La
Révolution du Champagne
En 496 le baptême de Clovis est célébré
par St Remi, évêque de Reims au cœur
de la champagne. C’est dans cette cité
que seront sacrés les rois de France jusqu’en
1825. Les festivités suivant la cérémonie
font largement appel au Champagne vin tranquille puis
à bulles à partir de la découverte
de la fermentation de ce vin au début du XVIIIème
siècle.
L’attrait pour ce vin se répand dans
le royaume pour deux raisons, d’abord parce
qu’il plaît beaucoup aux femmes et ensuite
par un effet de mode. Ce qui se fait à la cour
royale se fera évidemment dans les châteaux
en province. La production se développe. “L’Ordre
des coteaux” est fondé en 1653 mais il
faudra attendre près de 4 siècles pour
que le Conseil chapitral de cet ordre ouvre ses portes
aux dames en 2004.
Au début du XVIIIème siècle,
Madame de la Vieuville, Comtesse de Parabère,
maîtresse en titre du Régent avait acquis
une réputation certaine?: elle avait “le
teint d’une rose, l’esprit d’un
oiseau, la soif d’un hussard” son vin
de prédilection était le Champagne qui
“fait briller le regard sans porter le feu au
visage”.
Il n’en fallait pas plus pour que Philipe d’Orléans
grand organisateur de dîners galants ne devienne
un adepte des repas au Champagne.
La gloire du champagne doit aussi à la plume
de Voltaire et à celle de Madame de Pompadour
qui déclare “c’est le seul vin
qui vous garde belle après boire”.
Dans l’entourage de Marie-Antoinette, on jouait
à “saute-bouchon” en ouvrant les
bouteilles. Cependant, les femmes étaient parfois
absentes des agapes comme en témoigne le “Déjeuner
d’huîtres” magnifique tableau de
Jean-François de Troy qui se passe entre hommes
et au champagne.
Les premières maisons de champagne sont créées,
Ruinart en 1729, Chanoine en 1730, Moet en 1743, Clicquot-Ponsardin
en 1772. Le premier champagne rosé naît
en 1775. Si les femmes aiment boire du champagne,
d’autres femmes le produisent après le
décès.de leur mari. Ce sont les célèbres
veuves?: Clicquot, la très entreprenante, Louise
Pommery, Lily Bollinger auxquelles succèdent
au XXème siècle des dizaines de dirigeantes
de maisons de champagne.
Parmi les célébrités qui ont
aimé le champagne, nous connaissons Marie Stuart,
Georges Sand, la Reine Pomaré de Tahiti, Greta
Garbo, Mistinguett, Marlène Dietrich et Marilyne
Monroe qui en un seul jour utilisa 350 bouteilles
d’une grande marque de champagne pour remplir
sa baignoire et s’y baigner !!!
Les femmes professionnelles
du vin
Actuellement nous constatons avec plaisir la montée
en puissance de l’ex “sexe faible”
dans les différents domaines du monde du vin.
Dans la production, on constate que de nombreux vignobles
sont entre les mains expertes de femmes entreprenantes,
et compétentes.
Elles se rassemblent et se constituent en confréries.
Pour la première fois en 1985, elles créent
“L’Ordre des Dames du vin et de la table”
Elles font une entrée remarquée et bien
justifiée en 2000 dans la Jurade de St Emilion.
On ne compte plus sur les doigts de la main le nombre
de femmes œnologues, maîtres de chai et
sommelières.
Les articles “Les femmes du vin »
paru dans l’édition 2004” d’Irène
Lorgeré suivi de “Le vin et les Femmes”
de Chantal Comte et les publications d’Isabelle
Forêt démontrent que depuis quelques
dizaines d’années l’ostracisme
vis-à-vis des femmes dans le monde du vin est
en voie de disparition.
Un homme peut-il encore se risquer à étudier
la place des femmes en face du vin ?
C’est un risque que je prends et qu’il
faudra bien assumer !
|
|
Les
femmes consommatrices du vin
- il n’y a pas que le Champagne !!
