Blache D.,
Prouvensier L.,
Joubert O.,
Loreau N.,

INSERM U498,
Biochimie de Médecine,
Université de Bourgogne,
Dijon, France
 

protègent contre certains effets toxiques de l'éthanol au niveau cellulaire :

un nouveau bénéfice du vin rouge

Conséquences sur le comportement et les pics d’alcoolémie
Même si les extrapolations chez l’humain sont encore un peu prématurées tant que ces expérimentations, présentant néanmoins quelques considérations éthiques, n’auront pas été clairement démontrées, nous pouvons cependant raisonnablement proposer qu’il semble bénéfique de limiter les concentrations plasmatiques en EEAG. Pour cela, il semble absolument nécessaire de réduire les pics d’alcoolémie. En effet, il semble exister un seuil d’alcoolémie qui engendre une saturation des voies métaboliques oxydatives et la mise en route de la voie non oxydative conduisant à l’apparition des EEAG.

Cela peut être effectué en consommant les boissons alcoolisées en quantité modérée et pendant les repas. Il est en effet largement connu que le fait de s’alimenter, préalablement ou pendant la prise de boissons alcoolisées, réduit l’apparition et l’amplitude du pic d’alcoolémie par un mécanisme interférant vraisemblablement avec l’absorption digestive de l’alcool qui obéit largement aux lois de la diffusion passive au travers des muqueuses buccales, gastriques et intestinales. Le fait de s’alimenter réduit donc fortement l’apparition des EEAG puisque l’alcool sera alors absorbé plus lentement et métabolisé préférentiellement par la voie oxydative. En revanche, lorsque le pic d’alcoolémie est élevé ou a fortiori lorsque l’organisme est fortement imprégné suite à une consommation importante, les organes susceptibles de synthétiser des EEAG sont alors sollicités. Cela représente une situation qui peut être retrouvée lors d’une absorption importante qui est plus représentative d’un mode de boisson de type anglo-saxon consommant plus d’alcools forts que de vin. Ce modèle est également à rapprocher des comportements festifs mis en évidence ces dernières années chez les jeunes consommateurs. En effet, dans ces derniers comportements, les boissons alcoolisées sont essentiellement consommées pendant la fin de semaine plutôt que lors d’une consommation plus réduite, plus régulière étalée sur plusieurs jours. Les bienfaits de la consommation modérée, régulière et maîtrisée, préférentiellement de vin rouge, ont encore dernièrement fait l’objet d’études épidémiologiques [7].
En conclusion, boire modérément et régulièrement du vin rouge peut apporter un certain bénéfice pour la santé alors que les excès du samedi soir sont à bannir au moins en considérant la mise en circulation de composés très toxiques comme les EEAG, en particulier vis-à-vis d’organes relativement fragiles tels le pancréas.

 

Références bibliographiques

[1] Laposata, M. (1995) Fatty acids?: Biochemistry to clinical significance. Am.J.Clin. Pathol., 104, 172-179.
[2] Laposata, M. (1997) Fatty acid ethyl esters?: short-term and long-term serum markers of éthanol intake. Clin. Chem., 43, 1527-1534.
[3] Yegles, M., Labarthe, A., Auwarter, V., Hartwig, S., Vater, H., Wennig, R. and Pragst, F. (2004) Comparison of ethyl glucuronide and fatty acid ethyl ester concentrations in hair of alcoholics, social drinkers and teetotallers. Forensic Sci Int, 145, 167-173.
[4] Aydin, H. H., Celik, H. A., Deveci, R., Karacali, S., Saydam, G., Bedii, O. S. and Batur, Y. (2005) Induction of apoptosis by fatty acid ethyl esters in HepG2 cells. Food Chem. Toxicol., 43, 139-145.
[5] Criddle, D. N., Raraty, M. G., Neoptolemos, J. P., Tepikin, A. V., Petersen, O. H. and Sutton, R. (2004) Ethanol toxicity in pancreatic acinar cells?: mediation by nonoxidative fatty acid metabolites. Proc. Natl. Acad. Sci U.S.A, 101, 10738-10743.
[6] Blache, D., Durand, P., Prost, M. and Loreau, N. (2002) (+)-Catechin inhibits platelet hyperactivity induced by an acute iron load in vivo. Free Radic. Biol. Med., 33, 1670-1680.
[7] Mukamal, K. J., Ascherio, A., Mittleman, M. A., Conigrave, K. M., Camargo, C. A., Jr., Kawachi, I., Stampfer, M. J., Willett, W. C. and Rimm, E. B. (2005) Alcohol and risk for ischemic stroke in men?: the role of drinking patterns and usual beverage. Ann. Intern. Med., 142, 11-19.

 

 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

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