pour un mariage. Aux noces de Cana, mariage judaïque, le vin manqua à la fin du repas. Jésus, Marie et ses disciples font partie des invités. C’est Marie qui invite son fils à remédier à cette pénurie de vin. Le célèbre tableau du peintre Véronèse montre les servantes remplissant les jarres d’eau qui vont se transformer en vin. C’est le premier miracle.
Le Christ sacralise le vin, il ne le diabolise pas, c’est un encouragement à perpétuer cette tradition religieuse de la Palestine y compris pour les femmes.
Dans l’antiquité, seul l’homme a le privilège de boire du vin qui est destiné à lui donner de la force, de l’ardeur et du courage. En buvant, il affirme sa virilité. Pour la femme c’est considéré comme une déchéance?!
En Gaule du sud la vigne est très présente; trop au gré de Domitien qui par un édit exige d’arracher une partie du vignoble (fin du 1er siècle).
Probus l’annulera au 3ème siècle à la grande joie des récoltants de cette époque.
Les besoins de vin pour la célébration des messes sont assurés par les moines dans les abbayes mais le surplus est vendu aux seigneurs. Il est servi lors des ripailles ou des fêtes galantes. Le vin est une boisson noble par rapport à la bière.
Charlemagne possède ses propres vignes, il ne manque pas de boire sa récolte avec les siens dans l’année car la conservation du vin pose problème.
François Ier, brillant, vigoureux, libertin, gros mangeur, grand buveur reçoit avec faste, collectionne les favorites dont la Belle Ferronnière. Que de repas intimes bien arrosés en bonne compagnie.
 

Sous le règne d’Henri IV, baptisé au Jurançon, de nouveaux traités de cuisine sont écrits par des hommes. Déjà Taillevent avait publié “le Viandier” vers 1385. Nostradamus est l’auteur d’un livre de recettes de confitures et pâtisseries?! Ce sont plutôt les femmes qui sont en cuisine. L’art de la table se développe et les Rois ont leurs vins préférés, le blanc de jurançon et le rouge de champagne pour Henri le “vert galant” qu’il savait déguster en compagnie de Gabrielle d’Estrées.
Au XVIIème siècle les réveillons de Noël de Madame de Sévigné comportent huit services et les vins sont des Bourgognes, Côtes du Rhône et Muscat du Languedoc au dessert. Dans la bourgeoisie aisée l’usage du vin est acquis; il est recommandé pour éviter les fièvres dues à la pollution de l’eau.
Au XVIIIème siècle quelques femmes se sont intéressées à la production puisque Madame de Pompadour fut en concurrence avec le Prince de Conti pour acquérir le vignoble du domaine de la Romanée. La légende dit aussi que la forme des premières coupes de champagne aurait été moulée sur son sein.
Il en fut de même concernant Marie Antoinette dont quatre coupes en porcelaine de Sèvres ont reproduit le galbe de “son auguste et charmante poitrine”
Les fêtes à Versailles ou chez les Princes étaient fastueuses; le nombre de plats était en rapport avec la fortune de l’hôte et le rang des invités. En 1656, il fut servi 168 plats à un banquet. La diététique restait à inventer.
Dans toutes les cours d’Europe hommes et femmes boivent du Champagne, Marie Stuart, Frédéric II de Prusse, Alexandre 1er; Edouard VII en compagnie des dames de leur entourage.

 

 
   

 

 

 

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