Il est vrai qu’au cours des deux siècles
précédents, la consommation de vin par
la femme était inhabituelle, voire inconvenante
dans les milieux de grande bourgeoisie; à la
rigueur elles buvaient un petit verre de vin liquoreux
au salon.
C’est l’usage du vin de visite, de courtoisie
et de conversation à la place du thé.
Mais à la campagne, les cultivatrices, et les
commerçantes dans les bourgs partageaient le
vin avec les hommes. C’est ce qui ressort de
mon étude sur les centenaires, ces femmes nées
au début du XXème siècle qui
ont bu du vin au cours de leur vie sont plus nombreuses
que les abstinentes et souvent en meilleur état
de santé. Parmi les centenaires, le pourcentage
de buveuses de vin est de 66 %
Et pourtant il faut se souvenir des vins rouges de
l’époque; ils étaient “rustiques”
difficiles à boire par les femmes sans ajout
d’eau.
L’évolution de la qualité des
vins, en particulier leurs caractères moins
tanniques, grâce aux cépages appropriés
et à la vinification est une des raisons qui
ont le plus contribué au renouveau d’une
consommation féminine encore bien timide de
nos jours.
Le goût actuel exige des tannins que l’on
qualifie de soyeux, veloutés, dociles, assagis,
fondus, équilibrés. La bouche de la
femme serait plus délicate que celle de l’homme,
elle n’accepte pas l’agressivité,
son palais apprécie les vins de caractère
à condition qu’ils soient charmeurs et
porteurs de saveurs de fleurs et de fruits bien présentes
et en harmonie.
Si les Vins blancs, rosés ou rouges ont aussi
la faveur de certaines femmes, c’est le rosé
qui prédomine sur les tables à composante
féminine dans les restaurants
Dans le sud la crise vinicole épargne le rosé
que l’on préfère bien pale. Avec
la couleur l’acheteuse est sensible à
la forme de la bouteille.
Seulement 30 % des femmes de plus de soixante
ans boivent régulièrement du vin. Chez
les hommes, le pourcentage est de 60 %; chez
les jeunes 7 filles sur 10 consomment de l’alcool
occasionnellement mais peu de vin. Toutefois il est
constaté plutôt parmi les étrangères
une demande de vin dans les bars Au Japon les femmes
japonaises ont développé un rituel;
après leur travail elles s’offrent un
verre de vin dans des bars à vin. Ceux-ci se
multiplient, c’est un signe de réussite
et du dernier chic.
Les femmes et la dégustation
du vin
Il y a une compétition entre les hommes et
les femmes au sujet de l’appréciation
des senteurs et des arômes. Qui sont les meilleurs
dégustateurs ?
Les femmes estiment qu’elles ont un odorat plus
subtil que les hommes; beaucoup plus pour Isabelle
Forêt. En interrogeant des dizaines de couples,
les messieurs ont reconnu que leur femme décelait
mieux le goût de bouchon alors qu’il était
à peine perceptible.
Les femmes n’ont pas plus de récepteurs
olfactifs que les hommes, les capteurs sont rassemblés
dans la tache jaune située dans la partie supérieure
des fosses nasales; elle mesure 2 à 3 cm2 dans
chaque sexe. La supériorité du flair
féminin serait-elle une qualité acquise
plus qu’innée ? Dans l’industrie
du parfum, les “nez” sont des hommes !
Cette tradition machiste ne se justifie pas selon
les femmes travaillant dans cette branche.
Et pour la bouche, qui est le meilleur ? Là
encore c’est l’expérience, et l’éducation
du goût qui permettent d’être performant
pour reconnaître et discerner les multiples
saveurs des vins.
L’avenir de la profession vinicole repose sur
une consommation régulière et modérée
de vin. Les femmes comme les hommes trouveront du
plaisir et la santé grâce aux polyphénols
protecteurs de leurs vaisseaux et aux antioxydants
du vin réducteurs de certains cancers. On ne
peut qu’encourager “cette conquête
du vin par les Femmes.” |